Lartigue « l’émerveillé » : un siècle d’instants de bonheur s’expose à Tours
Il a promené son regard d’enfant sur un siècle en pleine métamorphose : en une centaine de grands tirages, Jacques Henri Lartigue (1894-1986) fait l’objet d’une exposition inédite à Tours, qui rassemble quelques instants volés par ce passionné du bonheur fugace.
OLJ /
le 29 novembre 2012 à 00h12
Jacques Henri Lartigue, passionné de bonheur fugace.
Des enfants qui font décoller un planeur, un jeune homme en plein saut périlleux au-dessus de l’eau, des parasols au Cap-d’Antibes, ou encore des dames en robe longue et chapeau à plumes en train de suivre les courses d’Auteuil: «Lartigue l’émerveillé» plonge dans le monde rêvé du photographe, dont les premiers clichés remontent à 1902, quand il n’avait encore que huit ans. «Lartigue est un artiste hanté par la fragilité du temps qui passe», explique à l’AFP Martine d’Astier, commissaire de l’exposition et directrice de la Donation Jacques Henri Lartigue. «Il peut enregistrer un instant de bonheur, mais il sait très bien qu’au moment où il prend sa photo, c’est déjà fini.» Lartigue collait ses clichés dans des albums qu’il légendait lui-même. En 80 ans, il a rempli 135 grands albums totalisant 14423 pages, dont certaines sont présentées à Tours sous forme de fac-similé. «C’était une façon de raconter sa vie, de dire “Regardez comme je suis heureux”, même si ça ne veut pas dire qu’il l’était vraiment», observe Mme d’Astier. L’exposition, chronologique, montre l’émerveillement du petit garçon pour les nouveautés exceptionnelles du début du XXe siècle, comme cette automobile qui file au Grand Prix de Dieppe en 1912. Plus tard, il fréquente Picasso, qu’il saisit en pleine gloire, cigarette au bec et pinceaux à la main, comme un torero prêt à planter ses banderilles. Dans les années 1980, l’artiste photographie souvent son ombre «pendant que j’en ai encore une», façon pour lui de s’accrocher à la vie. Tout au long de sa vie, Lartigue photographie les femmes qu’il aime. Sa première femme, Bibi, fait l’objet d’un autochrome dans un restaurant du Cap-d’Antibes, en 1920. Une photo empreinte d’une infinie douceur, qui rappelle que le vrai métier de Lartigue était la peinture. «Lartigue l’émerveillé», jusqu’au 26 mai 2013 au Château de Tours.
Des enfants qui font décoller un planeur, un jeune homme en plein saut périlleux au-dessus de l’eau, des parasols au Cap-d’Antibes, ou encore des dames en robe longue et chapeau à plumes en train de suivre les courses d’Auteuil: «Lartigue l’émerveillé» plonge dans le monde rêvé du photographe, dont les premiers clichés remontent à 1902, quand il n’avait encore que huit ans.«Lartigue est un artiste hanté par la fragilité du temps qui passe», explique à l’AFP Martine d’Astier, commissaire de l’exposition et directrice de la Donation Jacques Henri Lartigue. «Il peut enregistrer un instant de bonheur, mais il sait très bien qu’au moment où il prend sa photo, c’est déjà fini.»Lartigue collait ses clichés dans des albums qu’il légendait lui-même. En 80 ans, il a rempli 135 grands albums totalisant...
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