Des policiers français lors de l'"opération antiterroriste", le 6 octobre 2012, à Cannes, en France. JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET/
Un homme a été tué par la police samedi en France dans le cadre d'une opération antiterroriste visant un réseau jihadiste soupçonné d'être impliqué dans un attentat contre un magasin juif près de Paris, ont annoncé les autorités.
Le suspect a été abattu à Strasbourg (est) par les policiers sur lesquels il avait ouvert le feu, et il a en outre été procédé à onze interpellations, notamment en région parisienne et dans le sud-est de la France, a indiqué une source judiciaire.
L'opération de police visait "un réseau, quasiment une cellule" composée de personnes ayant pour certaines d'entre elles le profil de délinquants convertis "à l'islam radical", a annoncé le procureur de Paris François Molins au cours d'une conférence de presse.
Des traces de l'ADN de l'homme tué à Strasbourg avaient été trouvées sur la cuiller de la grenade défensive lancée le 19 septembre sur une épicerie casher de Sarcelles, dans la banlieue nord de Paris, a-t-il précisé.
Il s'agit de Jérémy Sidney, 33 ans, un délinquant converti à l'islam radical condamné en 2008 pour trafic de stupéfiants et connu des services de renseignement, de nationalité française comme les autres personnes interpellées.
Il se trouvait au domicile de "l'une de ses deux épouses religieuses", une femme de 22 ans mère d'une fillette de six ans et d'un bébé d'un mois, a affirmé le procureur de Paris (bien de Paris). La jeune femme a été interpellée par la police.
Jérémy Sidney était "très déterminé avec probablement la volonté de finir en martyr", a précisé le procureur de Strasbourg Patrick Poirret, en voulant pour signe qu'il s'était récemment rasé la barbe. Il a vidé le barillet de son 357 Magnum sur les policiers avant d'être abattu.
Des policiers ont été frôlés par les balles tirées par Sidney, l'un d'entre eux, légèrement blessé, a reçu une balle au niveau de la tête et une autre au niveau du cœur, mais ces projectiles ont été arrêtés par son casque de protection et son gilet pare-balles, ont précisé les magistrats.
Au cours des perquisitions, la police a saisi de l'argent liquide (27.000 euros), "quatre testaments" ainsi que de la littérature islamiste et une "liste d'associations israélites en région parisienne", selon M. Molins.
Un autre membre présumé de la cellule, interpellé à Torcy, en Seine-et-Marne, était armé d'un 22 Long Rifle, "une arme prête à tirer", a dit le procureur de Paris François Molins.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a déclaré que l'opération était "une opération d'envergure" lancée il y a "plusieurs semaines". Le président François Hollande, qui a reçu le ministre de l'Intérieur Manul Valls, a pour sa part souligné "la détermination entière de l'Etat à protéger les Français contre toutes formes de menaces terroristes".
L'attentat de Sarcelles, qui avait fait un blessé léger, avait provoqué une vive émotion dans la communauté juive six mois après l'assassinat de quatre juifs, dont trois enfants commis en mars dernier à Toulouse (sud-ouest) par le jeune jihadiste Mohamed Merah.
Sarcelles, ville de 60.000 habitants, compte une importante communauté juive, à l'origine venue d'Afrique du Nord dans les années 1960.
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) avait redouté que cette attaque n'ait un lien avec l'explosion de violences qui a suivi la diffusion du film islamophobe "Innocence of Muslim". L'ambassadeur d'Israël en France, Yossi Gal, avait condamné une "agression antisémite".
L'enquête judiciaire initialement menée par le parquet de Pontoise (nord-ouest de Paris) avait été récemment transmise au parquet antiterroriste de Paris.
Pour mémoire:
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Le suspect a été abattu à Strasbourg (est) par les policiers sur lesquels il avait ouvert le feu, et il a en outre été procédé à onze interpellations, notamment en région parisienne et dans le sud-est de la France, a indiqué une source judiciaire.
L'opération de police visait "un réseau, quasiment une cellule" composée de personnes ayant pour certaines d'entre elles le profil de délinquants convertis "à l'islam radical", a annoncé le procureur de Paris François Molins au cours d'une conférence de presse.
Des traces de l'ADN de l'homme tué à Strasbourg avaient été trouvées sur...

