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Nos lecteurs ont la parole

Pour un Conseil national uni

Par Ronald BARAKAT
Dans l’optique ou la consolation qu’« à quelque chose malheur est bon », étant entendu par « malheur » les égarements qui ont accompagné et suivi les obsèques du génie sécuritaire, et non le malheur de sa disparition, en soi irréparable, il conviendra de se pencher sur ce coin d’ombre que les circonstances sont venues éclairer et que les assises de la Maison du Centre sont venues mettre au grand jour : le rapport énigmatique ou problématique entre les partis du 14 Mars et le secrétariat général du 14 Mars, cela outre les relations pas toujours harmonieuses entre les partis souverainistes.
S’il est en effet un avantage que l’on pourrait tirer de la dernière contre-performance du 14 Mars, ce serait de s’employer à jeter, une fois pour toutes, les balises d’une restructuration organique qui mettrait la constellation souverainiste des partis, des blocs parlementaires, des mouvements, des associations, des figures indépendantes, etc. sous un holding unificateur et directeur, et cela en remettant à flot et en perfectionnant l’idée d’un « Conseil national de la révolution du Cèdre », lancé à la fin mars 2012 par le secrétariat général du 14 Mars qui avait eu la sagesse et l’ambition de vouloir relier le leadership à la base par un canal à deux sens et un mécanisme d’accueil, d’écoute, de rétroaction et de suivi. Cette proposition d’impliquer davantage les militants, les indépendants et les forces vives de la société aurait eu pour bienfaits d’augmenter la proximité de la direction, et par conséquent son acceptabilité par un plus large public, d’entendre et de se faire entendre, d’informer et de s’informer, d’échanger et de s’enrichir, d’aménager à ce « parterre » auquel on n’a recours que pour remplir les places et les stades, et que l’on délaisse par la suite, une plate-forme où il aurait son mot à dire, et non seulement sa « voix » à donner.
Or la fin de non-recevoir flagrante opposée au projet de former un Conseil national par les partis du 14 Mars, ou du moins leur peu d’enthousiasme à cette idée réformatrice, accaparés qu’ils sont, tous sans exception, par le souci d’augmenter la visibilité de leur « moi institutionnel », la couche de leur électorat, le rayonnement de leur leader, ses chances de grossir son bloc parlementaire afin d’accéder au pouvoir, s’avère plus que regrettable et dommageable. D’autant plus que ce désintérêt (intéressé) s’effectue au détriment de l’intérêt général de la cause d’un 14 Mars uni et connecté à sa base, elle-même au service d’une cause plus élevée qui est celle d’un Liban libre et souverain, grâce à une coordination et unification maximales des forces libres et souverainistes.
Sur ce qui précède, il n’est plus nécessaire de creuser davantage pour extraire les raisons profondes de ce manque de coordination entre le secrétariat du 14 Mars et les partis affiliés sous son emblème, ni de chercher à expliquer l’absence de chimie entre ledit secrétariat et certains partis du 14 Mars, dont un en particulier. Parfois, malgré les tortuosités apparentes, les raisons sont plus simples, et relèvent plus de la science psychologique que de la science politique.
Toutefois, et en misant sur le sens patriotique des partis, sinon sur leur crainte de l’effet boomerang de leur « parti-centrisme » qui leur ferait perdre la faveur populaire, il y a tout lieu d’espérer et de souhaiter une prise ou reprise de conscience sur l’urgence d’une nomenclature homogénéisée qui regrouperait, en plus des représentants des partis et leurs blocs parlementaires ainsi que les figures notoires indépendantes mais non moins militantes, les principaux représentants des forces syndicales, socioéconomiques, médiatiques, intellectuelles, estudiantines engagées dans le même combat souverainiste, selon un critère rotatif de sélection. Cette nouvelle structure, chapeautée par une superstructure (un conseil d’administration) composée par les chefs des principaux partis et des indépendants populairement agréés, aura pour tâche et pour mérite de réintégrer dans le giron du 14 Mars les partis boudeurs, d’inclure tous les acteurs influents et opérants, après avoir résolu les dissensions et les aversions personnelles préjudiciables au mouvement du 14 Mars, de se doter d’une représentation exhaustive et normative, de sorte à ne pas faire de « laissés-pour-compte » qui réagiraient par des critiques émotives et subjectives et ne plus prêter flanc aux interrogations sur la présence ou l’absence d’untel et aux conjectures farfelues, déstabilisantes... et exploitables par l’adversaire.
Ce Conseil national élargi, initié par le secrétariat général du 14 Mars, et dont les prémisses ont été énoncées en mars dernier, préconise l’instauration d’une « structure d’accueil » destinée à interagir non seulement avec la base militante, mais avec les indépendants et l’opinion publique ouverte au dialogue, ce qui constitue sa plus importante valeur ajoutée par rapport à la structure précédente, hermétique, déconnectée de son assise, devenue désuète et à la remorque du printemps arabe qui a introduit une nouvelle dynamique, dont il convient de suivre le rythme, d’autant plus que ce sont le ras-le-bol et raz-de-marée du 14 mars 2005 qui ont servi de coup d’envoi exemplaire.
Grâce à cette structure représentative des différents publics du 14 Mars et garante de l’image civile, citoyenne, conviviale, plurielle, démocratique, indépendante de la révolution du Cèdre, et non partisane et sectaire, grâce à sa composition regroupant tous les partis souverainistes sans exception, ainsi que les proéminentes figures indépendantes et les acteurs sociaux affiliés, grâce à sa superstructure à décision bilatérale et consensuelle, grâce à ses canaux de communication ouverts tous azimuts et à son socle bien soudé à sa base militante, grâce à un programme d’action élaboré dans un cadre familial élargi, et non plus des plats spéciaux concoctés dans les différentes cuisines familiales, selon un menu « fait maison » et dans un esprit de « family business », grâce à un code d’éthique militante établi de sorte à faire primer l’intérêt du groupe et de la cause sur les ambitions et les intérêts personnels, grâce à des règles normatives sur les modalités de prise de décision et de vote... le mouvement du 14 Mars, renouvelé, rajeuni, ragaillardi, réorganisé,unifié, reprendra des ailes de l’ange et du poil de la bête.
Dans l’optique ou la consolation qu’« à quelque chose malheur est bon », étant entendu par « malheur » les égarements qui ont accompagné et suivi les obsèques du génie sécuritaire, et non le malheur de sa disparition, en soi irréparable, il conviendra de se pencher sur ce coin d’ombre que les circonstances sont venues éclairer et que les assises de la Maison du Centre sont venues mettre au grand jour : le rapport énigmatique ou problématique entre les partis du 14 Mars et le secrétariat général du 14 Mars, cela outre les relations pas toujours harmonieuses entre les partis souverainistes.S’il est en effet un avantage que l’on pourrait tirer de la dernière contre-performance du 14 Mars, ce serait de s’employer à jeter, une fois pour toutes, les balises d’une restructuration organique qui mettrait la...
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