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À La Une - Syrie

Les rebelles syriens multiplient les attaques contre l'armée de l'air

Réunion cruciale de l'opposition dimanche à Doha autour du CNS, pressé par Washington de surmonter ses divisions et d'élargir sa représentativité.

Un quartier détruit par les bombardements, le 31 octobre 2012, à Erbeen, près de Damas. REUTERS/Maawia Al-Naser/Shaam News Network/Handout

Les rebelles progressaient samedi en Syrie, prenant des positions des troupes du régime de Bachar el-Assad dans plusieurs régions du pays en proie à un conflit marqué par des exactions des deux parties, à la veille d'une réunion cruciale de l'opposition au Qatar.


Ainsi, des combattants rebelles, cherchant à ôter au régime la maîtrise du ciel, son principal atout, ont pris pendant quelques heures le contrôle de la base de défense aérienne de Douila et attaqué l'aéroport militaire de Taftanaz, dans la région d'Idleb (nord-ouest).


A Douila, les rebelles ont fait main basse sur le stock d'armement de la base, mais ils ont dû laisser des missiles trop lourds puis se retirer quand l'aviation a bombardé le site, selon des vidéos postées par les militants.
La rébellion a également progressé à Douma, dans la banlieue de Damas, prenant le contrôle de trois importants bâtiments tenus par l'armée, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).


Pour Thomas Pierret, maître de conférence à l'université d'Edimbourg et expert de la Syrie, "les avancées des rebelles dans le nord paraissent irréversibles".
"Depuis la prise de la ville stratégique de Maaret al-Noomane il y a trois semaines, le régime n'a fait que perdre du terrain dans la région et les forces que le régime conserve dans le nord sont totalement consacrées à la défense d'Alep", la grande métropole du nord en proie aux combats depuis trois mois.

 

En revanche, les progrès rebelles à Douma sont plus fragiles : "C'est une démonstration de force des rebelles, qui reprennent l'initiative et leurs gains soulignent également le manque d'effectifs dont souffre l'armée, incapable de tenir ses positions sur le moyen terme. Mais le régime garde à Damas suffisamment de troupes loyales, bien entraînées et bien équipées pour mener une nouvelle contre-offensive dévastatrice", estime M. Pierret.

 

Par ailleurs, l'armée israélienne a annoncé avoir déposé une plainte auprès de l'ONU après que trois chars syriens sont entrés samedi matin dans la zone démilitarisée entre les deux pays sur le plateau du Golan.
Une porte-parole militaire a précisé à l'AFP que l'incident s'était produit samedi matin, à une certaine distance des positions israéliennes sur le plateau. "Je ne sais pas à combien de kilomètres, mais pas très près de la frontière", a-t-elle dit.
Selon les médias israéliens, les chars sont entrés dans le village de Beer Ajam, au sud-est de Qouneitra, pour combattre des rebelles luttant contre le régime du président Assad.
Selon la radio publique israélienne, l'armée a élevé son niveau d'alerte après l'incident, mais la porte-parole militaire s'est refusée à commenter cette information.


Samedi, les violences ont fait au moins 168 morts - 66 civils, 54 soldats et 48 rebelles -, selon un bilan provisoire de l'OSDH, qui a recensé plus de 36.000 tués depuis mars 2011. Basé au Royaume-Uni, l'OSDH s'appuie sur un réseau de militants et de sources médicales dans les hôpitaux civils et militaires.

 

L'opposition réunie dimanche à Doha
Si la rébellion progresse sur le terrain, l'opposition peine à s'organiser. Dimanche, elle se réunit à Doha autour du Conseil national syrien (CNS) alors que Washington fait pression pour que cette coalition surmonte ses divisions et élargisse sa représentativité.


Pour préparer la réunion, une vingtaine d'opposants appartenant ou pas au CNS, dont des représentants des Kurdes, de la gauche et des Frères musulmans, se sont retrouvés jeudi à Amman, où ils ont proposé la création d'une nouvelle instance regroupant toutes les tendances politiques ainsi que la mise en place à terme d'un gouvernement en exil.


Cette instance devrait regrouper "les 14 membres du bureau exécutif du CNS, trois membres du Conseil national kurde, des représentants locaux civils et militaires, des figures historiques de l'opposition, et des dignitaires religieux", selon un porte-parole, Mohammed al-Otri.
"Il reste à déterminer si cet organe remplacera le CNS ou s'il constituera une nouvelle coalition", a noté M. Otri, porte-parole de Ryiad Hijab, un ancien Premier ministre syrien ayant fait défection.


Parallèlement, le quotidien gouvernemental syrien As-Saoura a exclu toute négociation avec le CNS, le qualifiant de regroupement "de mercenaires".

 

Les Etats-Unis ont pour leur part nié vendredi vouloir imposer leurs vues au CNS, comme l'en accuse la coalition.

 La porte-parole de la diplomatie américaine Victoria Nuland a rappelé que les Etats-Unis soutenaient le CNS "depuis plus d'un an". "Mais nous avons toujours été très clairs, en public et en privé, avec le CNS (...) sur le fait que nous pensons qu'il doit élargir sa représentation", a-t-elle ajouté.

"Il ne s'agit en aucun cas des Etats-Unis imposant leurs vues. Il s'agit des Etats-Unis et des autres amis de la Syrie soutenant les voix qui s'élèvent dans le pays pour dire que le CNS n'a pas utilisé l'année écoulée pour élargir sa représentation", a-t-elle ajouté: le Conseil "doit représenter toutes les couleurs et toutes les voix de Syrie".

 

Ces déclarations interviennent après la vive réaction du CNSaux propos de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton qui a appelé ce mouvement à s'élargir pour représenter "tous les Syriens". Le CNS, dans un communiqué, a condamné les projets "visant à passer au-dessus du Conseil ou à créer des instances le remplaçant", les qualifiant de "tentative de nuire à la révolution syrienne en semant les germes de la division".

 

 

"Voilà l'oreille d'un chien, on va leur donner une leçon"

Au lendemain du tollé international suscité par une vidéo montrant des rebelles achevant de sang-froid des soldats blessés, l'OSDH a diffusé des images montrant cette fois des combattants pro-régime découpant les oreilles de cadavres et tirant sur des prisonniers.


Selon l'OSDH, la première vidéo a été tournée en juillet dans la région de Lattaquié (nord-ouest). Elle montre un homme en treillis brandissant une oreille et un couteau en riant. "Voilà l'oreille d'un chien, on va leur donner une leçon", lance l'homme face à la caméra, faisant allusion aux rebelles.

Un peu plus loin, sept hommes aux corps très mutilés, apparemment morts, sont étendus sur le sol. Un homme en treillis s'approche d'un des cadavres et lui découpe l'oreille avec un couteau devant la caméra. "Fais pas ça, nous sommes (avec) le régime", dit un autre.


L'autre vidéo, tournée en février à Deraa (sud) selon l'OSDH, montre des individus, certains en civil et d'autres en treillis, achever à l'arme automatique des hommes qu'ils présentent comme des rebelles.

 

 

Enfin, à Damas, l'avocat Anouar Bounni, directeur du Centre syrien pour les études et la recherche en droit, s'est dit samedi très inquiet pour la santé de son collègue Khalil Maatouq, arrêté il y a un mois, et des amis de l'écrivain Daher Ayta, critique envers le régime, ont annoncé qu'il avait été interpellé jeudi.

 

 

 

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Ainsi, des combattants rebelles, cherchant à ôter au régime la maîtrise du ciel, son principal atout, ont pris pendant quelques heures le contrôle de la base de défense aérienne de Douila et attaqué l'aéroport militaire de Taftanaz, dans la région d'Idleb (nord-ouest).
A Douila, les rebelles ont fait main basse sur le stock d'armement de la base, mais ils ont dû laisser des missiles trop lourds puis se retirer quand l'aviation a bombardé le site, selon des vidéos postées par les militants.La rébellion a également progressé à Douma, dans la banlieue de...
commentaires (3)

Où était-elle cette "ARMÉE de L'AIR" au temps du GOLAN.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

13 h 44, le 03 novembre 2012

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Commentaires (3)

  • Où était-elle cette "ARMÉE de L'AIR" au temps du GOLAN.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 44, le 03 novembre 2012

  • Toutes les voix de Syrie ? Ils sont vingt huit millions mais ils font le double en voix, car chaque Syrien a deux vois différentes... Tout comme chez nous au Liban... exepté Joumblatt qui a plusieurs voix ! Du Moyen-Oriental, quoi !

    SAKR LEBNAN

    09 h 40, le 03 novembre 2012

  • Revirement diplomatique des Etats-Unis pour une guerre civile syrienne qui semble longue . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    08 h 58, le 03 novembre 2012

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