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À La Une - Exécutif

Liban : le cabinet insensible à la fronde sociale

C’est un énième échec du gouvernement à trouver les moyens de financer la hausse de l’échelle des salaires, pourtant unique dossier à l’ordre du jour. À défaut de répondre aux revendications des fonctionnaires et des instituteurs, c’est la nomination d’une commission en charge du secteur du pétrole qui a tenté de voler la vedette au dossier pourtant phare de la conjoncture socio-économique. Les syndicats sont catégoriques : la grève est maintenue dans la fonction publique et les écoles privées.

Les ministres réunis hier autour du président de la République Michel Sleiman à Baabda. Photo Dalati et Nohra

C’est une énième déception pour les salariés de la fonction publique et les instituteurs. Le financement de la grille des salaires est reporté à une date ultérieure. Trois semaines selon le communiqué du Conseil des ministres. Rappelons que la hausse de la grille des salaires avait été approuvée en Conseil des ministres début septembre, mais les discussions vont bon train quant aux moyens de financer cette hausse.

 

Tant pis pour les dizaines de milliers de salariés qui attendent une amélioration de leur niveau de vie, le Liban a désormais une commission du secteur pétrolier. En effet, à l’issue du Conseil des ministres, le ministère de l’Énergie et des Ressources hydrauliques a rendu publics les noms du conseil d’administration de la commission désormais en charge du dossier pétrolier. Il s’agit de Walid Nasr (grec-catholique), qui est nommé président de l’unité de la planification stratégique, Nasser Hoteit (chiite), qui obtient le poste de président de l’unité des affaires techniques, Wissam Chbat (maronite), qui présidera la section en charge des études géologiques et géophysiques, Wissam al-Thahbi (sunnite) sera en charge des affaires économiques et financières, Gaby Daaboul (orthodoxe) sera en charge du volet juridique et, enfin, Assem Abou Brahim (druze) qui obtient la présidence de l’unité chargée de la qualité, de la santé et de l’environnement. La commission du secteur pétrolier est nommée pour six ans renouvelables. La présidence sera assurée par rotation par les membres de la commission pour une période d’un an. C’est Assem Abou Brahim qui sera le premier président de la commission ; les autres suivront par ordre alphabétique. Le ministre des Finances Mohammad Safadi a désapprouvé la nomination du membre sunnite de la commission, expliquant que ces nominations n’étaient pas à l’ordre du jour.


Pour ce qui est de l’échelle des salaires, le ministre de l’Information Walid Daouk a souligné à l’issue de la réunion que les ministres s’étaient penchés sur la proposition du gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Riad Salamé qui a proposé d’échelonner la hausse sur cinq ans. Il a en outre tenu à préciser que le financement de la nouvelle grille des salaires doit auparavant prendre en considération bon nombre d’indicateurs socio-économiques, car une hausse appliquée de manière désordonnée risque d’avoir des conséquences néfastes sur les finances publiques. Appuyant l’avis de M. Salamé, le ministre des Finances Mohammad Safadi a souligné qu’il est moins grave pour l’État de faire face à un jour de grève qu’à un « effondrement de l’économie. » De son côté, le président de la République Michel Sleiman a souligné qu’il faut étudier le financement de la grille des salaires en profondeur, car il n’est pas sûr que cette hausse aura un impact positif sur le niveau de vie des ménages.

 

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