Rechercher
Rechercher

Agenda

Amal Naccache a tourné la page...

L’Orient-Le Jour

 

« Comment dire un homme qui fut votre père ? » écrivait-elle dans une admirable préface à Un rêve libanais, sélection d’articles publiés entre 1943 et 1972 par le fondateur de L’Orient. « Comment dire une personne dont le père fut Georges Naccache? » pourrait-on écrire aujourd’hui que vient de disparaître Amal Naccache.
La photo la représentant – elle avait 13 ans – trônait sur un coin de la table de travail paternelle – Ah ! Ce bureau en osier de l’immeuble de la rue Trablos... –, et dans les conseils de rédaction, les journalistes avaient droit parfois, au détour d’une discussion, à ce jugement plutôt inattendu sur un sujet de l’heure : « Amal pense que... » C’est qu’elle était déjà présente en esprit avant de débarquer dans les locaux du journal. Lors de la bataille de Majdaloun, en avril 1969, elle obtenait du maître un commentaire incisif sur l’interdiction par les autorités de la pièce mise en scène par Roger Assaf. Extrait : « Le débat est engagé depuis hier entre un État qui, visiblement, se défait (et ne veut pas le savoir) et un jeune Liban qui ne sait pas encore comment se faire. » Cette phrase d’une actualité combien brûlante en ces jours de tous les doutes sur l’avenir, elle en fut l’inspiratrice, quelque temps avant son départ pour Paris où elle avait été appelée à diriger un hebdomadaire.
Des années plus tard, Amal Naccache allait, après une longue rupture, reprendre la plume pour tenir dans L’Orient-Le Jour une rubrique à l’intitulé douloureusement nostalgique : « Sépia ». Suivirent les années de silence, prélude à une « entrée en retraite » à laquelle la mort vient de mettre fin.
Il lui arrivait, au détour d’une conversation, de citer ce vers d’un ami de la famille, le poète Georges Seferis, Prix Nobel de littérature : « De quoi peut se souvenir une flamme ? » Si quelqu’un, à cette interrogation, pouvait fournir un semblant de réponse...

L’Orient-Le Jour
 
« Comment dire un homme qui fut votre père ? » écrivait-elle dans une admirable préface à Un rêve libanais, sélection d’articles publiés entre 1943 et 1972 par le fondateur de L’Orient. « Comment dire une personne dont le père fut Georges Naccache? » pourrait-on écrire aujourd’hui que vient de disparaître Amal Naccache.La photo la représentant – elle avait 13 ans – trônait sur un coin de la table de travail paternelle – Ah ! Ce bureau en osier de l’immeuble de la rue Trablos... –, et dans les conseils de rédaction, les journalistes avaient droit parfois, au détour d’une discussion, à ce jugement plutôt inattendu sur un sujet de l’heure : « Amal pense que... » C’est qu’elle était déjà présente en esprit avant de débarquer dans les locaux du journal. Lors de la...