La solution préconisée et qui va faire l’objet d’un décret, consiste à ajouter un ou deux étages aux constructions existantes.
Cette initiative, dans la mouture proposée, inquiète au plus haut point et appelle à plusieurs réflexions :
1- La production de terrains fictifs étalés sur l’ensemble du territoire national pour trouver des ressources financières urgentes au malaise de l’économie est une approche essentiellement anti-urbaine puisqu’elle ne se base que sur l’un des vecteurs constitutifs de la mécanique urbaine, rejetant ainsi les autres qui la constituent dans leurs dimensions sociale, physique, sociologique et environnementale.
2- La position des autorités concernées par l’urbanisme doit privilégier l’approche globale de l’urbanisme tel que définie précédemment. Et dans ce contexte, elles se doivent de refuser purement et simplement cette proposition de décret.
3- Dans le détail, majorer les densités de construction et de population de manière générique sur l’ensemble du territoire ne fera qu’exacerber les dysfonctionnements déjà perceptibles sur le terrain : infrastructures et circulations saturées, environnement dégradé, confort urbain insuffisant.
4- Dans les zones à forte pression foncière, déjà denses et dégradées, la pression se fera plus forte encore. Dans les zones à faible pression foncière, cette brillante invention ne produira pas l’effet escompté et ne répondra même pas à l’objectif déclaré.
5- Par contre, dans les zones urbaines centrales, c’est tout un parc immobilier constitué d’immeubles des années 40, formant des ensembles urbains cohérents qui partira en fumée. Pourquoi ? Parce que un ou deux étages en plus rendront ces terrains plus attractifs pour les promoteurs et seront donc détruits pour laisser la place à des immeubles de plus grande hauteur. Ainsi, la physionomie socio urbaine de la ville sera altérée à une très grande échelle.
Au cas où une initiative de ce type s’avère incontournable dans le contexte actuel d’impasse, rien n’exclut d’y voir une opportunité susceptible de générer un certain rééquilibrage urbain. Pour cela, il est indispensable que cette initiative soit menée dans un objectif qui a pour titre essentiel la correction et l’harmonisation urbaines.
On peut, à titre d’exemples, faire référence à deux actions :
A. Une opération de régulation urbaine : en effet, au lieu de lancer cette opération aveugle de majoration systématique des coefficients sur l’ensemble du territoire, on opèrera selon 3 critères essentiels : la suffisance des infrastructures, les contraintes définies dans le Schéma directeur d’aménagement national (puisqu’il existe), et le souci d’un rééquilibrage urbain ; le tout faisant l’objet d’un document révisé du zoning général.
Menée de la sorte, cette opération placera sur le marché foncier des surfaces constructibles susceptibles de recentrer la pression sur de nouvelles zones et calmer la concentration hystérique sur les centres historiques des villes qui s’en trouvent détruits. Les effets induits de cette augmentation ciblée de l’offre seront d’une part une régulation du marché foncier, et d’une part une action probable sur les prix immobiliers.
B. Une incitation du public à produire des modèles d’architecture durable. Dans ce cas, une majoration à définir – selon le cas – serait accordée à ceux qui produiront des modèles d’architecture innovants au plan des énergies renouvelables et ceci selon des conditions précises du genre « LEED » local, catégorisés 1, 2, ou 3. On verra alors émerger des modèles innovants non au niveau d’un esthétisme de plus en plus importé, mais au niveau d’une créativité accrue orientée vers l’adaptation au climat avec les précieux bénéfices acquis dans le contexte de crise chronique dans le domaine énergétique.
Ziad AKL


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve