L’écrivaine mauricienne Nathacha Appanah lors de la cérémonie de remise du prix Femina pour son roman « La nuit au cœur » au musée Carnavalet à Paris, le 3 novembre 2025. Thibaud Moritz/AFP
Le roman La nuit au cœur de Nathacha Appanah (éditions Gallimard) a été désigné lauréat du Choix Goncourt de l’Orient, pour sa 14e édition. Remportant au deuxième tour de scrutin 16 voix sur 32, l’autrice signe une œuvre à la fois intime et politique qui entremêle les trajectoires de trois femmes, dont elle-même, confrontées à des violences conjugales. À travers ce récit puissant, elle interroge les mécanismes de domination masculine et les silences qui les entourent.
Cette distinction a été attribuée par les étudiants participant au Choix Goncourt de l’Orient, prix littéraire régional organisé par l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) au Moyen-Orient, en partenariat avec l’Académie Goncourt et les Instituts français du Liban, d’Égypte, d’Irak, de Jordanie et de Jérusalem (Palestine). Pour cette 14e édition, 32 jurys d’étudiants issus de 25 universités membres de l’AUF réparties dans dix pays de la région, dont le Liban, ont lu, analysé et débattu des romans de la deuxième sélection du prestigieux prix Goncourt. Après plusieurs semaines d’échanges et de préparation sous la direction de la présidente du jury, la romancière Salma Kojok, ils se sont réunis, le 1er juin, en ligne, pour une délibération à huis clos, afin de désigner leur lauréat.
La proclamation des résultats s’est déroulée en présence de Philippe Claudel, président de l’Académie Goncourt, qui a souligné la reconnaissance de l’Académie pour les efforts déployés dans cette édition, « dans ce moment de tragédie que traverse le Moyen-Orient ». Il a également rappelé l’importance de placer la parole et les mots au cœur de l’humain, et de continuer à tisser des liens à travers la littérature, avant de saluer le choix des étudiants.
De son côté, le directeur régional de l’AUF Moyen-Orient, Jean-Noël Baléo, a souligné que malgré le contexte d’accablement et de guerre qui frappe la région du Moyen-Orient depuis de longs mois, le Choix Goncourt de l’Orient avait plus ou moins tenu bon, son organisation ayant été maintenue cette année encore.
Comme d’accoutumée, le lauréat verra son roman traduit en arabe avec le soutien de l’Institut français du Liban, et les activités qui accompagnent la désignation du prix se prolongeront tout au long de l’année 2026.


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