MM. Robert Fadel et Ray Lahoud.
D’où l’importance du contact direct et la nécessité pour les hommes politiques libanais de se déplacer pour discuter sur place avec des responsables de la communauté internationale de certains de nos problèmes dont elle est aussi tributaire. Histoire d’humer l’air du temps et ne pas se faire oublier.
Le risque de l’exportation au Liban du conflit syrien
Un autre enseignement que Robert Fadel a tiré de son actuelle visite : l’évaluation du flux de réfugiés syriens au Liban, étudié au cours d’une réunion du « Lebanon Working Group », mis sur pied par le Stimson Center et USIP. Ce groupe comprend des représentants du département d’État, de la Croix-Rouge et de plusieurs « Think Tanks », la plupart œuvrant pour l’intérêt du Liban. De cette réunion s’est dégagé le schéma d’un triple risque pour la stabilité du Liban. Le député de Tripoli les détaille ainsi : « D’abord, officiellement, on avance aujourd’hui le chiffre de 80 000 réfugiés. Officieusement, ce nombre a atteint les 100 000. Deux grands problèmes en découlent. Si la même situation se prolonge, ces déplacés syriens qui vivent parmi la population libanaise et parfois chez elle, et non dans des camps, peuvent à la longue constituer un lourd fardeau et créer des tensions entre les communautés. Donc, plus les choses durent, plus l’hospitalité va être difficile à gérer. La deuxième faille est le manque de coordination entre les organismes qui travaillent dans ce domaine. Et là, le gouvernement devrait jouer un rôle plus direct pour mieux répartir les efforts et obtenir plus d’efficacité dans l’accompagnement des réfugiés. »
Côté financement, il y a eu de la part du Liban et des ONG impliquées sur le terrain une demande de financement de 500 millions de dollars, dont un tiers seulement a été couvert. Pour le reste, il faut espérer la participation des pays arabes et de la communauté internationale. Lors de la réunion, le « Lebanon Working Group » a fait remarquer qu’au cas où la situation actuelle se prolonge, « le gouvernement libanais devrait réfléchir à établir une limite au-delà de laquelle il serait nécessaire de réduire ou de maîtriser le flux. C’est vrai que l’on a une responsabilité humanitaire, mais la responsabilité du gouvernement est d’abord vis-à-vis du citoyen libanais mais l’on ne peut faire subir à nos citoyens libanais et à notre infrastructure plus qu’ils ne peuvent. Sans compter que la plupart des réfugiés se sont installés à Tripoli et dans le Nord, une région déjà socialement défavorisée et politiquement sensible ».
L’autre danger majeur de cet exode qui préoccupe les USA, note Robert Fadel, est l’exportation sur le territoire libanais du conflit syrien par le biais de ses protagonistes et la contamination des camps de réfugiés palestiniens. Les accords de neutralité autour de la table libanaise de dialogue auront ainsi à affronter les pressions mises par les pays du parrainage du conflit syrien sur leurs alliés libanais.
M. Fadel a aussi rencontré le secrétaire américain au Transport, Ray Lahoud, et a été l’hôte d’honneur d’un déjeuner donné par l’ambassadeur du Liban à Washington, M. Antoine Chédid.


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