Les ambassadeurs européens en compagnie du président Sleiman, hier, à Baabda. Photo Dalati et Nohra
Une délégation du Comité politique et de sécurité (CPS) du Conseil de l’Union européenne se trouve depuis hier au Liban pour une visite officielle de deux jours dont l’objectif est d’examiner avec les officiels libanais la situation dans le pays ainsi que les développements en cours dans la région. Conduite par son président, Olof Skoog, la délégation comprend les ambassadeurs des vingt-sept États membres de l’Union européenne basés à Bruxelles.
Accompagné de l’ambassadrice Angelina Eichhorst, chef de la Délégation de l’Union européenne à Beyrouth, la délégation a été reçue hier à Baabda, ainsi qu’à Aïn el-Tiné. Elle a également eu des entretiens à Yarzé, avec le chef des services des renseignements de l’armée, le général Edmond Fadel, et à la Maison de l’ONU, avec le représentant personnel du secrétaire général des Nations unies, Derek Plumbly. À la Maison du Centre, les ambassadeurs européens ont passé en revue avec le chef du bloc parlementaire du Futur, Fouad Siniora, l’actualité locale et régionale. Ils ont en outre participé, au Centre Carnegie, à une table ronde avec des personnalités politiques, des universitaires et des représentants de la société civile.
Aujourd’hui, les diplomates européens seront reçus par le Premier ministre, Nagib Mikati. Ils se rendront ensuite en Égypte où ils rencontreront des dirigeants du pays et des représentants de la Ligue des États arabes.
Les armes de la résistance
Devant ses hôtes européens, le président Michel Sleiman a affirmé que le fait que « les participants à la conférence nationale de dialogue se soient entendus sur la Déclaration de Baabda pour maintenir le Liban à l’abri des conflits des pays voisins a contribué à éviter au pays les retombées de ces conflits ». Il a cependant précisé que « cette neutralité ne s’applique pas au conflit israélien, aux résolutions internationales ou à l’assistance apportée aux réfugiés syriens au Liban ». « La violence ne règle aucun problème », a-t-il ajouté, en exprimant l’espoir que « les médiations, notamment celles de l’émissaire arabo-international Lakhdar Brahimi, permettront de dégager une solution au conflit en Syrie ».
Le président Sleiman a ensuite mis l’accent sur « l’importance du soutien que l’UE peut apporter, à travers des aides humanitaires et médicales, aux réfugiés syriens dont le nombre continue d’augmenter ». Il a réaffirmé que l’établissement de zones-tampons à la frontière est hors de question, en rappelant que l’armée libanaise a été chargée de contrôler la frontière et d’empêcher les trafics d’armes et la circulation de combattants.
« Les bombardements syriens de secteurs libanais et les violations syriennes de la souveraineté libanaise doivent s’arrêter », a martelé le chef de l’État avant de souligner l’importance de fournir à l’armée libanaise des armes et des équipements militaires pour lui permettre de défendre le Liban et de préserver la paix civile.
Répondant ensuite aux interrogations des ambassadeurs européens sur la situation locale, M. Sleiman a fait remarquer que « les participants à la conférence nationale de dialogue discutent de la stratégie de défense et des moyens de profiter des capacités de la Résistance pour soutenir l’institution militaire en cas de besoin, c’est-à-dire si le Liban est attaqué par une force étrangère, israélienne en particulier ». Il a mis en relief le fait que les armes de la résistance « doivent exclusivement servir à défendre le Liban ».
M. Sleiman a par ailleurs remercié l’UE, et notamment les États représentés au sein de la Finul, pour les aides qu’ils fournissent au Liban dans différents domaines. À son tour, le président du comité a assuré le chef de l’État du soutien de l’UE à toutes les institutions libanaises constitutionnelles, notamment l’armée libanaise.
Sur un autre plan, le président a passé en revue avec le député Boutros Harb l’actualité politique locale. Selon un communiqué publié par le bureau d’information de M. Harb, « la conversation a porté sur les projets de loi électorale ». « Les deux parties ont souligné l’importance que les élections aient lieu dans les délais constitutionnels ». « Les discussions ont en outre porté sur des questions de développement », toujours selon le communiqué.
Plus tard, M. Sleiman a reçu l’ambassadeur du Koweït, Abdel Aal Kinaî, et le président du Fonds koweïtien pour le développement économique Nawaf Dabbous avec qui il a passé en revue les relations bilatérales et les projets réalisés par le Fonds.
L’ambassadeur du Brésil, Paolo Roberto Da Fontoura, s’est aussi rendu au palais présidentiel de Baabda pour faire ses adieux au chef de l’État à l’occasion de la fin de sa mission diplomatique à Beyrouth.
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