De g. à d., MM. Tagher, Dimashkieh, Zouhairi et Ramadan.
Après le mot de bienvenue de Maz Zouhairi, Majdi Ramadan a rendu hommage à la vision de Charbel Tagher, fondateur de « Teach for Lebanon US », à la dynamique et à la persévérance de Ali Dimashkieh, le fondateur, et à la vigilance de Diane Kaldani, coordonnatrice de TFL. Lançant un vibrant appel aux nombreux participants « pour leur appui non seulement financier mais aussi pour aider à sensibiliser en faveur de TFL et à rester engagés », le consul libanais a expliqué l’objectif de la bourse « difficile, puisque le but en est le changement » qu’octroie « Teach for Lebanon ». Les boursiers deviennent « des agents de transformation dans la vie des enfants les plus défavorisés et les plus vulnérables de nos sociétés, en soutenant le travail des écoles rurales éloignées par l’enseignement à plein temps. Ils sont appelés à assumer un rôle de mentors en dirigeant les élèves vers l’épanouissement personnel et scolaire. Il leur est aussi demandé de rester en contact avec les parents et les membres de la communauté afin de créer un environnement favorable qui permet de garder les élèves en classe, hors de la rue », a-t-il expliqué.
Perspectives nouvelles...
Pour sa part, Ali Dimashkieh a sonné l’alarme en brossant un tableau réaliste de la situation des enfants en milieu rural au Liban. « Les Libanais sont fiers de leur système éducatif mais peu réalisent le fossé qui existe dans le pays : plus de 50 % des enfants qui entrent à l’école primaire ne seront pas diplômés. Beaucoup d’enfants décrochent dès la huitième, avant même d’entrer à l’école primaire ! Et plus que 50 % ne pourront pas avoir accès à l’éducation supérieure », a-t-il lancé.
TFL, qui est à sa cinquième année de fonctionnement, a centré son attention en adressant le problème une école et un enfant à la fois, a-t-il indiqué. Le processus est différent de tout autre établissement éducatif au Liban. TFL recrute de jeunes diplômés énergiques et très dévoués. Après une formation rigoureuse, ils sont envoyés dans les villages éloignés du Liban, pendant deux ans, « où ils deviennent les frères et sœurs des étudiants ». Les boursiers leur inculquent la joie de l’enseignement et la motivation. Les témoignages recueillis dans les différents villages montrent la transformation de la vie des enfants depuis l’application de ce programme. « C’est la première fois que mon fils comprend les maths au lieu de mémoriser », remarque la mère d’un enfant dans une des classes. Un autre enfant assure : « J’aime Mr. Joe (qui enseigne les maths et l’arabe) parce qu’il explique la leçon deux millions de fois jusqu’à ce que je la comprenne ! » Voir : www.youtube.com/watch ? v=HQ6clcSewWU
Objectif, 100 boursiers
Ces témoignages montrent que « TFL a changé les perspectives et la vie de ceux qu’il touche. Les enfants qui rêvaient de devenir chauffeurs de taxi ou mécaniciens aspirent à être médecins, enseignants, ingénieurs ou boursiers. Ils découvrent ainsi le vrai visage du Liban, acquièrent les compétences du leadership, et améliorent leur vie d’enfant ainsi que la vie de tout un village », note Ali. Cette bourse attire de plus en plus de jeunes diplômés. L’an dernier, TFL a enregistré 255 candidats, dont de nombreux hautement qualifiés. Mais seuls 15 candidats ont été sélectionnés pour le programme de formation d’été. Douze sont engagés pour deux ans et enseignent actuellement dans six écoles, indique Ali. « Chaque boursier prend en charge environ 100 étudiants. 12 000 enfants bénéficieront donc cette année de cet enseignement. Notre objectif est d’avoir deux groupes de 50 boursiers qui enseignent en même temps, c’est-à-dire cent boursiers pour atteindre 10 000 élèves. Cela permettra d’avoir un impact profond sur les opportunités qui sont offertes aux étudiants libanais issus de milieux défavorisés, et donc, avec le temps, sur l’ensemble de l’économie libanaise. »
Un long chemin
Quant à Charbel Tagher, il s’est félicité du chemin parcouru depuis la création de cette organisation. Il a rappelé « qu’au début, il fallait insister auprès des parents pour qu’ils acceptent que leurs enfants deviennent boursiers. C’est désormais le contraire qui arrive. Ce sont les parents qui nous appellent pour inscrire leurs jeunes diplômés. Il en va de même au niveau des écoles qui ont montré au départ une certaine réticence à accepter les boursiers. Maintenant, ces sont les écoles qui nous prient de les envoyer. Le gouvernement libanais contribue aussi de manière modeste au programme de TFL puisque TFL est impliqué dans deux écoles publiques ». Et ce chiffre est appelé à augmenter chaque année, a-t-il assuré.
« Pour le réseau mondial Teach for All qui comprend 25 pays, le Liban est considéré comme une success story, car il a réussi contre toute attente », a souligné Charbel Tagher. Dans la plupart de ces pays, tels que les États-Unis, l’Allemagne, l’Inde, l’Australie, l’Argentine, le Japon, les gouvernements contribuent au financement des bourses. Mais au Liban, c’est en grande partie la diaspora libanaise qui finance cet effort. Pendant ce temps, les boursiers sur le terrain font leur travail en dépit des incertitudes politiques et économiques. Ce succès signifie aussi que TFL a besoin davantage de fonds. Le fondateur de TFL US a fait appel à la générosité des participants.


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