Quelles sont les véritables raisons de l’arrestation de Hachache ?
Alors que des informations sur une arrestation brutale et non légitime fusaient sur la Toile, la troupe a fini par réagir. Dans un communiqué, le commandement de l’armée précise que Pierre Hachache a été convoqué pour être interrogé sur des propos tenus la veille de la fête de l’Indépendance. Des propos qui, selon l’institution militaire, portent atteinte à l’armée. « Lors de l’interrogatoire, il s’est avéré que Hachache est impliqué dans d’autres affaires judiciaires », peut-on lire dans le communiqué, qui mentionne l’agression contre un soldat ou encore l’incitation au lancement d’une campagne sur les réseaux sociaux portant atteinte à l’armée. Pierre Hachache a donc été maintenu en arrestation conformément à une décision des autorités judiciaires qui ont entamé l’étude de trois dossiers l’impliquant.
Pierre Hachache a essayé à plusieurs reprises de se faire élire au Parlement. S’il a échoué dans les urnes, il a néanmoins gagné une certaine popularité, grâce à ses slogans de campagne insolites. L’un d’eux promettait notamment aux électeurs « du goudron jusqu’aux genoux » s’ils votaient pour lui, une manière de railler le soudain souci affiché par certains candidats en campagne pour la vie et le bien-être des électeurs. Dans un reportage diffusé par la chaîne de télévision LBC, la sœur de Pierre Hachache a déclaré que ce dernier, qui a pour habitude de jouer les trublions politiques lors de scrutins électoraux, a été battu à coups de crosse de fusil, lors de son arrestation, et entraîné de force au sérail de Batroun, son village natal. Sous les coups, Hachache se serait évanoui. Elle a également raconté avoir été elle-même brutalisée, quand elle a demandé que son frère blessé soit emmené à l’hôpital, puis avoir été empêchée de le voir au sérail.
Timing suspect
Toujours selon la LBC, Pierre Hachache a été arrêté après avoir publié sur sa page Facebook un post critiquant le commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi.
Sur sa page Facebook, « STOP Cultural Terrorism in Lebanon » explique, citant la famille de Hachache, que l’affaire tient à un vieux différend entre un officier de l’armée et Hachache. Selon la famille de ce dernier, l’officier aurait fabriqué de faux rapports accusant Hachache d’avoir diffamé le général Kahwagi. Réagissant à ces informations, l’armée libanaise a dénoncé une campagne au timing suspect. « Le commandement de l’armée, qui veille à protéger la liberté d’expression aussi longtemps qu’elle ne porte pas atteinte à la sécurité du pays et du citoyen, voit dans le timing de cette campagne qui a coïncidé avec l’anniversaire de l’Indépendance, une simultanéité suspecte », peut-on lire dans le communiqué.
L’affaire fait beaucoup de bruit sur Internet. Une page Facebook « Support Pierre Hachach and all the oppressed » (Soutenez Pierre Hachache et tous les opprimés) a été créée suite à cette affaire. Et sur Twitter, des internautes, blogueurs, activistes et même politiciens crient au scandale, depuis mercredi.
« Il est inacceptable d’arrêter un citoyen pour ses opinions », dénonce notamment le député Kataëb Nadim Gemayel, appelant à la libération de Pierre. « Dites à Nagib Mikati et Michel Sleiman de libérer Pierre Hachache immédiatement », écrit également un anonyme postant sur Twitter sous l’identifiant « Operation Lebanon ». Le compte serait celui
d’« hacktivistes » se manifestant par des actions sur Internet en faveur de « la justice ». Autre citoyenne outrée, Rana Nassar : « C’est l’indépendance que nous célébrons aujourd’hui (Pierre a été arrêté la veille de la fête nationale) ! C’est le courage de notre armée ! Bravo. » Et à la pointe du buzz sur l’affaire, l’on trouve enfin le blogueur Imad Bazzi.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
AU MOINS ce "Piere Hachache" OSE, et pas seulement en PSEUDO !
06 h 34, le 24 novembre 2012