Le Premier ministre britannique David Cameron et son épouse Samantha, hier, à la conférence annuelle du Parti conservateur. Darren Staples/Reuters
« Si nous n’agissons pas, si nous ne prenons pas des décisions difficiles et douloureuses, si nous ne faisons pas preuve de détermination et d’imagination, la Grande-Bretagne ne sera peut-être pas dans l’avenir ce qu’elle a été par le passé », a mis en garde David Cameron au quatrième et dernier jour de la conférence annuelle du Parti conservateur qui se déroule à Birmingham (centre de l’Angleterre). « Parce que la vérité est la suivante, nous sommes aujourd’hui dans une course mondiale, l’heure de vérité a sonné pour des pays comme le nôtre. Allons-nous nager ou couler, agir ou décliner », a-t-il dit, le ton grave.
Son discours fait suite aux annonces faites lundi par le ministre britannique des Finances, George Osborne, de nouvelles coupes drastiques de 10 milliards de livres dans les dépenses sociales. Ces coupes, qui toucheront notamment les allocations familiales ou les aides au logement des jeunes chômeurs, s’ajoutent aux coupes de 18 milliards de livres déjà prévues d’ici à 2015 par le gouvernement de coalition conservateurs-libéraux démocrates de David Cameron. Prise en tenailles entre ces mesures d’austérité et la crise de la zone euro, l’économie britannique est retombée en début d’année en récession. La Grande-Bretagne peut toujours « gagner dans le difficile monde d’aujourd’hui », a cependant estimé le Premier ministre, si elle suit l’exemple de la Chine et des pays émergents comme l’Inde ou le Brésil en rendant son économie moins « lourde et sclérosée ». « Comment allons-nous nous en sortir ? Ce n’est pas compliqué. En travaillant dur. En donnant la priorité à la famille. En prenant nos responsabilités. En servant les autres », a-t-il énuméré, reprenant les valeurs traditionnelles des conservateurs.
Pour le travailliste Michael Dugher, « c’était le discours défensif (...) d’un leader clairement ébranlé » par le marasme économique et une forte impopularité. Pour Fraser Nelson, le rédacteur en chef du magazine de droite The Spectator, le Premier ministre « a voulu dire nous nous battons pour notre survie économique, mais, bon, soyons optimistes (...) nous sommes un grand pays ». Tim Bale, professeur de politique à l’université de Queen’s Mary de Londres, a, lui, vu dans l’allocution de David Cameron « un discours dicté par les circonstances ». « En ce moment il n’a pas d’autres choix que d’apporter un peu d’espoir aux gens en leur promettant qu’après les moments difficiles, le pays s’en sortira et rejoindra le groupe des vainqueurs plutôt que celui des pays en déclin », a-t-il jugé. « L’objet de son discours est de dire que ce qu’ils font produit des résultats, mais lentement », et que ce « n’est pas sa politique qui est en cause, mais le contexte international ».
(Source : AFP)


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