Le Conseil des ministres reprendra le débat le 31 octobre. Photo Dalati et Nohra
Officiellement, cette période se justifie, selon les explications du ministre de l’Information, Walid Daouk, par le fait que son collègue des Finances, Mohammad Safadi, a été chargé de vérifier que certaines nouvelles charges fiscales prévues ne contredisent pas d’autres textes de loi.
Mais M. Daouk a quand même confirmé, en réponse à une question de la presse, l’existence de divergences de vues ministérielles au sujet des nouvelles taxes, comme celles imposées à la régularisation des contraventions à la loi sur le bâtiment.
En d’autres termes, côté grille des salaires, le gouvernement continue de faire du surplace et d’essayer de gagner du temps là où le temps presse, les syndicats étant déterminés à recourir à l’escalade pour obtenir satisfaction.
Ce que le ministre de l’Information n’a pas dit, mais qui ressort des débats engagés en Conseil des ministres sur le sujet, c’est que ce surplace est voulu. Le gouvernement craint toujours une mesure qui risque de porter un coup fatal à la stabilité financière du pays.
Non seulement les majorations prévues sont trop lourdes pour le Trésor, mais les sources de financement envisagées risquent de ne pas couvrir l’ensemble des dépenses que l’État aura à engager pour payer ses fonctionnaires, si l’on tient compte de l’impact des nouvelles augmentations attendues sur les salaires de retraite. Et c’est au niveau de ce dernier point que se trouvent, selon des sources ministérielles, les raisons des atermoiements de l’équipe Mikati. Cette dernière craint que les salaires de retraite ne se transforment, sur base des barèmes proposés, en une bombe à retardement qu’elle ne sera pas en mesure de désamorcer et qui aura pour effet d’accentuer les difficultés financières de l’État.
Voitures et alcool
Mais deux questions se posent dans ce cadre : si le gouvernement est tellement soucieux de l’état des finances publiques et s’il craint à ce point les effets de la nouvelle échelle des salaires sur la stabilité financière, pourquoi s’obstine-t-il à vouloir augmenter les présidents, les ministres, les députés et tous les officiels de la République au même titre que les fonctionnaires ? Et pourquoi n’associe-t-il pas la mise en place d’une nouvelle grille des salaires à un plan de réforme administrative ?
Quoi qu’il en soit, en dépit des craintes exprimées çà et là à cet égard, dans les milieux du chef du gouvernement on se disait satisfaits de l’évolution des débats en Conseil des ministres, en assurant que « tout est sous contrôle ». Selon les mêmes sources, le gouvernement essaie de « chercher des sources de financement de manière scientifique, sans tenir compte des pressions exercées sur lui, car son souci premier reste le maintien de la stabilité financière ».
La réunion d’hier n’a finalement été qu’une pâle copie de toutes celles qui l’ont précédée et au cours desquelles il n’a pas été possible de parvenir à un accord sur ce dossier.
Selon le ministre de l’Information, le Conseil des ministres s’est entendu hier sur 90 % de la liste des taxes proposées pour financer les salaires dans le public. De source ministérielle, on a ajouté que les débats ont aussi porté sur les rentrées de chaque taxe ou impôt suggéré.
Une entente s’est dégagée autour de quelques surtaxes : 15 % au lieu de 10 % sur les voitures importées, 7 % au lieu de 5 % sur les dépôts bancaires, 5 % sur chaque bouteille d’alcool (qui drainera près de 50 milliards de livres par an à l’État), en même temps que d’autres surtaxes qui toucheront les timbres fiscaux sur les permis de construction, les taxes perçues par les notaires pour le compte du Trésor. Toutes doivent, selon le ministre de l’Information, drainer quelque 2 125 milliards de livres au Trésor.
Les taxes prévues sur les recettes des écoles à but lucratif ne seront appliquées qu’en 2014, selon des sources ministérielles. Une mesure qui reste très contestée quand on connaît l’état du secteur de l’enseignement public et les difficultés auxquelles les parents sont confrontés chaque année, du fait de la cherté de vie, pour assurer un enseignement de qualité à leurs enfants.
De même source, on indique que si le gouvernement n’a pas relevé les taxes sur le tabac, c’est parce qu’il est apparu que celles-ci ne nécessitent pas une loi et que le ministre concerné peut à tout moment la modifier à la hausse par décret.
Des pressions
Pour en revenir aux résolutions officielles, M. Daouk a déploré la grève décrétée par le Comité de coordination syndicale, soulignant que le gouvernement « ne peut pas travailler sous la pression ». « Nous œuvrons dans l’intérêt des générations montantes. Nous devons ainsi faire preuve de pondération et examiner en profondeur ce dossier pour préserver la stabilité financière et économique. Le Conseil des ministres ne peut pas se réunir sous la pression des grèves. L’échelle des salaires a été approuvée. Ses sources de financement l’ont été aussi en principe. Nous ne faisons que rédiger la formule finale », a poursuivi le ministre, précisant que certains points « nécessitent un examen approfondi ».
En réponse à une question, M. Daouk a reconnu que le gouvernement étudie en même temps les sources de financement des nouveaux salaires et les recettes prévues pour 2013.
À peine le Conseil des ministres terminé, que le Comité de coordination syndicale confirmait l’ordre de grève donné pour aujourd’hui, en demandant aux parents de ne pas envoyer leurs enfants à l’école et aux contribuables de s’abstenir de se rendre dans les administrations ou les municipalités pour leurs formalités parce que ces administrations seront en grève.
Une deuxième grève de deux jours ainsi que des sit-in sont également prévus après la fête de l’Adha, a annoncé Hanna Gharib, président du Comité de coordination syndicale.
La Ligue des fonctionnaires des administrations publiques a fait paraître un communiqué dans lequel elle a dénoncé « les tergiversations du gouvernement » et confirmé l’ordre de grève pour aujourd’hui, au moment où le président du syndicat des enseignants, Nehmé Mahfouz, rejetait l’imposition de nouvelles taxes pour financer la grille des salaires.


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Ecoles privées et publiques, ainsi que les administrations de l’État ont tort . On ne combat pas l 'inflation par l 'inflation car pour toute augmentatiion il ya un prix fort en taxes diverses à payer . Antoine Sabbagha
08 h 30, le 18 octobre 2012