vous. Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours.
(...).
Priez, (...), pensez à moi, priez pour moi. (...).
Le fil n’est pas coupé (...). Je vous attends. Je ne suis pas loin, juste
de l’autre côté du chemin. »
Chanoine Scott-Holland
Trente ans se sont écoulés depuis la disparition de Roger Chemali, ancien directeur général de l’Éducation nationale et de l’Enseignement technique, qui a emporté avec lui l’idéal d’un Liban aujourd’hui à la recherche de ses valeurs et de son orientation.
Le temps passe et seuls les hommages restent.
Le travail de mémoire est le seul héritage que nous nous devons de perpétuer afin que les valeurs qui ont guidé Roger Chemali et inspiré tout ce qu’il a accompli en vingt ans au Liban demeurent parmi les œuvres à poursuivre.
Homme pressé, pour qui « demain, c’est hier », Roger Chemali avait pour unique ambition de mettre l’homme au centre de son œuvre éducative afin, selon ses propres termes, de « former l’homme, témoignage de sa foi dans le Libanais, afin de l’aider à devenir l’homme nouveau qu’attend le Liban nouveau ».
Ce père que j’ai dû partager avec l’État pour construire le « Liban nouveau » appartient à cette catégorie de personnes qui considèrent que l’État et ses fonctionnaires sont et se doivent d’être au service des citoyens et non pas, comme on ne le voit désormais que beaucoup trop souvent, au service de ses dirigeants et de leurs intérêts personnels.
Francophile convaincu, chevalier de la Légion d’honneur pour son œuvre en faveur de la francophonie au Liban, c’est en coopération avec la France qu’il refonda l’IPNET (Institut pédagogique national pour l’enseignement technique) afin qu’il soit la « cheville ouvrière » (disait-il) de l’enseignement technique et prendre en charge la formation et le recyclage des enseignants et maîtres.
Feu le Dr Joseph Zaarour, ancien directeur général de l’Éducation nationale, l’avait décrit en ces termes : « Roger était l’homme du défi. Il avait une vision d’avenir selon laquelle le Liban de demain ne sera construit que par des jeunes ayant acquis les compétences techniques comme les qualités humaines les plus poussées. »
Ces jeunes sont désormais ailleurs.
Pour lui, apprendre un métier, c’était apprendre à être libre. La liberté passait par le savoir, la connaissance et la technicité : la médiocrité n’avait aucune place et ses ambitions pour le Liban et ses jeunes citoyens étaient à la hauteur de son sacrifice. Il était en effet convaincu que « le Liban, confluent des civilisations orientales et occidentales, se présente comme le lieu de prédilection pour le transfert de la technologie, parce qu’il est structurellement susceptible d’abolir toutes les barrières, notamment celles de la langue, des conceptions et des mentalités ». Vingt ans avant l’apparition d’Internet, il en définissait les modalités d’application.
Depuis trente ans, l’œuvre qu’il a voulu achever n’aura cessé de se perdre dans un Liban en pleine mutation, où l’argent et la lente disparition des valeurs patriotiques et morales font de l’ombre à ceux qui cherchent encore à les defendre.
Qui peut prétendre à un plus grand sacrifice que celui de tous les morts du 14 septembre 1982 et de tous ceux qui, comme eux, sont morts pour l’idéal d’un Liban en perpétuelle reconstruction ?
« Chemali ? Le fils de Roger Chemali ? Il m’a appris le métier qui m’a amené jusqu’en France ! Tous mes diplômes sont signés par lui. Qu’il repose en paix. » Voila comment j’ai été interpellé par un chauffeur de taxi libanais à Paris sorti de nulle part. Voila le plus bel héritage qu’il m’ait laissé.
Charge à moi et à tous ceux qui se reconnaissent dans sa mémoire, son œuvre et ses valeurs, de désormais les perpétuer et de les transmettre.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Le docteur roger chemali a été un homme exemplaire tant dans son parcours ,ses relations humaines et y compris dans sa mort.Un modèle d'intégrité morale et intellectuelle et d'engagement sans faille.Merci antoine pour ce beau témoignage et ta fidélité filiale.
05 h 24, le 19 septembre 2012