Les partisans du CPL de la LAU, réunis avec le général Aoun il y a quelques jours, pour préparer la campagne électorale.
Au niveau de la loi électorale, la LAU se caractérise par un système de vote basé sur la devise « Un étudiant, un vote », mis en vigueur l’année dernière. Chaque étudiant ne peut en fait donner sa voix qu’à un seul et unique candidat, chose qui a suscité en 2011-2012 le mécontentement des partis politiques, qui y ont vu le souhait de l’université de restreindre leur force sur le terrain, mais qui s’y sont faits finalement. Après deux ans de défaites, le 14 Mars a pu marquer une victoire l’an dernier, une victoire favorisée entre autres par la nouvelle loi et par le retrait du Courant patriotique libre (CPL) à Byblos, pour diverses raisons. Le décompte total dans les deux campus donnait ainsi 16 places au conseil estudiantin pour les partis du 14 Mars, 10 places pour ceux du 8 Mars et 4 places pour les indépendants.
Deux campus
Au campus de Jbeil reconnu pour son allégeance traditionnelle aux Forces libanaises (FL), le CPL et ses alliés s’étaient donc retirés dans 4 des 5 facultés, sans toutefois déclarer forfait à Beyrouth. Au final, le 14 Mars avait remporté une large victoire avec 10 candidats contre 1 pour le 8 Mars et 4 indépendants. Cette année, la bataille électorale sera rude, même si les FL et leurs alliés sont donnés favoris. C’est ce qu’affirme le responsable CPL, Christian Hage, qui dit que « le CPL et ses alliés d’Amal et du Hezbollah essaient de diminuer la différence entre les deux parties comme chaque année ». « L’année dernière, nous avions des problèmes avec l’université. Avec les reports qui ont eu lieu, beaucoup de nos cadres étaient en voyage durant la période de l’élection. Nous avons préféré boycotter le jeu démocratique pour protester aussi contre la nouvelle loi électorale qui finalement ne s’est pas avérée tellement mauvaise », précise M. Hage.
À Beyrouth, la loi électorale et le boycottage des joumblattistes « par souci d’impartialité » avaient permis au 8 Mars de remporter 9 sièges uniquement au conseil étudiant en mars 2012, contre 6 pour le 14 Mars. Cette année, par contre, le Parti socialiste progressiste rejoint les rangs du 8 Mars, et devrait rendre les choses plus difficiles pour le courant du Futur et ses alliés. « Le PSP avait décidé de boycotter les élections l’an dernier mais ses partisans n’ont pas vraiment respecté cette décision et ont soutenu les candidats du 8 Mars. Ainsi, son ralliement au mouvement Amal ne nous gêne pas aujourd’hui », affirme Éric Saadé, responsable FL à la LAU de Beyrouth, qui tient à souligner le fait que « les étudiants de la LAU sont fatigués d’avoir à subir des élections ». Pour Mahdi el-Khansa (Hezbollah), « la victoire de l’an dernier assurée sans le PSP prouve que la totalité des 10 candidats du 8 Mars et du PSP remporteront aujourd’hui la bataille, alors que le 14 Mars ne pourra accéder qu’à 5 sièges du conseil ». Enfin, Élias Khalifé (CPL-Beyrouth) prédit une victoire certaine. « Les élections se déroulent tôt cette année, ce qui rend les choses plus difficiles car nous avons tous du mal à cerner les quelque 1 300 nouveaux étudiants, dit-il. Nous avons proposé aux candidats du 14 Mars d’occuper 5 places au conseil, mais ils ont refusé le compromis que nous voulions faire pour éviter les tensions électorales, surtout qu’une atmosphère de découragement prévaut à l’université. Ils perdront pourtant la bataille », a-t-il ajouté, précisant que « ce sont les chrétiens qui feront la différence et non pas le PSP ».
Ainsi, les étudiants sembleraient fatigués par la politique. L’ambiance à la LAU le montre, surtout que l’administration a interdit aux cadres des partis de distribuer des tracts ou de se vêtir de gilets qui portent leurs couleurs, durant la période des élections. Pour Paul Succar, candidat indépendant à Beyrouth, « la politique n’a plus de place ici ». « Le 8 Mars n’applique jamais le programme électoral qu’il présente, et le 14 Mars ne présente même pas de programme », dit-il, espérant que la loi électorale facilite l’accès des indépendants au conseil. Si la victoire du 14 Mars est presque certaine à Byblos, et celle du 8 Mars à Beyrouth, il faudra attendre les résultats ce soir pour connaître la répartition du conseil estudiantin et savoir entre le 8 et le 14, qui remportera le jeu cette année.


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08 h 58, le 09 novembre 2012