À voir il y a peu à la télévision tous ces jeunes armés de pierres attaquer le Sérail, on se demande à quelle époque nous vivons.
Le respect du bien public est indispensable. Il faut expliquer à notre jeunesse que ces institutions publiques sont en définitive le bien du peuple, et que tout ce qui est détruit aujourd’hui devra être reconstruit demain – une gageure avec un budget national qui arrive à peine à couvrir les frais immenses qui s’accumulent sans rentrées valables.
Le comble était de voir, parmi les drapeaux des partis libanais, flotter le drapeau syrien. Même si ces manifestants représentent les Syriens libres, montrer avec fierté ce drapeau devant les caméras est une preuve que parmi les manifestants, il y avait des espions à la solde du régime syrien. C’est pour une grande partie d’entre nous un spectacle à ne pas revoir sur nos écrans.
Qu’a donc fait notre pays pour qu’après une période de calme, on se retrouve toujours au bord d’une guerre civile ? N’avons-nous jamais la chance d’aspirer à une paix juste et durable, entre toutes les composantes de la nation ? J’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de Libanais qui sont dégoûtés de cette situation et qui pensent sérieusement reprendre le chemin de l’exil.
Nous demandons instamment à tous nos hommes politiques de calmer leurs ardeurs et celles de leurs partisans, et d’attendre des moments plus tranquilles pour exiger que leurs revendications soient satisfaites.
Et pour finir, comme le président Michel Sleiman l’a demandé dans son dernier discours, nous demandons au Tribunal spécial pour le Liban et au tribunal militaire d’accélérer l’examen des dossiers Hariri et Samaha afin de pointer du doigt les assassins, anciens et futurs, qui vivent tranquilles en étant sûrs de rester impunis.
Ce pays doit enfin connaître une situation normale pour permettre à ses habitants d’avoir quelque espoir en leur avenir.
Raymond NAHAS


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef