Rarement, le marché en témoigne, les fêtes de fin d’année auront été accueillies avec autant d’indifférence. Les commerces ont beau hausser le volume sur les scies de la saison, c’est à peine si les enfants eux-mêmes y adhèrent. Cette lassitude ne peut être mise sur le seul compte de la crise économique. C’est toute une ambiance qui est en cause, et d’abord ce côté machinal de la joie à tout prix qui a forcément du mal à prendre. Il ne suffit pas de ressortir les décorations de rue de l’année dernière – qui n’étaient déjà pas très heureuses avec leurs étoiles indigo – pour donner l’impression de marquer le coup, encore moins de rediffuser en boucle, à tue-tête (comme on tue en explosant la tête) et ad nauseam, une hideuse playlist de Noël si usée qu’elle en crachouille. Ce goût de réchauffé, la preuve, n’enthousiasme personne. Mais il ne s’agit pas non plus de casser les tirelires municipales déjà mitées pour plus d’une raison. L’émotion n’est pas une question de finances. Pour tout organisateur de fêtes, il s’agit seulement d’y croire, de le vouloir, d’être vrai, de proposer des joies simples et authentiques qui donnent envie d’offrir et de recevoir, de rire et de danser, non pas pour la mécanique du geste mais pour faire briller d’autres yeux et participer à un événement collectif générateur de joie.
Mais tout se passe comme si nous avions perdu le vrai sens de la joie ou le sens de la vraie joie, ce qui revient au même. Ce n’est pas l’usure comme on pourrait le croire. Au plus fort de nos guerres, nous n’avons jamais été blasés, nous n’avons jamais laissé passer une fête, une célébration traditionnelle sans dûment l’honorer, quels que soient nos moyens. Disons que c’est l’ennui qui rend le marché aussi morose. Pire, la facilité, l’absence d’initiative et de créativité sont les principaux ingrédients du vulgaire. Il nous reste quelques jours pour élever le niveau. Qu’on se le dise, personne ne voudra franchir le seuil de 2013 avec le sentiment d’avoir vécu une année en toc, fer-blanc et bonnet de nuit.


Une bonne conscience est une fête continuelle pour bien vivre les joies simples de décembre, mais la politique et nos politiciens ne nous laisseront point le temps pour bien vivre cette belle ambiance de Noël . Nazira.A.Sabagha
08 h 44, le 06 décembre 2012