L’établissement d’un gouvernement d’union nationale, loin des clivages politiques, est la seule option viable, et cela pour les raisons suivantes.
Il est vrai qu’une société démocratique se définit par l’existence de mouvements ou de groupes ayant des intérêts communs et qui s’organisent dans le but de faire valoir leurs demandes. Aujourd’hui, ce sont les partis politiques qui semblent les mieux organisés et les plus aptes à faire valoir leurs revendications. Heureusement, nous qui sommes la société civile libanaise et qui consacrons notre temps et notre énergie à des causes sociales et économiques dans le but de combler l’absence du gouvernement, nous restons impuissants devant toute crise «politique» car nous préférons ne pas rentrer dans le jeu politicien et rester au service du citoyen.
La vérité est que notre pays ne passe plus par une simple crise politique, mais par une crise identitaire présente depuis l’indépendance et qui ressurgit à l’ombre des conflits régionaux actuels. Il y a aujourd’hui une grande frustration chez les Libanais, de la méfiance et un réel manque de confiance. Cette situation, qui se reflète chez les politiques, aboutit à une situation critique et dangereuse: une économie en dégradation et une incapacité à réaliser un quelconque projet de développement. L’absence d’électricité, d’infrastructure routière et de toutes les bases du fonctionnement moderne des États se greffe sur un manque de vision et de planification.
C’est pour cette raison que nous avons voulu, en tant que jeunes intellectuels et face aux différentes interprétations qu’on nous donne de la situation, voir les choses avec réalisme et dire que nous traversons une crise nationale.
Notre proposition prend toute son importance si nous comprenons qu’elle n’est donc pas d’ordre politique, c’est-à-dire visant l’accession au pouvoir, mais qu’elle découle directement d’un souci public et national.
Pour cela, notre projet pour la nation consiste à nous tourner vers les personnes honnêtes et consciencieuses, qui ont excellé partout dans le monde dans le secteur public ou privé, et qui sont les plus aptes à gérer le pays jusqu’aux prochaines élections.
Malheureusement, l’actuel gouvernement ainsi que les gouvernements précédents ne semblent pas du tout en mesure de gouverner le Liban: aucun projet de développement n’a pu aboutir correctement et la corruption bat son plein, avec une incompétence et un manque de vision dans la gestion des affaires publiques. Ce sont des gouvernements qui se veulent consensuels, mais qui sont incapables de prendre des décisions engageant l’intérêt du pays. Triste réalité qui ne peut être expliquée que par cette crise identitaire qui fait que nous restons politiquement au stade des querelles politiques et des luttes pour le pouvoir, non pas pour l’intérêt général ou même pour des ambitions personnelles légitimes, mais par une peur existentielle.
En découlent logiquement la corruption partisane, le statu quo et les conflits redondants.
N’est-ce pas les experts compétents qui sont les plus aptes à gérer actuellement la politique de notre pays? Sachant que les politiciens n’ont montré que leur incapacité totale à mener à bien la politique sociale économique et industrielle de notre pays, soucieux uniquement de contenter leur groupe de pression et surtout de s’enrichir encore et encore...
Il est vrai que ce projet de solution pour notre pays et pour tous ceux qui cherchent une alternative aurait pu être proposé il y a longtemps. Mais il se trouve que dans le contexte actuel, toutes les conditions sont propices à la réalisation de ce projet autrement «utopique». En effet, le clivage politique entre le 8 et le 14 Mars est tel que les deux parties veulent faire des concessions. Notamment, le 14 Mars s’est déclaré prêt à voter au Parlement en faveur d’un gouvernement neutre comme alternative au gouvernement actuel. Notre engagement pourra donc faire avancer les choses dans cette voie. L’équilibre des forces dépend de nous.
Ce projet est donc réaliste et pragmatique, et s’il est adopté par la société civile, il sera initiateur de développement. Des décisions pourraient être prises, et le Liban nation sera à l’ordre du jour. En ce moment, qui d’autre que nous pourrait prendre la responsabilité de faire de cette proposition une réalité?
À l’image des partis politiques qui s’organisent autour de leurs intérêts purement personnels et leurs propres ambitions, unissons-nous pour travailler et agir autour d’un projet unificateur, loin des protestations stériles, avec pragmatisme, réalisme et intelligence.
Même si nous sommes las de voir qu’à chaque fois que nous entreprenons une quelconque démarche, nous voyons nos efforts s’affaiblir avant de disparaître. La différence est que ce projet consiste en un projet concret, et nous ne sommes plus uniquement dans la protestation. Organisons-nous et tentons notre chance. Essayons de faire le choix entre action et défaitisme.
Notre ONG a été fondée avec le but de redonner une place importante aux jeunes afin de repenser leur pays-nation; pour cela, nous initions les jeunes à la réflexion sur les thèmes suivants: l’identité nationale libanaise et ses composantes, l’appartenance au pays et la citoyenneté.
Ce sont les thèmes forts de notre pensée intellectuelle, dont l’objectif est de jeter les bases politiques, philosophiques et culturelles d’un nouveau contrat social et d’entamer enfin le processus de «nation building» et de «state building» car ce sont véritablement les prémices d’un Liban-État. Travaillons donc loin des pressions politiques et géographiques dans un climat serein où notre intérêt premier resterait celui du Liban pays du Cèdre, terre d’indépendance et de démocratie par excellence.
Christelle COMAIR
Présidente de l’ONG Youth for Development


Ul faut savoir que les DONNÉES ont complètement changées dans la région et sur le(s) terrain(s)... Rester sur ses croyances et ses analyses ultérieures, que ce soit au niveau de la région ou du Liban aussi, c'est être frappé de cécité visuelle et de constipation cérébrale ! La diarrhée qui s'ensuivrait, lorsqu'elle arriverait, serait gargantuelle... Pour le Liban, SEUL SALUT " LE DIALOGUE " !
08 h 32, le 11 décembre 2012