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Sous la douche...

Exposition L’Institut culturel français accueille, jusqu’au 27 octobre, l’exposition de Rima Maroun : « Éther ».
16/10/2012
C’est «l’automne des jeunes photographes», dit-on à l’Institut français du Liban. On met à l’honneur de jeunes talents dans un espace d’exposition loin d’être colossal, certes, mais d’un confort certain, qui présente une dizaine d’œuvres baignées du blanc cristallin d’un éclairage savamment dosé.
C’est dans ce cadre justement immaculé que sont accrochées les photos de salles de bains prises par Rima Maroun. L’artiste libanaise de 29 ans profite de son retour au pays pour nous faire partager le fruit de son travail à la Cité internationale des arts de Paris, qui est avant tout le fruit d’une obsession: «Le besoin de photographier des personnes dans leur salle de bains.»
Le concept, surprenant sur papier, étonne encore davantage une fois face à l’œuvre: il s’agit de photos embuées de corps indistincts, de mouvements confus que l’on doit deviner, de lumières chatoyantes et de couleurs pastel.
D’une grande cohérence, l’ensemble construit un univers de lignes droites tracées par les carreaux, les baignoires et autres éléments, entrecoupées des formes sveltes, toniques ou parfois plus rondes des différents modèles.
L’artiste capte la respiration des corps l’espace d’un bref instant d’inattention d’une intimité inviolable. Dans ce monde flou et calme, suspendu au-dessus des soucis du monde extérieur, on oublie la réalité endolorie, les corps sont nus ou presque et répondent aux rituels quotidiens de l’hygiène avec l’esprit léger.
Il y a bel et bien quelque chose de «spirituel et religieux» dans cette activité anodine, tant elle est ritualisée, tant elle requiert un état d’esprit unique, le calme d’un matin bercé par la lumière naissante d’un soleil s’invitant à l’exercice par la fenêtre béante. Entre Paris, Tunis et Beyrouth, l’ensemble des photos présente aussi quelques prises dans des hammams, où l’ambiance, moins personnelle, n’en est pas moins liée à cet état d’esprit où seul le corps importe, seuls les sens sont en éveil, les neurones ralentissent à la cadence des respirations profondes d’un air saturé d’eau.
Sensualité pure, dénuée de toute sexualité, ou même de toute séduction, qui ne souhaite que plaire à l’œil et reposer l’esprit, transmettre cette tranquillité de l’âme unique.
Les images, encadrées avec sobriété, ont quelque chose d’impressionniste, une relation à la peinture «qui s’est imposée à moi», avoue Rima Maroun, par la simple constatation d’une sensation pastel et de contours indécis, qui forcent à l’imagination.
Quatre ans après avoir remporté le prix de la Fondation Anna Lindh pour «Murmures...», une série de photographies d’enfants de la guerre mis face au mur, Rima Maroun convainc donc à nouveau son public. Impliquée dans la danse et dans un collectif, Kahraba, la photographe de formation prouve sa polyvalence, mais rappelle aussi à sa première activité et cela avec une certaine réussite.

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