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Nos lecteurs ont la parole

Jésus marié ?

Par Marie-Thérèse NAJJAR
Le débat séculaire sur le mariage de Jésus revient périodiquement, remis sur le devant de la scène tantôt suite à la publication d’un roman ésotérique à caractère polémique, tantôt suite à la découverte de documents « historiques » qu’on se hâte de considérer comme preuves. La dernière en date atteint un sommet de naïveté, l’information ayant été relayée machinalement par l’ensemble des médias sans que nul ne s’attarde vraiment sur sa crédibilité.
Reprenons les faits : un « éminent » professeur de Harvard a annoncé au cours d’une conférence la découverte d’un papyrus copte datant des premiers siècles, mentionnant les mots : « Jésus leur a dit : ma femme. » Pas un mot de plus. D’ailleurs, il n’en fallait pas plus pour relancer ce débat qui n’en finit pas d’enflammer les médias. Mais quelle est la réelle valeur historique du contenu de ce document ? Que des experts se penchent pour prouver l’authenticité de ce papyrus « de couleur jaune brunâtre » est tout à fait appréciable. Mais cela n’avance en rien par rapport à la validité de ce qui y est écrit. En l’absence de toute information sur l’auteur de ces lignes et sur les circonstances de cet écrit, le contenu de cette découverte n’a tout simplement aucune valeur historique. Ce serait comme si, dans deux mille ans, un archéologue trouve au fond d’une cave un bout de papier griffonné où il arrive à déchiffrer : « Napoléon n’est pas corse. » Quelle serait la valeur historique de cette information ? Que le papier soit considéré comme authentiquement millénaire n’est en aucun cas contesté, mais que son contenu soit pris comme base pour lancer des débats interminables serait faire preuve d’un simplisme affligeant.
D’ailleurs, on se demande pourquoi le débat sur le mariage de Jésus passionne autant pour qu’il soit régulièrement remis au goût du jour ? Si la tradition et la grande majorité des documents historiques – non seulement de sources chrétiennes – présentent Jésus comme étant célibataire pourquoi s’ingénue-t-on à essayer de prouver le contraire ? D’ailleurs, quelle honte y aurait-il eu à ce qu’il soit marié si tel était le cas ? Si Jésus avait été marié, pourquoi les premiers disciples l’auraient-ils nié ? Être marié n’a rien de choquant, surtout à l’époque où les prophètes et les rois étaient au contraire connus pour l’être et pour avoir une progéniture nombreuse. Certains avaient même plusieurs épouses et maîtresses (le roi Salomon, David, Abraham...) et cela n’a jamais rien enlevé à leur gloire. Pourquoi donc avoir caché cela uniquement dans le cas de Jésus si celui-ci avait effectivement été marié ?
Par ailleurs, il est important de rappeler que la mission de Jésus était elle-même incompatible avec l’idée de se marier et de fonder un foyer. Si Jésus demande à ses disciples de quitter leur famille pour le suivre (Luc 18.29 – Marc 10.29), comment pouvait-il en être autrement pour lui-même ? En effet, la mission de Jésus nécessite un détachement total de tout lien familial. De même, sa notion d’amour universel pouvait-elle être compatible avec un amour conjugal nécessairement restrictif ?
De toute façon, ce faux débat ne saurait détourner l’humanité de l’essentiel du message de Jésus, celui de construire un monde basé sur la seule loi de l’amour et de la fraternité.
Le débat séculaire sur le mariage de Jésus revient périodiquement, remis sur le devant de la scène tantôt suite à la publication d’un roman ésotérique à caractère polémique, tantôt suite à la découverte de documents « historiques » qu’on se hâte de considérer comme preuves. La dernière en date atteint un sommet de naïveté, l’information ayant été relayée machinalement par l’ensemble des médias sans que nul ne s’attarde vraiment sur sa crédibilité. Reprenons les faits : un « éminent » professeur de Harvard a annoncé au cours d’une conférence la découverte d’un papyrus copte datant des premiers siècles, mentionnant les mots : « Jésus leur a dit : ma femme. » Pas un mot de plus. D’ailleurs, il n’en fallait pas plus pour relancer ce débat qui n’en finit pas d’enflammer les...
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