Paysage enneigé à Faqra. Photos Michel Sayegh
Elle était son violon d’Ingres, mais la photographie est devenue sa profession, sa passion à plein temps. Ou du moins lorsqu’il ne dirige pas sa boîte de publicité et de graphisme établie en 2003 à Zahlé, après des études en marketing stratégique et commerce international à Lyon.
Clément Tannouri expose aujourd’hui ses clichés grand format à la villa Audi, à l’invitation de la fondation éponyme, sise quartier Sursock.
À mi-chemin entre terre et ciel, entre création et éternité, il règne sur ces paysages de cartes postales une quiétude et un silence hors du temps et de la réalité. De Harissa à Ouyoun Erghoch, de Wadi Janna au port de Beyrouth, de Maasser Beiteddine à l’île des Palmiers, des piscines d’Eddé Sands aux chalets de Faqra (sans doute le photographe a-t-il voulu ici mettre en parallèle les beautés de la création divine face à celles imaginées par l’homme).
Tannouri, qui aime à se définir comme «chasseur d’instants», possède à son actif trois beaux livres chantant la beauté de son pays natal: Cèdre du Liban : promesse d’éternité, avec Lara Hanna Debs et Pascale Choueiri Saad; Liban: mémoires d’un instant et Lebanon, Box of Moments. Il y propose à chaque fois, sous un angle différent, un autre visage du pays du Cèdre, un visage serein et épanoui.
Le Liban de Clément Tannouri? Il ressemble beaucoup à celui que Gibran Khalil Gibran chantait dans son fameux Vous avez votre Liban, j’ai le mien. Allez, ne résistons pas à l’envie de citer un extrait de cette prose immortelle:
«Votre Liban est un nœud politique que les années tentent de défaire. Mon Liban est fait de collines qui s’élèvent avec prestance et magnificence vers le ciel azuré.
Votre Liban est un problème international tiraillé par les ombres de la nuit. Mon Liban est fait de vallées silencieuses et mystérieuses dont les versants recueillent le son des carillons et le frisson des ruisseaux.
Votre Liban est un champ clos où se débattent des hommes venus de l’Ouest et d’autres du Sud. Mon Liban est une prière ailée qui volette le matin, lorsque les bergers mènent leurs troupeaux au pâturage, et qui s’envole le soir, quand les paysans reviennent de leurs champs et de leurs vignes...»
Et, à l’instar des Enfants du Liban de Gibran, Clément Tannouri pourra dire qu’il a représenté «la force des rocs du Liban, la noblesse de ses hauteurs, le cristal de ses eaux ou la fragrance de son air» et qu’il s’est «avancé d’un pas ferme vers la vérité, la beauté et la plénitude».
*Jusqu’au 15 novembre, du lundi au vendredi de 10h00 à 18h00, salle d’exposition de la villa Audi, quartier Saint-Nicolas, Achrafieh.

