La nature constitue un «tout» pour tous. Elle a réparti ses avoirs et ses dons avec équité, avec désir de maintenir l’équilibre entre ses différentes composantes et rassembler ainsi les peuples autour de leurs intérêts communs, pour les vivre en partage. Et pour preuve.
Pourquoi ici l’eau, ailleurs la forêt, le climat, les mines, la mer? Là-bas... le paysage qui se différencie d’un espace à l’autre et inspire tant d’états d’âme, de poésie et de philosophie de vie, à la recherche du sens même de l’existence. Ce potentiel naturel se développe dans la diversité, qui évolue au rythme du temps... son allié.
La loi naturelle, de par son origine, est plus sensible aux exigences de l’être humain. Elle évolue en communion avec l’homme. Tandis que l’esprit et ce qu’il a engendré, tel que la science, les calculs, le sens et le goût de l’intérêt, ont soumis l’«ordre des choses» à la loi des deux poids et deux mesures... Un concept qui fait fi de l’équilibre de cette structure naturelle qui se protège de ses propres failles par une autodéfense souvent farouche et dévastatrice. Mais la nature se reconstitue avec les mêmes éléments, sous des aspects différents, que l’homme persiste à défigurer.
Ces richesses naturelles relèvent de l’originel. Elles sont le don absolu au patrimoine de l’humanité, lorsque l’humanité était... humaine.
Le morcellement de la planète en propriétés privées, avec des frontières définies, consacrées par les instances politiques et affairistes, est bien la cause du grand malentendu à l’adresse de la loi naturelle. La loi naturelle évolue dans l’optique de l’ensemble des choses en contradiction avec la fracture des ensembles.
Ce morcellement de la planète a ainsi consacré le droit de jouissance exclusive des biens de la terre à des parties bien déterminées au détriment d’une grande partie de l’humanité; celle-ci, à qui ces richesses naturelles sont destinées, en est exclue et est exploitée de surcroît, jusqu’à atteindre le stade de pauvreté et de déchéance humaine.
Je propose l’exemple du Brésil, parmi tant d’autres. Un pays immense et plein de ressources de différentes natures. Ces richesses se renouvellent à toutes les saisons et tout renaît dans l’abondance dont on ne sait que faire par manque de structure d’État à court et long terme. Le Brésil, un des pays les plus riches de la planète, connaît une pauvreté et une misère inégalées. De par sa structure naturelle, nourricière de tant de richesses, ce pays pourrait subvenir à une grande partie de la population mondiale.
Le fait d’accaparer ces richesses, sans pouvoir les exploiter, appauvrit, d’abord, ses propres possédants. Cet héritage naturel, aride de sensibilité humaine, doit s’acquitter du message auquel ces richesses sont destinées et dont la mission est de préserver la dignité de la personne et le respect à la vie.
Une nouvelle approche du problème de la pauvreté dans le monde devient une urgence. Il ne s’agit pas seulement d’une urgence humanitaire, mais bien d’un problème de conscience à l’échelle planétaire. C’est-à-dire être conscient du danger qui guette le monde à travers la pauvreté. Cette «cause» se traduit et s’exprime par la haine, la rancune, la violence et le crime organisé.
C’est une manière d’exister. Ce n’est pas un libre choix de vie, mais une conséquence, douloureuse et affligeante qui est en elle-même un blâme! Une sanction à l’encontre du monde qui se tient volontairement à distance, sans émotion et sans s’inquiéter du «pourquoi des choses».
C’est aussi un appel désespéré à la conscience universelle.
Une structure à l’échelle mondiale devrait voir le jour, elle aurait pour objectif principal de mettre à profit les richesses non encore exploitées dans le monde et à les repartir équitablement. Cet accord se ferait avec l’aval des pays possédants, par respect à la «propriété privée»; il y a des lois pour cela.
Contribuer ainsi à libérer l’humanité d’une menace justifiée et alléger les souffrances d’un grand nombre de la population mondiale, c’est penser le monde dans une vision de «communauté planétaire». Un hymne à la gloire de la nature et de son Créateur.
Cette structure aurait pour titre: droit à la «sur-vie» pour tous, et maintenant! Avant que la misère et la déchéance humaine ne perdent leur dernier souffle d’humanité, leur ultime défense face à une descente aux enfers inéluctable.
Demain, il sera trop tard.
Noha M. GEMAYEL INGEA

