Un grand bravo à tous ceux qui ont travaillé sur le projet de la nouvelle réglementation du code de la route, mais je pense que le problème n’est pas dans sa conception, dans son application plutôt. Pour commencer, essayons d’appliquer l’ancien code, même s’il est obsolète.
Si nous parlons de permis à points, je pense que 12 points ce n’est pas suffisant, il nous en faudrait au minimum une bonne centaine. Prenons un cas de figure, soit un trajet Beyrouth-Tripoli ou Saïda-Baalbeck, avec toutes les infractions qu’un conducteur ferait sur un tel parcours, à savoir:
– excès de vitesse,
– arrêt en plein milieu de la chaussée,
– dépassement à droite,
– zigzag de gauche à droite,
– non-respect des couloirs,
– non-utilisation du clignotant,
– voiture non conforme aux normes de la circulation (sans feux de freins, par exemple), etc.
Arrivé à Jounieh, les 100 points ont sauté et, dans un pays civilisé, on serait déjà en prison.
Parlons maintenant du permis à poings. Il faudrait que nos policiers portent des gants de boxe et distribuent des coups pour chaque infraction (x nombres de coups par infraction).
Bon, soyons sérieux. Je pense que l’essentiel est avant tout d’éduquer les policiers à appliquer ce nouveau code de la route car, à bien les observer, ce sont eux les principaux responsables du non-respect de la réglementation. Ils fument, mangent leurs sandwichs, bavardent entre eux, parlent sur leur portable... tout cela alors qu’ils sont en service. Entre-temps, les conducteurs se paient toutes les infractions qu’ils veulent sans se soucier de leur présence.
Exemple: pour faire respecter la réglementation sur la route Beyrouth-Jounieh, il faudrait plus qu’un policier au Forum, le suivant à Dbayeh et le troisième à Jouneih. Soyons sérieux, au stade où nous en sommes, il nous faut une surveillance de 3 à 6 hélicoptères sophistiqués sur les trois axes principaux sortant de Beyrouth, à savoir Beyrouth-Sud puis vers le Nord, puis vers la Békaa, des radars non pas pour contrôler uniquement la vitesse, mais aussi le respect des couloirs, etc., avec au moins des patrouilles de polices volantes tous les 500 mètres ainsi que des voitures de police banalisée.
En conclusion, nous devons avoir les moyens de nos ambitions et commencer par le commencement, c’est-à-dire éduquer les agents, leur donner l’autorité de l’exécution. Et surtout ne pas donner à nos politiciens la latitude de faire effacer les infractions.
Cessons de rêver et surtout de gaspiller l’argent en adoptant des lois que nous ne pouvons pas faire respecter.
Nabil J. TABET


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