Le simple citoyen est en droit de se demander pourquoi, plusieurs fois député et ministre, faisant partie de la classe politique traditionnelle de notre pays, vous n’avez éprouvé que maintenant le besoin de réclamer des masques pour supporter les odeurs de corruption et de magouilles pestilentielles émanant, dites-vous, des ministres et, notamment, les plus proches de l’ancien Premier ministre et actuel député du Kesrouan Michel Aoun.
Les Libanais en ont assez d’entendre ces polémiques et attaques au vitriol.
Depuis les accords de Taëf, plusieurs gouvernements se sont succédé et, sur une période de plus de vingt ans, sans que l’on réussisse à rebâtir l’État, rongé par la corruption. La dette publique, qui était à la fin du mandat du président Amine Gemayel inférieure à 2 milliards de dollars, atteint des sommets insupportables pour notre pays sans que nous n’ayons en contrepartie le minimum possible pour survivre, à savoir l’eau et l’électricité, pour n’en citer que deux.
Ces «masques» que vous réclamez, il fallait y penser plus tôt et bien avant que Michel Aoun ne revienne de son exil et que son parti ne fasse son entrée au second gouvernement Siniora, les dégâts étant déjà considérables...
Plutôt que des « masques », n’avez-vous rien de mieux à proposer aux Libanais ?
D’un homme connu pour son intégrité, jouissant d’une indiscutable popularité et ayant aspiré plusieurs fois aux plus hautes fonctions de l’État, les Libanais attendent un discours d’ouverture qui prône le rapprochement entre toutes les composantes de notre pays.
Souvenez-vous que les aounistes n’étaient pas présents à la manifestation du 8 Mars et que, entre le 14 mars 1989 et le 14 mars 2005, il existe deux dénominateurs communs : le premier est le slogan « souveraineté, liberté, indépendance » et le second est le fait que les partisans du CPL étaient en masse à vos côtés, précisément un certain 14 mars 2005 !
Respectueusement.
Robert M. WARDÉ


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