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Économie - Polémique

Irak : le Premier ministre vise la mainmise sur la Banque centrale

Avec la suspension du gouverneur de la Banque centrale, le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, tente de renforcer sa mainmise sur les institutions-clés du pays, estiment des experts.

Le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, exerce par procuration un contrôle direct sur la Banque centrale, le ministère de la Défense et le ministère de l’Intérieur, relève un expert. Kirill Kudryavtsev/Pool/AFP

Le gouverneur de la Banque centrale irakienne (BCI), Sinane al-Chabibi, a été suspendu le 16 octobre par l’organisme officiel de lutte contre la corruption. Des mandats d’arrêt ont été émis contre lui ainsi que d’autres dirigeants de la banque, dans le cadre d’une enquête sur de possibles manipulations de la valeur du dinar irakien par rapport au dollar.
Ces décisions font suite à d’autres qui ont été dénoncées par M. Chabibi comme une volonté du Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, de fragiliser l’indépendance de la Banque centrale. En juillet, la Cour suprême irakienne avait ainsi placé l’institution sous la tutelle du gouvernement, plutôt que du Parlement.
C’est « une nouvelle étape vers un contrôle extrêmement centralisé », a estimé Crispin Hawes, directeur du service Moyen-Orient au sein d’Eurasia Group, institut spécialisé dans le risque pays. M. Maliki « exerce par procuration un contrôle direct sur la Banque centrale, le ministère de la Défense et le ministère de l’Intérieur – soit les institutions-clés d’un État au Moyen-Orient », a-t-il ajouté, en référence au fait que les deux ministres sont considérés comme des alliés de M. Maliki.
Mis en cause, M. Chabibi, un économiste de 70 ans qui a passé deux décennies au sein de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) et qui gouvernait la BCI depuis 2003, a néanmoins été décrit par des analystes et diplomates comme un technocrate compétent qui s’est battu pour préserver l’indépendance de la Banque centrale. Le gouvernement irakien a malgré tout décidé mardi dernier de le remplacer par Abdelbasset Turki, chef du Comité supérieur de contrôle, après qu’un rapport parlementaire a pointé du doigt M. Chabibi et d’autres dirigeants de la banque pour des manipulations du cours du dinar, selon le porte-parole de M. Maliki, Ali Moussaoui.
« Je ne pense pas que les accusations soient véridiques, car M. Chabibi est un économiste de renom, qui a une bonne réputation », souligne Abdoulrahmane Machhadani, responsable du département d’économie à l’université Moustansariyah à Bagdad.
« Il y a peut être de la corruption à la Banque centrale, mais elle reste limitée », estime-t-il.
Avant de démettre M. Chabibi, le Premier ministre avait tenté – en vain – de limoger l’ancien chef de la commission électorale et de faire adopter des réformes considérées comme favorables pour son parti, le Dawa.
« Le gouvernement de Maliki va faire valoir que cela (la suspension de M. Chabibi) fait partie d’un effort de longue haleine pour éradiquer la corruption », avance Joost Hiltermann, sous-directeur du service Moyen-Orient de l’International Crisis Group, basé à Bruxelles. « Mais cela ressemble plus à un effort pour prendre le contrôle d’institutions indépendantes », souligne-t-il. « Le problème, c’est que même si certaines accusations contiennent des éléments de vérité (...) il n’est pas possible d’en avoir le cœur net car le système judiciaire irakien est complètement faussé », déplore-t-il.
(Source : AFP)
Le gouverneur de la Banque centrale irakienne (BCI), Sinane al-Chabibi, a été suspendu le 16 octobre par l’organisme officiel de lutte contre la corruption. Des mandats d’arrêt ont été émis contre lui ainsi que d’autres dirigeants de la banque, dans le cadre d’une enquête sur de possibles manipulations de la valeur du dinar irakien par rapport au dollar.Ces décisions font suite à d’autres qui ont été dénoncées par M. Chabibi comme une volonté du Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, de fragiliser l’indépendance de la Banque centrale. En juillet, la Cour suprême irakienne avait ainsi placé l’institution sous la tutelle du gouvernement, plutôt que du Parlement.C’est « une nouvelle étape vers un contrôle extrêmement centralisé », a estimé Crispin Hawes, directeur du service Moyen-Orient au...
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