La seconde fois où Israël s’est sentie vulnérable, c’est à l’issue de l’attaque menée contre le Hezbollah en 2006, quand les méthodes de la guérilla en « terre hostile » et les tirs de roquettes sol-sol et terre-mer avaient mis fin à la légende d’invulnérabilité de son armée. La bataille fut perdue par Israël à cause d’une stratégie militaire qui a montré ses limites contre un adversaire tenace qui a appliqué une stratégie gagnante toute simple : défendre un territoire que ses combattants connaissent pour y être nés et y avoir vécu, et qui ont utilisé au maximum ses caractéristiques physiques, tout en étant équipés d’armements adéquats. Ils ont enrayé l’avance de l’armée israélienne et lui ont infligé de lourdes pertes en hommes et en matériel.
Le second élément de la défaite fut une stratégie de sape systématique par le Hezbollah du moral israélien, en s’attaquant à l’arrière-pays par le lancement de roquettes et de missiles le paralysant et, de ce fait, sapant le moral de la population et des troupes.
La dernière attaque contre Gaza a représenté une nouvelle tentative de l’armée israélienne d’utiliser l’ancienne stratégie, mais en s’étant préparée par le déploiement de missiles antimissiles de fabrication israélienne « Iron Dome » et des missiles Patriot modifiés, achetés aux États-Unis. Les premiers résultats montrent que la vulnérabilité d’Israël n’a pas disparu par le déploiement de ces batteries de missiles, encore en nombre insuffisant. Au matin du 19 novembre, 302 846 des missiles lancés avaient été interceptés, soit une proportion d’un peu plus de 35 %. Donc, l’étanchéité n’existe pas. Il y aura toujours des missiles qui vont atteindre leur objectif et la quantité de missiles qui sont lancés détermine le nombre de missiles qui vont faire mouche.
L’attaque contre Gaza est le test d’une miniguerre pour la préparation d’une plus grande guerre potentielle, qu’elle se produise ou non, contre le Hezbollah, d’un côté, et d’une autre guerre, encore plus grande, contre l’Iran. Elle démontre sans l’ombre d’un doute qu’en l’état actuel de la technologie de défense antimissile et du nombre de batteries, Israël, vraisemblablement, est dans l’incapacité de lancer une guerre en déterminant avec certitude le résultat qui en découlerait et qui pourrait être désastreux pour lui.
L’équilibre des forces a changé. Même avec la force militaire inégalable d’Israël et l’appui inconditionnel des États-Unis, l’avantage absolu des armées israéliennes n’existe plus, confrontant cet État à un défi sans précédent et le mettant dans l’obligation de réétudier sa stratégie, laquelle cette fois ne relève pas du domaine militaire, mais plutôt du domaine politique. L’appui verbal du président Obama est bien mince car les États-Unis savent qu’ils ne pourront plus jamais défendre Israël sans occasionner une guerre régionale, voire mondiale.
Peut-être que ce constat poussera les Israéliens à revoir leur stratégie politique et les portera à se tourner cette fois vers les Palestiniens, avec lesquels ils devraient engager des pourparlers en vue de mettre fin à la spirale infernale qui risque de les entraîner avec leurs adversaires vers l’abîme. Il faudrait peut-être dans ce cas accepter de vivre dans cette région en renonçant au rêve insensé et inatteignable du Grand Israël, et même d’un « petit Israël » sur toute la terre de Palestine.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef