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À La Une - Révolte

Vaste offensive de l’armée près de l’aéroport de Damas

Pour Brahimi, une nouvelle Syrie devrait émerger ; au moins 61 morts hier.

À Homs, des civils et des membres de l’ASL à la recherche de survivants après un raid de l’aviation du régime assadiste.     Yazan Homsy/Reuters

L’armée syrienne a lancé hier une vaste offensive à l’est de Damas, notamment le long de la route de l’aéroport, qu’elle a affirmé avoir « sécurisée » en soirée. Alors que les combats se sont récemment concentrés aux abords de Damas, ceux lancés dans la matinée ont été les plus violents enregistrés dans la région depuis mi-mars 2011, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). L’armée a mobilisé d’importants renforts pour tenter de maintenir son contrôle de la capitale et de reprendre totalement ses alentours sur un rayon de huit kilomètres, selon une source de sécurité. Les médias officiels ont affirmé que l’armée avait tué de nombreux « terroristes », terme par lequel Damas désigne les rebelles.
Dès le début de la journée, les autorités avaient fermé la route reliant Damas à l’aéroport en raison des violences dans la banlieue, tandis que l’aviation bombardait les vergers bordant Damas, où la rébellion a ses bases arrière.

Suspension de vols
La compagnie Emirates de Dubaï a annoncé la suspension « jusqu’à nouvel ordre » de ses lignes vers Damas, tandis qu’EgyptAir a suspendu un vol hier à destination de Damas en raison de la dégradation de la situation sécuritaire et d’une interruption de la communication avec son bureau à Damas.

 

(Lire aussi : Joumblatt invite les druzes syriens « encore hésitants » à s’associer aux rebelles)


Dans le nord-ouest du pays, où les rebelles ont attaqué l’une des dernières bases encore aux mains de l’armée, l’aviation menait des raids meurtriers, après avoir perdu deux appareils en moins de 24 heures, abattus pour la première fois par des missiles. Les insurgés disposeraient de 40 missiles sol-air, selon le quotidien américain Washington Post, qui cite des responsables du renseignement occidentaux et proche-orientaux affirmant que ces armes, qui pourraient changer la donne en Syrie, ont été récemment livrées par le Qatar. Les rebelles disent avoir saisi des missiles dans des bases de l’armée qu’ils ont conquises, notamment la base 46 près d’Alep, il y a dix jours.
Hier, selon un bilan provisoire, 61 personnes ont péri en Syrie, selon la chaîne satellitaire al-Arabiya.

Téléphone et Internet coupés
Au même moment, une grande partie du pays était coupée du monde, sans téléphone ni Internet, les militants accusant le régime de préparer un « massacre » et les autorités affirmant que des « travaux de maintenance » étaient derrière cette panne.

Brahimi
Ces opérations interviennent au moment où l’émissaire international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, affirmait au Conseil de sécurité qu’une « nouvelle Syrie » devrait émerger du conflit qui fait rage dans le pays depuis 20 mois. L’émissaire a laissé entendre que le président syrien devra renoncer en fin de compte au pouvoir. Évoquant « l’urgence absolue » d’un cessez-le-feu dans le pays, il a souligné qu’il devrait alors être surveillé par une mission d’observation très importante. « Un cessez-le-feu ne pourra pas tenir s’il n’est pas surveillé de manière intensive, ce qui, je crois, nécessitera une mission de maintien de la paix », a-t-il déclaré.


Le Conseil de sécurité de l’ONU reste divisé sur la crise syrienne, la Russie et la Chine ayant bloqué trois résolutions occidentales destinées à faire pression sur Damas. L’ambassadeur russe à l’ONU, Vitali Tchourkine, a rejeté hier l’idée que Moscou soutienne aveuglément le régime du président Bachar el-Assad. La Russie « tente de convaincre le gouvernement syrien qu’il n’y a pas de solution militaire » au conflit, a-t-il affirmé. Toujours sur le plan diplomatique, Madrid a reconnu la Coalition de l’opposition comme « le représentant légitime du peuple syrien », rejoignant Londres, Paris, Ankara et les États du Golfe.


Parallèlement, la nouvelle Coalition de l’opposition syrienne tente au Caire de mettre en place ses structures internes et de se doter d’un statut, un peu plus de deux semaines après sa création à Doha.
Le New York Times a en outre indiqué que Washington allait s’impliquer davantage dans le dossier syrien.
Par ailleurs, le chef de l’État turc Abdullah Gül a estimé improbable hier une attaque syrienne vers son pays qui a demandé l’installation de missiles Patriot de l’OTAN, estimant qu’une telle éventualité serait « une folie ». Par ailleurs, dans une nouvelle vidéo, la journaliste ukrainienne Ankhar Kochneva, enlevée début octobre par des rebelles, a affirmé avoir été envoyée en Syrie par les renseignements russes, des propos vraisemblablement tenus sous la contrainte. Enfin, un médecin britannique, Abbas Khan, qui opérait dans les hôpitaux de campagne des rebelles dans le nord, a été arrêté par les forces du régime, selon l’OSDH qui insiste sur le fait qu’il n’était « ni un combattant rebelle ni un jihadiste ».

 

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