Une chaise roulante devant un magasin endommagé par les bombardements, le 9 octobre 2012, à Homs. REUTERS/Yazan Homsy
Damas a rejeté mercredi la demande de cessez-le-feu unilatéral formulée par le secrétaire général de l'ONU, exigeant en préalable un arrêt des violences du côté rebelle.
"Nous avons dit à Ban Ki-moon d'envoyer des émissaires vers les États qui ont de l'influence sur les groupes armés pour que ces derniers mettent un terme à la violence", a affirmé dans un communiqué le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdissi.
Le porte-parole a critiqué les déclarations de Ban Ki-moon qui a appelé mardi le régime syrien à décréter un cessez-le-feu unilatéral et demandé aux forces d'opposition de le respecter.
Selon lui, cette question a déjà été discutée lors d'entretiens entre le patron de l'ONU et le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem en marge de l'Assemblée générale à New York début octobre.
D'après le porte-parole, M. Mouallem avait souligné l'importance d'intervenir "notamment auprès de l'Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie, qui financent, entraînent et livrent des armes à ces groupes armés, pour qu'ils cessent de le faire". Damas assimile la rébellion à du "terrorisme" soutenu par l'étranger.
Homs cible d'un assaut majeur de l'armée
Sur le terrain, les rebelles syriens cherchaient mercredi à couper les lignes d’approvisionnement de l'armée vers Alep, métropole stratégique du nord, les troupes régulières bombardant violemment des poches rebelles à Homs et dans sa région, au centre du pays.
Après avoir perdu Maaret al-Noomane, l'armée a envoyé des chars pour tenter de reprendre cette ville située sur l'autoroute reliant Damas à Alep, passage obligé pour les renforts qui se rendent dans la métropole commerçante en proie aux combats depuis mi-juillet. Les régions rurales alentour sont tenues par la rébellion.
Les troupes se sont déployées sur une partie de la cinquantaine de kilomètres d'autoroute entre Damas et Maaret al-Noomane, pour sécuriser le passage des chars, selon le centre de presse rebelle de Sermine.
Les rebelles tentaient d'empêcher cette progression, faisant usage de lance-roquettes et d'engins piégés. Trois chars ont été endommagés, a affirmé la même source.
Plus au sud, "les avions du régime bombardaient violemment Khan Cheikhoune pour permettre aux renforts d'avancer vers Maaret al-Noomane", a affirmé Rami Abdel Rahmane, président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), évoquant également des combats au sol.
Khan Cheikhoune se situe également sur la route internationale Damas-Alep, tout comme Saraqeb, plus au nord et déjà aux mains des rebelles.
"Si les rebelles, qui ont déjà Saraqeb et Maaret al-Noomane, prennent Khan Cheikhoune, ils isoleront totalement les troupes du régime à Alep car les renforts ne pourront plus arriver", indique M. Abdel Rahmane.
A Homs, surnommée la "capitale de la révolution", l'armée tirait des obus contre la vieille ville et ses environs où sont retranchés les rebelles, selon l'OSDH.
"Homs pourrait être déclarée province sécurisée dans les heures ou les jours qui viennent, après la progression de l'armée sur tous les axes de la ville et de sa province", affirmait le quotidien proche du pouvoir al-Watan, laissant entendre que l'armée se préparait à lancer l'assaut final.
"Nous sommes totalement encerclés, il n'y a pas d'échappatoire", a déclaré à l'AFP un militant qui se fait appeler Abou Bilal et réside dans la vieille ville.
Vendredi, des avions militaires avaient bombardé Homs pour la première fois depuis le début de la révolte, en mars 2011.
Dans l'est du pays, un journaliste d'al-Ikhbariya, chaîne de télévision officielle, a été tué par des "terroristes", a affirmé à l'AFP la direction de la chaîne. Le caméraman Mohammad al-Achram a été touché par deux balles.
Selon Reporters sans frontières, 13 journalistes et 29 citoyens-journalistes ont été tués en Syrie depuis le début du soulèvement.
Ankara menace
Dans un climat de tension extrême entre la Turquie et la Syrie, un avion de ligne syrien, soupçonné de transporter des armes, a été contraint d'atterrir à Ankara mercredi soir par l'armée de l'air turque, a annoncé l'agence de presse Anatolie.
"Nous avons reçu des informations selon lesquelles la cargaison de l'avion ne respectait pas les règles de l'aviation civile", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, cité par l'agence de presse.
Le chef de la diplomatie turque a souligné que la loi internationale s'appliquerait si des armes étaient découvertes à bord de l'appareil, sans donner plus de précisions.
L'appareil qui transportait 35 passagers a été escorté par des appareils F4 de l'armée de l'air turque et forcé à atterrir à l'aéroport d'Esenboga d'Ankara pour une opération de contrôle, a indiqué l'agence de presse.
L'avion, un Airbus A-320, effectuait un vol de Moscou vers Damas lorsqu'il a été intercepté par les autorités turques vers 14h30 GMT, selon la chaîne de télévision NTV.
Ankara a de ce fait mis en garde les compagnies aériennes turques afin qu'elle ne se rendent pas dans l'espace aérien syrien pour éviter toute mesure éventuelle de rétorsion, a ajouté NTV.
Plus tôt dans la journée, le chef de l'armée turque a menacé la Syrie d'une "réponse encore plus puissante" si elle continuait ses tirs vers le territoire turc, ont rapporté les télévisions.
"Nous avons répondu (aux tirs syriens). S'ils continuent, nous riposterons d'une manière encore plus puissante", a dit le général Özel dans le village d'Akçakale (sud-est), où cinq civils avaient été tués le 3 octobre par des tirs syriens.
Depuis ce bombardement, l'armée turque répond coup pour coup aux tirs syriens atteignant le territoire turc et dont l'armée syrienne est tenue pour responsable.
Mardi, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, avait appelé la Turquie et la Syrie à "éviter l'escalade" et à faire preuve de "modération".
Le CNS bientôt en Syrie
Sur le plan politique, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition en exil, envisage de s'installer très prochainement en Syrie, dans une région sous contrôle de la rébellion, a affirmé l'un de ses responsables.
En Jordanie voisine, les États-Unis ont déployé environ 150 militaires pour aider à contrôler le flux des réfugiés et être prêts à agir si le régime perdait le contrôle de ses armes chimiques, selon un haut responsable américain.
Sur le front diplomatique, Ban Ki-moon a affirmé "redouter" mercredi que la spirale de la violence en Syrie ne crée un terrain propice au terrorisme et aux activités criminelles de toutes natures".
Il a aussi condamné les "attentats terroristes coordonnés" de Damas, où une double attaque suicide lundi soir a visé l'un des principaux sièges des renseignements de l'armée de l'air, faisant des dizaines de morts, selon l'OSDH. Une source au sein des services de sécurité a démenti ce bilan, affirmant que les attentats avaient été déjoués.
D'après M. Ban, l'émissaire international Lakhdar Brahimi doit se rendre "bientôt" en Syrie, où au moins 32.000 personnes sont mortes en près de 19 mois de conflit, selon l'OSDH. Mercredi, 50 personnes ont à nouveau péri dans les violences, selon un bilan provisoire de l'organisation.
Lire aussi
Intervenir ou non en Syrie, l'analyse de Harold Brown, ancien secrétaire à la Défense sous la présidence de Jimmy Carter
Reportage
A Daret Ezzah, un cauchemar d'archéologue"Nous avons dit à Ban Ki-moon d'envoyer des émissaires vers les États qui ont de l'influence sur les groupes armés pour que ces derniers mettent un terme à la violence", a affirmé dans un communiqué le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdissi.
Le porte-parole a critiqué les déclarations de Ban Ki-moon qui a appelé mardi le régime syrien à décréter un cessez-le-feu unilatéral et demandé aux forces d'opposition de le respecter.
Selon lui, cette question a déjà été discutée lors d'entretiens entre le patron de l'ONU et le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem en marge de l'Assemblée générale...



Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine