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Liban

Les victimes réclament toujours justice…

Chahira Abou Ardeini a perdu sept de ses proches à Sabra et Chatila, camps de réfugiés palestiniens tristement célèbres pour le massacre commis il y a 30 ans par des miliciens chrétiens alliés à Israël. Elle attend toujours que justice soit faite.
« C’était une nuit sans lune. Ils ont illuminé le ciel avec des fusées éclairantes », se souvient cette femme de 53 ans, les yeux sombres cernés de rides profondes qui en disent long sur son chagrin.
« Les miliciens ont fait irruption dans notre maison avec des mitraillettes et ont achevé certains membres de ma famille au couteau. Ils ont tué ma cousine Amal, l’ont éventrée et ont retiré son bébé », dit-elle à l’AFP.
« Trente ans sont passés, mais je me souviens encore des moindres détails », ajoute cette femme brune, qui brode les robes palestiniennes traditionnelles au point de croix pour vivre. « Le plus jeune de mes fils avait juste deux semaines. Les miliciens étaient en compétition pour voir qui allait tuer le plus de gens. »
Chaque année, des militants venus du monde entier se joignent aux survivants du massacre pour se recueillir sur la tombe collective des victimes du carnage.
Mais justice n’a pas encore été faite.
En Israël, une commission d’enquête a attribué en 1983 la « responsabilité personnelle » mais « indirecte » des massacres à Ariel Sharon, alors ministre de la Défense, et la responsabilité directe à Élie Hobeika, qui était à l’époque le chef des renseignements des Forces libanaises.
« Aucun tribunal, libanais ou international, n’a jamais inculpé personne pour le massacre. Tous les responsables sont restés impunis », déplore la survivante.
« Nous avons perdu espoir en la justice. Nous, les Palestiniens, sommes le maillon le plus faible dans le monde arabe. Nous n’avons pas d’État et le massacre des nôtres n’importe à personne », affirme-t-elle.
Chahira souligne également les conditions déplorables dans lesquelles vivent une grande partie des 280 000 réfugiés palestiniens du Liban. « Mes proches ont été massacrés, mais nous, nous mourons à petit feu », dit cette femme qui vit toujours à Chatila.
Samiha Abbas, une Libanaise mariée à un Palestinien de Sabra, a perdu pour sa part trois de ses enfants et quatre autres membres de sa famille dans le massacre.
« Ma fille Zeinab avait 16 ans, mes fils Ali et Fahd 10 et 20 ans », dit-elle en sanglots, en serrant les photos de ses trois enfants.
« Je demande à savoir qui les a tués, le chagrin m’a fait perdre la tête », ajoute-t-elle.
Samiha vit à Sabra, le camp attenant à Chatila, où les câbles électriques pendent entre les maisons misérables.
« Je suis libanaise, mais tous les gouvernements libanais qui se sont succédé nous ont traités comme des criminels, nous ont marginalisés pour être sûrs que notre voix ne sera pas entendue », dit-elle.
En juin 2001, 23 rescapés ont porté plainte pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et actes de génocide contre Sharon, devenu Premier ministre. La plainte est déposée en Belgique en vertu d’une loi accordant une « compétence universelle » aux tribunaux belges pour ce type de crimes. Mais la loi est abrogée en 2003 et la justice belge a abandonné les poursuites.
« Aucune justice, aucun pays, arabe ou occidental, ne sont intéressés à obtenir justice pour nous les Palestiniens », déplore Mohammad Srour, qui a perdu cinq membres de sa famille dans le massacre.
« Ils ont tué mon père et mes trois frère et sœurs, dont ma sœur Chadia, qui avait 18 mois », dit-il. « Ma mère a fait semblant d’être morte pour survivre, restant étendue à côté de sa petite fille sans vie. »
« L’État libanais devrait ouvrir le dossier du massacre, révéler qui en est responsable et rendre justice aux victimes », ajoute cet homme de 50 ans.
« Mais je suis sûr qu’il ne le fera pas. Et nous, Palestiniens, nous saurons comment obtenir justice, nous le ferons un jour. »
Chahira Abou Ardeini a perdu sept de ses proches à Sabra et Chatila, camps de réfugiés palestiniens tristement célèbres pour le massacre commis il y a 30 ans par des miliciens chrétiens alliés à Israël. Elle attend toujours que justice soit faite.« C’était une nuit sans lune. Ils ont illuminé le ciel avec des fusées éclairantes », se souvient cette femme de 53 ans, les yeux sombres cernés de rides profondes qui en disent long sur son chagrin.« Les miliciens ont fait irruption dans notre maison avec des mitraillettes et ont achevé certains membres de ma famille au couteau. Ils ont tué ma cousine Amal, l’ont éventrée et ont retiré son bébé », dit-elle à l’AFP.« Trente ans sont passés, mais je me souviens encore des moindres détails », ajoute cette femme brune, qui brode les robes palestiniennes...
commentaires (4)

LA HONTE ! La Hchoûma de laisser toujours ces Victimes Sans Justice, alors que les Assassins "chrétiens" qui ont perpétré ces Massacres sont encore en vie et tiennent le haut du pavé.

Antoine-Serge KARAMAOUN

06 h 56, le 19 septembre 2012

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Commentaires (4)

  • LA HONTE ! La Hchoûma de laisser toujours ces Victimes Sans Justice, alors que les Assassins "chrétiens" qui ont perpétré ces Massacres sont encore en vie et tiennent le haut du pavé.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    06 h 56, le 19 septembre 2012

  • Avant Sabra et Chatila il y Qaa, Daamour et beaucoup d'autres villages, du Sud au Nord, massacres aux mains de ces gens la! Qui leur rendra justice a eux? C'est triste et moche une guerre, mais quand on la provoque de par ces actions il faut s'attendre a la reaction surtout lorsque nous sommes des invites acceuillis par un hote qui a ete plus qu'hospitalier et dont nous en avons abuse.

    Pierre Hadjigeorgiou

    06 h 23, le 19 septembre 2012

  • Chacun sa croix. Ceci concerne les palestiniens. Non les libanais Nous avons déjà assez à faire pour défendre nos gens qu'on assassine et qu'on menace. Que les palestiniens fassent le nécessaire là dessus D'ailleurs, la justice divine a fait son boulot: Le premier responsable : Sharon est actuellement un légume et l'autre agent double : Elie Hobeika a été assassiné par le Mossad pour qu'il ne parle pas. Quant à nous, libanais, nous sommes passés à autre chose... Les palestiniens sont palestiniens Les libanais sont libanais. Il ne faut pas tout mélanger.

    Jean-Pierre EL KHOURY

    05 h 54, le 19 septembre 2012

  • Des gens veulent un tribunal international pour la Syrie ! Mais pour Sabra et Chatila ? et certains qui y ont participés font toujours de la politique et critique les exactions de l'armée syrienne

    Talaat Dominique

    04 h 21, le 19 septembre 2012

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