Surface a un écran plus grand que les tablettes déjà sur le marché, et s’avère un hybride entre tablette et ordinateur quand on y ajoute une couverture spéciale, incorporant un clavier.
Surface est, du propre aveu du groupe, une vitrine pour la nouvelle version du système d’exploitation Windows 8.
La plupart des analystes jugent les ventes de Surface difficiles à prévoir, mais l’appareil a réussi à susciter l’intérêt. Sur son site Internet, Microsoft annonce des délais de livraison de trois semaines, signe potentiel d’une demande importante.
«C’est une approche différente, et beaucoup dépendra des consommateurs qui essayeront l’appareil et verront s’il fonctionne pour eux», analyse Michael Gartenberg, du cabinet Gartner.
Microsoft a multiplié les allusions à l’iPad lors du lancement de sa tablette, la vendant d’ailleurs au même prix de base aux États-Unis. Surface a un écran plus grand que les tablettes déjà sur le marché et s’avère un hybride entre tablette et ordinateur quand on y ajoute une couverture spéciale, incorporant un clavier.
L’accessoire est «cher», mais «un bon additif qui fonctionne bien et rapproche la tablette d’un substitut à l’ordinateur portable», jugeait Bank of America Merrill Lynch dans une note. Ses analystes se disaient «impressionnés par l’apparence, la sensation et l’usage de Surface», vantant la qualité de l’écran ou les ports permettant de connecter d’autres appareils ou d’insérer des cartes mémoires.
Plus sceptique, Douglas McIntyre, du site d’analyse 247Wallst.com, n’attend pas un énorme succès, car « Microsoft arrive tard sur le marché des tablettes et Windows n’a pas été beaucoup adopté sur les appareils mobiles».
«Mais même un succès modeste pour Surface serait une indication que le groupe de Redmond est capable d’aller dans le mobile», juge-t-il.
Apple a lui-même ouvert vendredi dernier les précommandes pour l’iPad mini, qui semble susciter une demande importante: les boutiques en ligne de la firme à la pomme ont commencé à allonger leurs délais de livraison à deux semaines, soit huit jours d’attente de plus que pour l’acheter en magasins.
Mais l’iPad mini est un geste défensif, pour contrer des rivaux comme Amazon et Google, qui séduisent de plus en plus avec leurs tablettes meilleur marché. Apple a reconnu avoir rogné sur ses marges pour en baisser le prix, même s’il reste plus élevé que ceux des petites tablettes
concurrentes.
Ses derniers résultats financiers montraient aussi une croissance moins insolente que prévu. Les ventes d’iPad ont baissé plus qu’attendu par certains analystes, à 14 millions d’unités au troisième trimestre, contre 17 millions au deuxième.
La demande pour les produits Apple pourrait continuer de faiblir, à cause de la concurrence mais aussi parce que le marché commence à saturer. «Apple n’en est pas encore là, mais à un moment cela va arriver, étant donné qu’il n’a pas une base de consommateurs infinie, en particulier à cause de ses prix élevés», souligne Douglas McIntyre.
Il estime même que «Microsoft est peut-être sorti de l’ombre d’Apple» en laissant envisager avec Windows 8 son retour sur le devant de la scène technologique, où son étoile a pâli en même temps que celle du PC.

