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Économie - Crise

L’audit des banques accorde un répit à Madrid

La Commission européenne a précisé que le montant définitif de l’aide que l’Union apportera à Madrid serait déterminé dans les mois à venir sur la base des résultats de l’étude.

Après l’audit, le gouvernement de Mariano Rajoy se rapproche d’une demande formelle d’aide extérieure. Andrea Comas/Reuters

L’audit indépendant du secteur bancaire espagnol estime à 59,3 milliards d’euros les capitaux nécessaires pour faire face à une crise économique grave, un montant proche des estimations qui allège la pression subie par le gouvernement de Mariano Rajoy. Cette mission confiée au cabinet privé Oliver Wyman constituait une étape décisive du processus de renflouement du secteur bancaire espagnol entrepris avec l’aide indispensable de l’Union européenne, puisqu’elle devait déterminer les besoins de capitaux de chacune des 14 principales banques du pays, affaiblies par l’éclatement de la bulle immobilière. Le scénario de « crise économique grave » retenu par l’audit pour estimer les besoins maximaux des banques est proche de la réalité, l’Espagne restant confrontée à une récession marquée et à un chômage record.
Après l’audit, publié au lendemain de la présentation du projet de budget 2013, le gouvernement Rajoy se rapproche d’une demande formelle d’aide extérieure, elle-même indispensable pour que la Banque centrale européenne (BCE) mette en application le plan de rachat d’obligations souveraines censé faire baisser les coûts de financement des États de la zone euro en difficulté. Les résultats de l’audit sont en ligne avec les chiffres avancés jusqu’à présent et ont été immédiatement salués par la Commission européenne, la BCE et le Fonds monétaire international.
« C’est un facteur d’incertitude de plus qui disparaît », a commenté David Schnautz, stratège taux de Commerzbank. La majeure partie des besoins de fonds propres identifiés par Oliver Wyman, soit 49 milliards, concerne les quatre banques déjà sauvées par Madrid. À elle seule, Bankia, nationalisée il y a quelques mois, a besoin de 24,7 milliards d’euros pour consolider son bilan selon l’audit. À l’opposé, les poids lourds du secteur que sont Santander, BBVA et Caixabank n’ont pas besoin d’être renfloués, estime le cabinet. « Les résultats confirment que le secteur bancaire espagnol est majoritairement solvable et viable », a déclaré le ministère de l’Économie dans un communiqué.
La Commission européenne a précisé que le montant définitif de l’aide que l’Union apportera à Madrid serait déterminé dans les mois à venir sur la base des résultats de l’étude. Le vice-gouverneur de la Banque d’Espagne Fernando Restoy s’est déjà avancé en déclarant que Madrid demanderait environ 40 milliards d’euros à l’UE. « La toute première estimation du montant final dont nous aurions besoin dans le cadre de la ligne de crédit de 100 milliards d’euros (de l’UE) serait inférieure d’un tiers aux besoins de capitaux identifiés par Oliver Wyman », a-t-il dit devant la presse. Le montant de 100 milliards qu’il cite correspond au plafond de l’aide prévue par l’accord conclu en juin entre Madrid et ses partenaires européens.
Outre Bankia, les banques qui auront besoin d’une recapitalisation sont Banco Popular, Banco Mare Nostrum et la nouvelle entité appelée à naître d’une fusion des caisses d’épargne Ibercaja, Liberbank et Caja 3. Ces établissements devront préciser en octobre à la Banque d’Espagne comment ils entendent lever par eux-mêmes une partie des fonds nécessaires, par exemple en faisant appel aux investisseurs privés, en cédant des actifs ou en forçant leurs créanciers obligataires à assumer des pertes. Ces mesures permettraient de réduire les besoins finaux de Madrid.
La fin de l’audit ouvre aussi la voie au transfert d’une partie des actifs à risque du secteur bancaire à une structure de défaisance ou « bad bank » destinée à apurer partiellement les bilans bancaires.
(Source : Reuters)
L’audit indépendant du secteur bancaire espagnol estime à 59,3 milliards d’euros les capitaux nécessaires pour faire face à une crise économique grave, un montant proche des estimations qui allège la pression subie par le gouvernement de Mariano Rajoy. Cette mission confiée au cabinet privé Oliver Wyman constituait une étape décisive du processus de renflouement du secteur bancaire espagnol entrepris avec l’aide indispensable de l’Union européenne, puisqu’elle devait déterminer les besoins de capitaux de chacune des 14 principales banques du pays, affaiblies par l’éclatement de la bulle immobilière. Le scénario de « crise économique grave » retenu par l’audit pour estimer les besoins maximaux des banques est proche de la réalité, l’Espagne restant confrontée à une récession marquée et à un...
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