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Moyen Orient et Monde - Proche-Orient

Arafat exhumé pour élucider les causes de sa mort

À Malte où elle vit, Souha Arafat a assisté à la télévision à l’exhumation de son défunt mari et à la cérémonie d’hommage qui a suivi.  Matthew Mirabelli/AFP

La tombe de Yasser Arafat a été ouverte hier quelques heures afin d’effectuer des prélèvements, confiés à des experts internationaux qui doivent tenter de déterminer huit ans après sa mort si le dirigeant historique palestinien a été empoisonné. L’opération s’inscrit dans le cadre d’une enquête judiciaire française pour assassinat. Une cérémonie militaire a ensuite été organisée devant le mausolée, situé dans l’enceinte de la Mouqataa, le siège de la présidence de l’Autorité palestinienne à Ramallah (Cisjordanie). Des gerbes ont été déposées devant la tombe par des hauts dirigeants palestiniens, dont le Premier ministre Salam Fayyad.


« Toute la procédure est achevée. Les prélèvements ont été effectués sans sortir la dépouille mortelle de la tombe et ont été remis aux experts français, suisses et russes », a déclaré Taoufiq Tiraoui, le président de la commission d’enquête palestinienne sur la mort de Arafat, précisant « qu’aucun étranger n’a touché la dépouille mortelle ». « Aujourd’hui, l’esprit de Arafat est sorti de la tombe pour nous soutenir dans notre démarche à l’ONU », a-t-il déclaré à la télévision. Trois juges français, saisis d’une enquête pour assassinat sur plainte contre X de la veuve de Arafat, Souha, ont assisté à l’opération, en présence de la plus haute autorité islamique palestinienne, le mufti Mohammad Hussein. L’accès à la Mouqataa, où se trouve la tombe, était interdit aux médias. Seule la télévision nationale palestinienne a été autorisée à filmer la cérémonie après la fermeture de la tombe.


L’hypothèse d’un empoisonnement de Arafat a été relancée par la diffusion en juillet d’un documentaire d’al-Jazira révélant des traces de polonium, substance radioactive hautement toxique, sur des effets personnels du dirigeant palestinien confiés par sa veuve à la chaîne qatarie, qui les a fait analyser par un laboratoire suisse. Arafat est mort à 75 ans le 11 novembre 2004 dans un hôpital militaire de la région parisienne, où il avait été transféré avec l’accord d’Israël qui l’assiégeait depuis plus de deux ans à la Mouqataa. Les causes de sa mort n’ont pas été élucidées, et beaucoup de Palestiniens accusent Israël, qui a toujours nié, de l’avoir empoisonné.


L’exhumation a également provoqué des tensions familiales, le neveu de Arafat, Nasser al-Qidwa, convaincu d’un empoisonnement par Israël, s’étant élevé contre « une idée détestable ». Souha Arafat a réitéré hier sa conviction que l’exhumation « est un devoir envers l’histoire et envers le peuple palestinien qui exige de savoir qui a tué Yasser Arafat ». Selon des experts, les résultats des analyses ne devraient pas être connus avant des mois.

 

Repère : Quelques précédents célèbres d'exhumations

La tombe de Yasser Arafat a été ouverte hier quelques heures afin d’effectuer des prélèvements, confiés à des experts internationaux qui doivent tenter de déterminer huit ans après sa mort si le dirigeant historique palestinien a été empoisonné. L’opération s’inscrit dans le cadre d’une enquête judiciaire française pour assassinat. Une cérémonie militaire a ensuite été organisée devant le mausolée, situé dans l’enceinte de la Mouqataa, le siège de la présidence de l’Autorité palestinienne à Ramallah (Cisjordanie). Des gerbes ont été déposées devant la tombe par des hauts dirigeants palestiniens, dont le Premier ministre Salam Fayyad.
« Toute la procédure est achevée. Les prélèvements ont été effectués sans sortir la dépouille mortelle de la tombe et ont été remis aux experts français,...
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