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Nos lecteurs ont la parole

Lettre à Soraya

Par Raymond NAHAS
Dans L’Orient-Le Jour du mercredi 31 octobre, tu as écrit un article qui m’a ému aux larmes et c’est de tout cœur que je t’adresse cesquelques mots pour te redonner espoir et courage en notre pays.
Tu as 22 ans, j’en ai 82. J’ai passé toute ma longue vie dans ce pays difficile, qui m’a donné tant de joies, et aussi tant de peines.
Chrétien de Ras-Beyrouth, j’ai connu des années extraordinaires avec des amis de toutes les races et de toutes les religions, et nos souvenirs sont impérissables. Durant la sale guerre de 1975, je me suis retrouvé souvent face à des mitraillettes et à des mafieux qui n’avaient qu’un seul but : mettre la main sur le plus d’argent possible.
Et pourtant, je crois au Liban uni et indivisible. J’y crois car, quand on adopte un pays, c’est avec ses vaches grasses et ses vaches maigres.
Soraya, il faut avoir confiance dans notre pays, ce « pays du lait et du miel » dont parle la Bible, il faut avoir confiance en une grande partie de Libanais qui font partie de la majorité silencieuse, qui pour le moment se taisent et espèrent en des lendemains meilleurs.
Soraya, je te veux confiante dans l’avenir de notre Liban, des jours meilleurs sont à nos portes. Le seul critère à retenir est celui-ci : continuer à être libres, libres de s’exprimer et d’écrire, libres de dire nos vérités même si cela fait mal. Notre pays a payé très cher la chance d’être le seul de la région (y compris Israël) où nous pouvons librement exprimer nos pensées. Ce qui en fait hélas, pour les dictatures qui nous entourent, un terrain magnifique pour vider leurs querelles.
Quelle fierté d’imaginer, alors que nous sommes l’un des plus petits pays du monde, de pouvoir dire, à l’occasion de nos voyages, que nous sommes libanais et de voir tous les peuples, les plus grands comme les plus petits, continuer à croire en notre « petit grand pays », objet de tant de jalousies et de convoitises. Nous sommes le pays de Charles Malek, de Gibran Khalil Gibran, de Carlos Slim, de Nicolas Hayek et de tant d’autres personnalités libanaises qui ont brillé de par le monde, par leur esprit et par leur cœur.
Le Liban ne pourra jamais mourir.
Dans L’Orient-Le Jour du mercredi 31 octobre, tu as écrit un article qui m’a ému aux larmes et c’est de tout cœur que je t’adresse cesquelques mots pour te redonner espoir et courage en notre pays. Tu as 22 ans, j’en ai 82. J’ai passé toute ma longue vie dans ce pays difficile, qui m’a donné tant de joies, et aussi tant de peines.Chrétien de Ras-Beyrouth, j’ai connu des années extraordinaires avec des amis de toutes les races et de toutes les religions, et nos souvenirs sont impérissables. Durant la sale guerre de 1975, je me suis retrouvé souvent face à des mitraillettes et à des mafieux qui n’avaient qu’un seul but : mettre la main sur le plus d’argent possible.Et pourtant, je crois au Liban uni et indivisible. J’y crois car, quand on adopte un pays, c’est avec ses vaches grasses et ses vaches...
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