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Nos lecteurs ont la parole

Europe : vers une sortie de crise enfin

Charles NAJJAR
Dans un article publié le 4 octobre 2011 dans ces mêmes colonnes, je préconisais comme seule solution possible à la crise européenne une intervention massive de la Banque centrale européenne (BCE) qui se porterait garante en dernier recours des pays européens en difficulté, en contrepartie de réformes budgétaires et de l’instauration de mécanismes de contrôle. J’expliquais également comment une simple déclaration d’intention de la part de la BCE permettrait un réajustement automatique des marchés suite à la réaction immédiate des investisseurs anticipant l’action de la BCE. Il a fallu plus d’un an d’atermoiements politiques et d’interminables discussions entre les différents dirigeants européens avec plus d’une vingtaine de pseudo-sommets, pour que l’Europe prenne enfin conscience du pouvoir réel de sa Banque centrale. Au lieu que l’Europe ne s’attelle rapidement à la mise en place de la solution préconisée, on a assisté durant plus d’un an à une accumulation de déclarations aussi maladroites que désastreuses qui achevaient ce qui restait encore de la confiance des investisseurs, aggravant encore plus la crise. On se souvient encore des déclarations de Christine Lagarde, fraîchement nommée au poste de directrice du FMI, affirmant que les banques européennes étaient sous-capitalisées à l’heure où il leur était pratiquement impossible de lever des capitaux sur les marchés. Ou encore de Jean-Claude Trichet, alors président de la BCE, se déclarant ouvertement impuissant devant l’ampleur de la crise alors qu’il en détenait lui-même les clés. Que dire de l’entêtement d’Angela Merkel s’insurgeant contre une éventuelle intervention de la BCE sous des prétextes idéologiques totalement inappropriés ?
Fallait-il vraiment passer par la mise en faillite inique de la Grèce, appauvrissant une population déjà étouffée sous le poids des réformes, provoquant une traînée de poudre sur l’ensemble des marchés financiers, entraînant un effet domino, pourtant si prévisible, sur les autres pays en difficulté tels que l’Espagne et l’Italie, pour s’ouvrir enfin à la raison ? Fallait-il vraiment que « Super Mario » Draghi prenne les rênes de la BCE pour qu’il réussisse à imposer cette solution avec courage, bon sens et fermeté ?
La gestion désastreuse de la crise européenne aura été un exemple criant des conséquences dramatiques que peuvent avoir l’incompétence, l’entêtement et les susceptibilités de certains dirigeants, le temps qu’un héros providentiel émerge de la masse pour prendre enfin les décisions adéquates.

Charles NAJJAR
Dans un article publié le 4 octobre 2011 dans ces mêmes colonnes, je préconisais comme seule solution possible à la crise européenne une intervention massive de la Banque centrale européenne (BCE) qui se porterait garante en dernier recours des pays européens en difficulté, en contrepartie de réformes budgétaires et de l’instauration de mécanismes de contrôle. J’expliquais également comment une simple déclaration d’intention de la part de la BCE permettrait un réajustement automatique des marchés suite à la réaction immédiate des investisseurs anticipant l’action de la BCE. Il a fallu plus d’un an d’atermoiements politiques et d’interminables discussions entre les différents dirigeants européens avec plus d’une vingtaine de pseudo-sommets, pour que l’Europe prenne enfin conscience du pouvoir réel...
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