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Nos lecteurs ont la parole

La décadence à la libanaise

Par Jamale RIZKALLAH
J’avais exprimé dans un article précédent toute ma gratitude envers la Sûreté générale qui a fait de l’obtention d’un passeport une expérience brève et simple. Mon expérience au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur ne fut pas moins agréable, car j’ai eu la chance de rencontrer des fonctionnaires aimables et serviables qui m’ont orientée et ont accéléré le processus pour lequel je m’étais présentée. Ils ont proposé les astuces qu’il fallait, avec un sourire que je qualifierai presque de maternel. Ce jour-là, j’étais fière d’appartenir à ce pays civilisé qui est le nôtre.
Malheureusement, c’est toute la grandeur de la civilisation qui a failli fondre le jour où j’ai mis les pieds au ministère de la Santé. Évidemment, ma description (fidèle) ne concerne qu’un seul étage. Je suis loin de vouloir généraliser. Bref, sans vouloir paraître ingrate, je remercie du fond du cœur tous ces fonctionnaires de l’État qui s’efforcent de servir des centaines de citoyens au quotidien. Merci, merci, et encore merci ! Mais un peu de décence quand même. Pourquoi ce besoin de raconter sa vie privée et celle de ses enfants et de leur niveau académique devant un homme qui s’impatiente parce que sa pause déjeuner s’est achevée pendant la description du cours d’histoire-géo du fils prodige de la fonctionnaire en question ? Pourquoi discuter avec son collègue de la solution ultime des problèmes du Proche-Orient en faisant poireauter durant 10 minutes un jeune fraîchement diplômé ? Quant à l’agressivité gratuite, n’en parlons pas. Un bac + 8 se voit traité comme un gosse dans une cour de récréation. On lui parle sur un ton qui laisse à désirer, mais qui par ailleurs justifie l’impolitesse aiguë des générations montantes.
Il ne faut pas nier que parfois le fonctionnaire se doit d’agir de la sorte car le Libanais courtois, généreux, hôte international a souvent une autre face, celle de l’arrogant arriviste qui n’a de respect pour personne sinon pour lui-même. Il a longtemps fait d’oublier « le renard passe passe à chacun à son tour » car, pour lui, son tour c’est à l’instant. Bousculer pour prendre l’ascenseur alors que dix autres personnes attendent leur tour, se frayer un passage parmi une petite foule qui attend sont pour lui la preuve de sa subtile intelligence. J’applaudis les campagnes à la télé qui tentent en vain de transmettre les bases du protocole de la vie sociale à travers des anecdotes de la vie quotidienne. Je les plains en même temps car il est particulièrement difficile de faire face au quotidien à une oreille qui n’entend que ce qu’elle veut entendre.
Qu’il est dommage, vraiment, de se sentir étranger chez soi ! Il est dur, en effet, de ne plus trouver d’excuses pour justifier le « comment » et le « pourquoi » de son pays et sa volonté d’y rester. On prend l’avion, on voyage, on se met en rang même dans un supermarché ; on est fier de dire à la vendeuse qu’on vient du Liban ; on reprend l’avion et comme par magie – ou sortilège – celui qui avait peur de dépasser la ligne jaune sans qu’on ne l’y invite deux fois ailleurs se permet de vous bousculer une fois sur le sol national et, si vous osez vous plaindre, c’est un œil noir qu’il vous lance, parce que lui, son argent est roi.
J’avais exprimé dans un article précédent toute ma gratitude envers la Sûreté générale qui a fait de l’obtention d’un passeport une expérience brève et simple. Mon expérience au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur ne fut pas moins agréable, car j’ai eu la chance de rencontrer des fonctionnaires aimables et serviables qui m’ont orientée et ont accéléré le processus pour lequel je m’étais présentée. Ils ont proposé les astuces qu’il fallait, avec un sourire que je qualifierai presque de maternel. Ce jour-là, j’étais fière d’appartenir à ce pays civilisé qui est le nôtre.Malheureusement, c’est toute la grandeur de la civilisation qui a failli fondre le jour où j’ai mis les pieds au ministère de la Santé. Évidemment, ma description (fidèle) ne concerne qu’un...
commentaires (2)

Le Libanais, à l'étranger, il est étranger et se conforme à toutes les lois, plutôt il les subit malgré lui. Mais... une fois au Liban, FAWDA YIA 7ABIBET 2ALBI... WIL CHATER celui qui joue des coups de coudes pour être le premier dans la Q. ou celui qui vient avec une carte de visite "importante" et passe en premier...

SAKR LEBNAN

11 h 48, le 23 novembre 2012

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Commentaires (2)

  • Le Libanais, à l'étranger, il est étranger et se conforme à toutes les lois, plutôt il les subit malgré lui. Mais... une fois au Liban, FAWDA YIA 7ABIBET 2ALBI... WIL CHATER celui qui joue des coups de coudes pour être le premier dans la Q. ou celui qui vient avec une carte de visite "importante" et passe en premier...

    SAKR LEBNAN

    11 h 48, le 23 novembre 2012

  • N'oublions pas un pays qui ne s'est jamais vraiment remis de sa guerre civile, un pays ou la corruption est rampante, un pays ou la loi de la jungle est devenue notre quotidien. Le Libanais a appris a s'occuper de lui-meme, sinon personne ne s'occupera de lui, et des l'instant ou nous sommes sur le territoire Libanais c'est la guerre ouverte a chaque instant de chaque jour, juste pour survivre. Si la Surete Generale et l'Enseignement Superieur ont repris un semblant de civilite, c'est excellent, mais ce ne sont que deux gouttes d'eau dans un vaste ocean. C'est une reforme a large echelle qu'il nous faut, qui engloberait non seulement les services publics et leurs fonctionnaires, mais aussi le peuple qu'on ne peut plus qualifier, helas, de tres civilise. Cependant le Libanais n'a pas oublie son bagage et des qu'il se retrouve dans un pays decent, ce baggage est vite re-utilise.

    Fady Challita

    10 h 04, le 23 novembre 2012

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