Le Libanais
Le Libanais est jongleur, équilibriste, accueillant, convivial, tolérant, patient, anarchique, malin, multilingue, international (avant d’être national), intelligent, courageux, fort, ambitieux... Donc différent.
Comment pourrait-il en être autrement quand, depuis 1945, nous jonglons avec les guerres des uns et des autres, nous slalomons au milieu d’une myriade d’agressions internes et externes, nous survivons parmi une multitude de rites et religions, nous accueillons les réfugiés de tous les pays malheureux (ahlan !), les travailleurs des pays voisins et éloignés, de l’Ancien et du Nouveau Monde (ahlan !).
Nous tolérons tout le monde. Nous tolérons qu’on nous tue sans (trop) nous plaindre. Nous contournons les lois car nous sommes malins et que la loi, c’est nous, citoyens! Nous avons les ambitions des grands malgré l’exiguïté de notre pays, mais nous exportons généreusement des hommes superdoués dans tous les coins du monde. Nous avons le courage d’avoir fait face avec un stoïcisme acharné aux exactions, aux obus, aux bombes qui nous ont douloureusement marqués, la force d’oublier les heures passées dans les abris, la guerre qui nous a anéantis.
Nous sommes originaux car nous coupons les arbres, nous chantons quand on a envie de pleurer, nous dansons pour ne pas nous lamenter, nous trinquons pour croire encore à un idéal, nous bâtissons pour nous installer, nous accrocher avec rage à ce petit pays écorché et malmené, et nous le faisons la tête haute !
Le monde entier nous aime, nous aimons tout le monde.
Le Libanais est différent !
Alice TAMER
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Nous et la politique
Il nous est souvent rappelé que « si on ne s’occupe pas de la politique, la politique s’occupe de nous », dans le sens, comme le rappelle Amin Maalouf dans son livre Les Désorientés, que tout un chacun finit par être atteint par les remous de la politique. Les victimes de l’attentat d’Achrafieh l’ont tragiquement expérimenté le 19 octobre. Qu’y faire ? Se réfugier dans une île déserte? Une attitude responsable serait de participer au jeu, ou plutôt à l’enjeu. En démocratie, c’est par le vote que tout commence. Nous avons, dans quelques mois, des législatives : il faut exiger de chaque candidat un programme et la promesse de s’y conformer – des actes et non des slogans qui sonnent creux le plus souvent.
Dolly TALHAMÉ
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Florida vs Obama
Les républicains qui dirigent la Floride ont tout fait semble-t-il pour nuire au suffrage démocrate le 6 novembre. Il y a douze ans, souvenons-nous, c’était pareil (le frère de George W. Bush, de triste mémoire, dirigeait alors l’État).
Il est aberrant aux États-Unis que les élections fédérales (présidence, Sénat, Congrès) relèvent des États, qui, pour tout arranger, ont chacun leur système de votation propre, parfois abscons.
Barack Obama serait bien avisé de travailler à amender la Constitution sur ce chapitre. S’il se lance, une tâche herculéenne l’attend. Mais qui sait, dans deux ans, si les démocrates entrent en nombre suffisant à la Chambre des représentants, cela sera peut-être envisageable.
Sylvio Le BLANC
Montréal (Québec)


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