Walid Joumblatt au cours de sa conférence de presse, lundi 26 novembre 2012, à Moukhtara.
Il faut réécouter Walid Joumblatt. Sa conférence de presse hier à Moukhtara était un sommet dans l’art de dissimuler – une fois de plus – une empathie totale à l’égard d’un projet politique bien déterminé, celui du 14 Mars, derrière ce qu’il convient depuis longtemps de considérer comme une illusion d’optique, à savoir le « centre ».
Mais M. Joumblatt n’est pas seul à entretenir cette fiction. Ses partenaires et alliés au sein du gouvernement, à commencer bien sûr par le chef de l’État, agissent de même.
De fait, les centristes semblent avoir trouvé la parade : leur démarche actuelle consiste à aller tactiquement dans le sens du 8 Mars et, pour ce qui est des objectifs stratégiques, dans celui du 14. La tâche leur est d’ailleurs facilitée par les uns et les autres : du fait de sa présence au pouvoir, le camp du Hezbollah tient naturellement aujourd’hui le rôle du « sage » pondéré, invitant tout le monde à le rejoindre à la table de dialogue en faisant semblant d’oublier que lui-même avait renversé cette même table il y a près de deux ans.
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Le 14 Mars, en revanche, du fait qu’il se trouve dans l’opposition, joue la partie de l’assaillant qu’il convient de sermonner pour son impatience, voire son aventurisme. Les « centristes » ne manquent pas de le faire ces jours-ci, en grande partie pour tenter de faire bonne mesure.
Dans toutes ses interventions, le président Michel Sleiman inscrit clairement sa vision de l’État libanais dans un cadre qui se situe aux antipodes de celui du Hezbollah. Il l’a répété récemment dans son discours du 22 novembre, tout comme il l’avait fait tout au long des derniers mois, notamment en mettant au point une formulation pour le dialogue sur la stratégie défensive et les armes qui n’a pas manqué de susciter l’irritation du Hezb, ce dernier ne voulant même pas que la question de ses armes fut posée, de quelque manière que ce soit.
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Cela n’empêche pas le président de la République de chercher à conforter sa position au centre en multipliant ces derniers temps les reproches à l’égard d’une opposition tentée par le boycottage. Il le fait d’autant plus aisément qu’il ne saurait, dans sa position, s’associer d’une façon ou d’une autre à ce boycottage.
M. Joumblatt, quant à lui, compte visiblement sur les modulations graves de sa voix lorsqu’il émet des reproches à l’égard du comportement du 14 Mars pour tenter d’équilibrer l’effet négatif des ukases qu’il assène – quoique de façon doucereuse – contre la stratégie du Hezb. Ce dernier doit d’autant plus être irrité par ces méthodes que le chef du PSP tente désespérément de lui arracher Nabih Berry, pour le placer lui aussi au « centre ».
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Reste à savoir si cette politique des centristes va être payante. Le 29 novembre est la date fixée pour la reprise du dialogue et jusqu’ici la participation du 14 Mars n’est toujours pas assurée.
Mais M. Joumblatt n’est pas seul à entretenir cette fiction. Ses partenaires et alliés au sein du gouvernement, à commencer bien sûr par le chef de l’État, agissent de même.
De fait, les centristes semblent avoir trouvé la parade : leur démarche actuelle consiste à aller tactiquement dans le sens du 8 Mars et, pour ce qui est des objectifs stratégiques, dans celui du 14. La tâche leur est d’ailleurs facilitée par les uns et les autres : du fait de sa...

