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CD, DVD - Un Peu Plus De...

Il était une fois

Il était une fois un prince, une princesse, une grenouille, un carrosse, une marâtre, une pomme, un âne, une fée, un ogre, un loup, un haricot géant, des allumettes. Ils eurent beaucoup d’enfants et vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours. Au-delà de cette fin, gigantesque mensonge qu’on sert aux gamins depuis la nuit des temps, les contes pour enfants ont une raison d’être.
Il était une fois l’inceste, la rivalité entre sœurs, le désir sexuel, les remariages, la virilité et la pauvreté. Contenu symbolique, éducatif, psychanalytique, initiatique. On apprend aux enfants à se défendre, à refuser le désir paternel, à comprendre qu’une mère peut mourir, qu’il ne faut pas parler aux inconnus ni se glisser dans leur lit, à différencier le bien du mal. Les contes pour enfants, de Perrault à Grimm, en passant par Andersen, se lisent entre les lignes. Non, un papa ne peut pas épouser sa fille, non on ne doit pas se faufiler dans le lit du loup, oui un haricot géant est un symbole phallique, oui la rivalité et la haine entre sœurs existent, oui la virginité est mise en péril par une pomme rouge et, non, les princes n’existent pas. Ni leurs chevaux blancs, ni les fées, ni leurs châteaux. Ils ne sont pas charmants et les princesses ne portent pas de souliers de vair. Les princes ne tombent pas amoureux de souillons à la beauté incomparable et sûrement pas au premier coup d’œil.
Et, malheureusement, il y a des petites filles qui meurent de froid en regardant les autres se régaler devant un repas somptueux. À quoi pensait Hans Christian Andersen en écrivant La petite fille aux allumettes ? À la misère du XIXe siècle. À quoi pensent les directeurs de programmes télé qui passent les films et autres dessins animés pendant la période des fêtes ? À rien sûrement. Il n’y a rien de plus terrifiant, triste et angoissant que ce conte. Bonjour la culpabilité le soir de Noël. On est loin du conte de fées puisque la fin n’est pas celle qu’on attendait. Pas de happy ending pour cette petite marchande aux boucles blondes. Alors on fait quoi aujourd’hui avec ses gosses ? On leur bassine les oreilles et les yeux avec des histoires plus débiles les unes que les autres. Certaines, heureusement, parlent d’écologie, de racisme, d’handicap. C’est bien, mais faut-il encore que quelqu’un explique aux bambins de 6 ans, qui se coltinent tous les Disney et Pixar en anglais sans sous-titres français, qu’il faut sauver la planète comme Wall-E. Donc, on relit et on revoit nos classiques, et on leur raconte d’autres histoires. Pas des histoires de civisme en leur racontant la conduite au Liban. Pas d’histoires de droits de l’homme, ni des histoires sur la mer qu’il faut nettoyer, sur les OGM, sur nos hommes politiques. Trop glauque et puis merci la fin. Non, le fin mot de l’histoire, on doit l’avoir. On voit ensemble Grease, La Boum et on danse. On regarde E.T. et Gone with the Wind, et on parle de différence. On revoit Sound of Music, Fifth Element et on parle de ce cinquième élément. De ce putain de cinquième élément qu’est l’amour. On chante l’amour et la douceur de vivre. On leur fait écouter les Beatles au lieu de ces conneries qu’on entend à la radio. On les berce avec Something, Across the Universe ou The Long and Winding Road. On leur fait découvrir Le Gorille, La Poupée qui fait non, L’Ami Caouette, Les Marionnettes. On leur fait danser le rock, le twist et surtout les slows. On écoute Stand by me et on leur raconte nos amis, les leurs. Ceux de Harry Potter. On lit entre les lignes de tous les romans. On relit Pagnol, Le Grand Meaulnes, George Sand. On leur demande de choisir quelques-uns des cadeaux qui sont sous le sapin pour les offrir à d’autres moins chanceux. On leur apprend à sourire, à aider. On leur raconte notre histoire. Quand on était petit. Les bêtises qu’on a faites, les punitions qu’on a reçues. On les fait rire. On joue avec eux. Et on reparle d’amour, encore et encore, parce qu’à la fin, c’est tout ce qu’il reste. Et on les écoute. Ils ont beaucoup d’histoires à nous raconter et surtout plein de choses à nous apprendre.
Il était une fois un prince, une princesse, une grenouille, un carrosse, une marâtre, une pomme, un âne, une fée, un ogre, un loup, un haricot géant, des allumettes. Ils eurent beaucoup d’enfants et vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours. Au-delà de cette fin, gigantesque mensonge qu’on sert aux gamins depuis la nuit des temps, les contes pour enfants ont une raison d’être. Il était une fois l’inceste, la rivalité entre sœurs, le désir sexuel, les remariages, la virilité et la pauvreté. Contenu symbolique, éducatif, psychanalytique, initiatique. On apprend aux enfants à se défendre, à refuser le désir paternel, à comprendre qu’une mère peut mourir, qu’il ne faut pas parler aux inconnus ni se glisser dans leur lit, à différencier le bien du mal. Les contes pour enfants, de Perrault à Grimm,...
commentaires (5)

Ce petit navire qui s'appelle Liban.... Qui n'a ja-ja-jamais connu la paix... Envers et contre tout continue a naviguer... A quand l'arrivee et le debarquement?... Nul ne le sait ohe ohe :)

Fady Challita

10 h 42, le 09 décembre 2012

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Commentaires (5)

  • Ce petit navire qui s'appelle Liban.... Qui n'a ja-ja-jamais connu la paix... Envers et contre tout continue a naviguer... A quand l'arrivee et le debarquement?... Nul ne le sait ohe ohe :)

    Fady Challita

    10 h 42, le 09 décembre 2012

  • Il est un petit navire... Qu'on appelle le Liban... Qui sur la mer s'agite et vire... Au gré boiteux de ses enfants...

    SAKR LEBNAN

    08 h 34, le 09 décembre 2012

  • je ne sais pas s'il faut les gâter..mais il faut au moins les elever un peu...ce qui compte tenu de mon derneir voyage libanais,semble être vraiment au-dessus de la force des parents...de ce point de vue,entre juifs et libanais,il n'y a guère de différence...

    GEDEON Christian

    10 h 55, le 08 décembre 2012

  • Je trouve qu'il ne faut pas trop gater ses enfants en leur promettant des reves. Des leur jeune age, on devrait leur apprendre de facon realiste a "affronter" le monde. Car bien qu'il y ait de tres belles choses que la vie nous reserve, il y a malheureusement l'autre face de la medaille. En leur apprenant cela, on les protege, on les prepare a l'age adulte. Comme le disait si bien Jacques Brel dans sa chanson "La Fanette", "pourquoi on ne nous apprend pas a se mefier de tout?". Je n'irai pas si loin car Brel etait un ecorche-vif blase, mais le passage du reve a la realite doit se faire tres astucieusement et lentement pour ne pas, a la fois, priver les enfants de leurs reves et les preparer a la vie, la vraie.

    Michele Aoun

    04 h 42, le 08 décembre 2012

  • Mes enfants n'ont pas grandi au Liban. Elles ont vecu une veritable enfance: des jeux dans la nature, des randonnees, des campings, la fee qui venait dans la nuit, le nounours qui avait froid, et durant leur adolescence, elles ont nettoye les plages, elles ont travaille avec les handicappes et elles ont ecoute Dylan et Jim Morrison. Elles revaient d'un monde meilleur, d'un monde ou elles feraient une difference. Malheureusement, elles ont eu un choc culturel en rentrant a la mere-patrie. Elles sont differentes et n'arrivent pas a s'identifier. Elles continuent leur chemin que nous avons trace: volontariat chez Inta Akhi, scoutisme, ecologie....mais elles ont perdu leurs reves. Je me demande parfois si nous avons bien fait de les mettre sur ce chemin, si nous les avons vraiment armees pour vivre dans une societe telle que la notre aujourd'hui.

    Fady Challita

    03 h 37, le 08 décembre 2012

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