Devant une salle des fêtes comble, Michel Sleiman a vigoureusement défendu la démocratie libanaise. Photo Dalati et Nohra
« La vie législative est en plein essor. Nous légiférons pour tous les secteurs productifs et des services. Mais sans doute le plus important, pour vous, dans ce domaine est la législation que nous mettons au point pour que les émigrés recouvrent la nationalité libanaise, et pour l’octroi du droit de vote aux Libanais de l’étranger. »
« Le premier dossier est aux mains du Parlement, a-t-il ajouté. Il est discuté en commissions et nous espérons qu’il sera approuvé et voté bientôt. Il facilitera aux émigrés qui ont égaré leurs dossiers et ne sont plus inscrits dans les ambassades le processus de recouvrement de la nationalité libanaise. »
« Quant au second dossier, il a été approuvé et nous espérons qu’il sera appliqué dès 2013. Cette semaine même, nous voterons les crédits nécessaires au ministère des Affaires étrangères pour que les ambassades du Liban mettent en place le système de vote électronique. Je vous demande de vous inscrire et d’inscrire vos enfants au plus vite, pour recouvrer la nationalité libanaise », a-t-il lancé.
Prenant la parole au Club libanais, le président Sleiman avait précisé que les 6 millions d’hispanophones descendant de Libanais, qui sont en fait plus nombreux que les Libanais parlant arabe, sont « l’or blanc » du Liban et l’une de ses principales sources de richesses. Le Liban reçoit annuellement plus de 7 milliards de dollars des émigrés, a-t-il encore souligné, pour marquer l’important apport des émigrés à l’économie nationale.
Le Liban dispose par ailleurs de près de 50 milliards de dollars en devises et en or, sans compter les dépôts bancaires, qui s’élèvent à plus de 120 milliards de dollars, a-t-il précisé, pour convaincre son auditoire de la solidité de la reprise économique au Liban. « Et, Dieu merci, bénédiction supplémentaire, de grandes quantités de gaz ont été découvertes au large de nos côtes, qui devraient également jouer en faveur d’une croissance qui ne s’est ralentie qu’en raison des événements qui nous entourent », a conclu le président Sleiman sur ce sujet.
La fin du « Liban boîte aux lettres »
L’un des messages les plus forts lancés par le chef de l’État devant les émigrés restera cependant son annonce de la fin du Liban « boîte aux-lettres » ou caisse de résonance des crises régionales.
« La transition démocratique dans le monde arabe est une bonne chose pour le Liban et son avenir, a dit M. Sleiman. Nous sommes une démocratie depuis plus de 70 ans, mais nous n’avons pas pu pratiquer cette démocratie d’une façon normale, du fait de l’absence d’alternance démocratique dans les pays qui nous entourent et de l’absence de démocratie. Hélas, des axes et des camps politiques se sont formés au Liban, en rapport avec les pays qui nous entourent. C’est pourquoi le Liban s’est transformé en une arène entre les régimes arabes. Fort heureusement, ces temps sont révolus (...). Le Liban a payé très cher sa démocratie et sa liberté, et vous êtes les premiers à avoir, en votre qualité d’émigrés et fils d’émigrés, payé ce prix. Mais nous ne permettrons plus, à dater de ce jour, que le Liban soit une tribune d’où des messages sont adressés aux uns et aux autres, ou un havre pour tel ou tel régime. Le Liban ne sera un havre que pour les Libanais, et pour eux seuls ! »
« C’est une décision prise à la table de dialogue et que nous avons appelée la “déclaration de Baabda”. Elle consiste à tenir le Liban à l’écart de toutes les crises qui l’entourent. Nous ne voulons nous ingérer dans les affaires de quiconque, et de même, nous souhaitons que personne ne s’ingère dans les nôtres ».
« (...) Israël, a repris le président Sleiman, a occupé le Liban 22 années durant. Il a expulsé les Palestiniens vers notre pays. Mais finalement, nous avons vaincu Israël et sommes parvenus à libérer nos territoires. D’autre part, le terrorisme a tenté de faire du Liban une base d’expansion vers l’ensemble du Moyen-Orient. En 2007, sur la route du Nord, notre armée a été attaquée et nos soldats égorgés. Mais notre armée a fait face aux organisations terroristes et les a déracinées. Cela nous a coûté cher : 180 de nos soldats sont tombés au champ d’honneur, mais ce combat a montré au monde la détermination des Libanais. »
« Dans aucun autre pays au monde, le terrorisme, qui a pris chez nous le visage de Fateh el-Islam, n’a été déraciné comme il l’a été au Liban », s’est écrié le président Sleiman.
Le chef de l’État s’était entretenu samedi, à Montevideo, avec son homologue José Mujica et avait visité le Parlement uruguayen. La journée d’hier a été plus nationale, avec l’accueil de délégations libanaises à son hôtel et des visites au Club libanais et à l’Association libanaise, deux très vieilles institutions d’émigrés. Par la suite, le président et son épouse ont assisté à la messe en l’église Notre-Dame du Liban de Montevideo.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Faut pas rêver..... chrétiens libanais !
06 h 10, le 08 octobre 2012