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Liban - La Situation

Dans l’alambic d’un quotidien trouble, quelques gouttes pures se décantent

Concordance parfaite de vues entre MM. Geagea et Hariri, à Djeddah en Arabie saoudite, hier. Photo Dalati et Nohra

La loi électorale, l’embarras grandissant du Hezbollah et la grève dans le secteur public ont fait l’actualité de la journée d’hier. En dépit des apparences, des progrès marquent ces trois dossiers.
Le départ pour Djeddah de Samir Geagea est bon signe. Il reflète la conscience chez les chefs de file parlementaires que le temps presse. Concordances parfaites de vues ont annoncé MM. Geagea et Saad Hariri à l’issue de leur entretien. Michel Aoun en a profité pour rejeter clairement le projet de loi électorale de 50 circonscriptions élaboré par les Forces libanaises. « Nous faisons du surplace », a affirmé M. Aoun.
Le Courant patriotique libre, aussi surprenant que cela soit, est en faveur d’un projet de loi hétérodoxe prévoyant l’élection par chaque communauté de ses propres députés, un projet qui va dans le sens d’un Liban fédération de communautés. Dans tous les cas de figure, ce sont les chefs de file chrétiens qui seront les artisans de la prochaine loi électorale, le Hezbollah ayant donné sur ce plan un blanc-seing à Michel Aoun et Saad Hariri à M. Geagea. Sachant que le chef de l’État et son entourage ministériel auront certainement leur mot à dire là dessus.
Sur le dossier du Hezbollah, c’est bien malgré ce parti que l’histoire marque des points. Ainsi, l’implication du parti pro-iranien dans les combats en Syrie devient de plus en plus claire, puisque de nouvelles obsèques sont organisées pour des miliciens de ce parti morts « dans l’exercice de leur devoir jihadiste ».
À mesure que l’option prosyrienne du Hezbollah devient plus explicite et se traduit en actes, et non seulement en appui politique, se dissipe l’ambiguïté que le Hezbollah entretient sur le plan interne. L’opinion, longtemps trompée par de faux-semblants, mesure plus nettement la distance qui sépare ce parti du président Michel Sleiman, dont la clairvoyance s’étoffe ces dernières semaines d’un peu plus de netteté de positions. Ce qui lui vaut, bon signe encore, les critiques du Hezbollah. En effet, quand le fil noir commence à se distinguer du fil blanc, le jour n’est pas loin.
Le jour n’est peut-être pas loin non plus qui nous permettra de dire si le Hezbollah est impliqué, oui ou non, dans les assassinats politiques des années 2005-2006. En tout cas, l’avocat des héritiers – aussi bien légaux que politiques – de Gebran Tuéni ne se contentera pas des démentis verbaux que ce parti a apportés à des documents sensibles saisis en Syrie prouvant son implication dans l’assassinat du 12 décembre 2005. Boutros Harb pourra-t-il aller jusqu’au bout de son action en justice ? Les maîtres du moment semblent disposer, jusqu’à présent, de moyens suffisants pour continuer d’ignorer la justice, aussi bien locale qu’internationale.
Même la grève absurde et malencontreuse d’aujourd’hui aura des conséquences positives. Le comité intersyndical qui l’a commandé lutte désormais pour son renom, et non ses acquis. Car le gouvernement a déjà approuvé le principe de la nouvelle échelle des salaires qu’il réclame. Mais le Premier ministre ne semble pas prêt à entraîner le Liban dans une aventure économique qui pourrait s’avérer catastrophique, pour les beaux yeux de M. Gharib. M. Mikati réalise en effet qu’un projet de cette envergure, qui doit s’accompagner d’un choc fiscal monstrueux de 10 % du PIB, ne saurait être pris contre l’avis des organismes économiques ni celui des contribuables... Dans l’esprit même dans lequel devrait travailler le Conseil économique et social qui existe sans exister, M. Mikati a donc décidé d’orchestrer des concertations triangulaires État-patronat-syndicat, pour envisager le moyen de sortir du cercle vicieux où est enferré le pays. À la bonne heure !
Le vent favorable qui souffle sur le pays devrait enfin apporter, aujourd’hui, de bonnes nouvelles supplémentaires, sous la forme de nominations judiciaires exceptionnellement bien inspirées, puisqu’elles prévoient notamment, dit-on, l’arrivée à la tête du Conseil supérieur de la magistrature d’un homme comme Jean Fahd, et au poste de procureur général Hatem Madi.
La loi électorale, l’embarras grandissant du Hezbollah et la grève dans le secteur public ont fait l’actualité de la journée d’hier. En dépit des apparences, des progrès marquent ces trois dossiers. Le départ pour Djeddah de Samir Geagea est bon signe. Il reflète la conscience chez les chefs de file parlementaires que le temps presse. Concordances parfaites de vues ont annoncé MM. Geagea et Saad Hariri à l’issue de leur entretien. Michel Aoun en a profité pour rejeter clairement le projet de loi électorale de 50 circonscriptions élaboré par les Forces libanaises. « Nous faisons du surplace », a affirmé M. Aoun. Le Courant patriotique libre, aussi surprenant que cela soit, est en faveur d’un projet de loi hétérodoxe prévoyant l’élection par chaque communauté de ses propres députés, un projet qui va...
commentaires (3)

je suis un peu confu...mourire de rire ,cela se dit comment en langue hesbollahi...?

M.V.

05 h 57, le 10 octobre 2012

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Commentaires (3)

  • je suis un peu confu...mourire de rire ,cela se dit comment en langue hesbollahi...?

    M.V.

    05 h 57, le 10 octobre 2012

  • Comme deja prevu, commente, dit et redit, le compte a rebours a commence. En fait il a commence depuis le jour que les sbires et collaborateurs Syriens au Liban s'en sont pris aux FL, Kataeb, PNL, CPL et consors a partir de 1994. Depuis le restant du peuple, voyant ces jeunes battus, emprisonnes & tortures a commence a comprendre leur combat, leur vision du Liban et l'opinion de la majorite ecrasante du peuple Libanais a opere un changement a present irreversible. Nous sommes dans la phase finale et le Hezbollah est au pied du mur. L'Iran s'ecroule tous les jours plus, la Syrie s'effrite et s'auto detruit lentement mais surement et lui se retrouve gros jean, seul, isole, en total dephasement avace les aspirations du peuple Libanais. Il n'a plus que deux choix, soit tout arreter et se plier a la volonte du peuple et alors il lui faudra remettre ses armes et tous les criminels du partis meles dans les attentats et assassinats, soit ouvrir une guerre a l'issue connu qui permettra a certain d'entre eux de fuir et a d'autre encore pretendre a une chance de sauver ce qui reste des meubles.

    Pierre Hadjigeorgiou

    04 h 18, le 10 octobre 2012

  • attention aux différences culturelles: quand le hezbollah parle de "devoir jihadiste" (wajib jihadi), c'est pour dire que le combattant est mort ailleurs qu'au combat mais alors qu'il travaillait pour la Résistance. Sinon, ca s'appelle un "chahid mujahid" s'il meurt durant les combats, et "chahid mazloum" s'il meurt en se faisant écraser par une voiture un vendredi matin en allant acheter du pain par exemple. J'habite dans la region de Baalbeck, croyez moi, on y connait tous leur vocabulaire. En général, ils utilisent le "mort en plein wajib jihadi" quand ils sont morts en Iran ou en Syrie pendant l'entraînement. Attention donc aux traductions littérales qui faussent le sens. En définitive, on ne sait rien de ce que le type bricolait en Syrie exactement. Attendons voir avant de se prononcer.

    Ali Mahmoud

    19 h 17, le 09 octobre 2012

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