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Les réalisateurs libanais s'illustrent une nouvelle fois au Festival de Toronto

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olj.com
17/09/2012

Invités désormais incontournables des festivals internationaux, les réalisateurs libanais ont été à l'honneur au Festival international du film de Toronto (TIFF) qui s'est déroulé du 6 au 16 septembre.

 

Lors de ce grand festival du film en Amérique du Nord, la réalisatrice libano-américaine Rola Nashef a été récompensée pour sa persévérance et son ambition, en recevant le prix Grolsch Film Works Discovery et la somme de 10.000 dollars pour son film Detroit Unleaded.

 

Le film raconte l'histoire d'un jeune Américo-libanais contraint de prendre la direction du business familial, une station d'essence, après le décès de son père. L'ambitieux jeune homme doit dès lors se résigner à mettre ses rêves de côté pour sauver sa famille de la ruine.

 

Le nouveau prix Grolsch Film Works Discovery Award, dont Rola Nashef est la première lauréate, a été conçu pour saluer le travail d'un réalisateur débutant dont le film est sélectionné dans la section Discovery program du TIFF.

Selon les organisateurs, le prix "célèbre l'histoire humaine derrière le premier long-métrage d'un réalisateur débutant, mettant la lumière sur la passion et le dévouement requis pour que le film voie le jour."

 

Rola Nashef est née à Saïda, au Liban-Sud, mais a grandi dans le Michigan, aux Etats-Unis. Detroit Unleaded est sorti dans un premier temps en 2007 dans un format court-métrage de 20 minutes. Inscrit dans 26 festivals, ce court a décroché trois prix. Remarquant le succès de son film auprès du public, la réalisatrice a décidé de trouver le budget nécessaire pour en faire un long-métrage.

 

Outre les difficultés de financement qu'elle a pu surmonter à force de créativité, Rola Nashef a dû faire face à un autre handicap de taille : la maladie. Une semaine avant le début du tournage, la réalisatrice a perdu la capacité de marcher, écrit le CBCNEWS. Rola devant subir une opération chirurgicale, le tournage a dû être ajourné. Deux semaines à peine après son opération, Rola Nashef remettait toutefois son film sur les rails.

 

"Nous étions à la recherche de passion, de dévouement, de persévérance et de vision, et c'est ce que nous avons trouvé en Rola", explique la réalisatrice canadienne Ruba Nadda, membre du jury pour le prix Grolsch Film Works Discovery Award. "Pour moi, telle est l'essence d'un authentique réalisateur: Jusqu'où iriez-vous pour raconter votre histoire?"

 

 

 

La bande-annonce du film "Detroit Unleaded" de Rola Nashef.

 

 

 

"L'attentat" de Ziad Doueiri

 

Autre réalisateur libanais à l'honneur à Toronto, Ziad Doueiri a projeté son film "L'attentat" (The attack) dans le cadre d'une Présentation spéciale au TIFF

 

Le film raconte l'histoire d'un chirurgien israélo-palestinien qui, appelé sur le théâtre d'un attentat-suicide à Tel Aviv, découvre que non seulement son épouse est l'une des victimes de l'attaque, mais aussi la kamikaze. A partir de là commence l'aventure du chirurgien dans les Territoires palestiniens, à la recherche de la vérité. 

 

Ecrit par Ziad Doueiri et Joëlle Touma, le film est l'adaptation du célèbre roman de Yasmina Khadra, pseudonyme de l'écrivain algérien Mohammed Moulessehoul. Le roman a été publié en 2005 et a reçu plusieurs prix dont notamment le Prix des libraires en 2006.

 

Après Toronto, "L'attentat" sera en compétition au 60e Festival de San Sebastian (21 au 29 septembre), le plus important festival de cinéma d'Espagne. Le film sortira en salles en 2013.

 

Autre bonne nouvelle pour Doueiri : une semaine avant le TIFF, le réalisateur libanais a décroché, au Festival du film de Telluride, un contrat avec l'agence américaine United Talent Agency qui représente des artistes mondialement connus, parmi lesquels Johnny Depp et Brad Pitt.

 

Ce n'est pas la première fois que les films de Ziad Doueri font parler d'eux. Son premier long métrage, "West Beyrouth", a obtenu en 1998 le prix de la critique arabe au festival de Cannes. Présenté dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, une section parallèle du festival, le film a également reçu, la même année, le prix François Chalais.

"West Beyrouth" trace le parcours de trois adolescents à Beyrouth, en 1975, alors que la capitale libanaise s'engouffre dans la guerre civile et se divise en deux : Beyrouth-Est contrôlée par les chrétiens et Beyrouth-Ouest par les musulmans, d'où l'appellation du film.

 

Ziad Doueri a quitté le Liban en 1983, à l’âge de 20 ans, pour les Etats-Unis où il est devenu assistant caméraman et cadreur de Quentin Tarantino.

 

 

Le festival de Toronto est traditionnellement un événement-clé avant les Oscar car il est très suivi par les médias nord-américains. Mais contrairement aux festivals de Cannes et de Berlin, il n’accorde pas de prix du jury, mais un prix du public. Un prix que la réalisatrice libanaise Nadine Labaki a remporté l’année dernière pour son deuxième long-métrage, "Et maintenant on va où".

 

(Pour mémoire : Labaki rafle le prix du meilleur film à Toronto)


En juin dernier, le cinéma libanais était également à l'honneur lors d'un autre événement du festival de Toronto, le TIFF Cinémathèque. Sous le thème "Il était une fois, le Liban : visions d'après-guerre dans le nouveau cinéma libanais" (Once upon a time, Lebanon : Visions of postwar in new lebanese cinema), 15 films libanais (8 long-métrages et 7 courts) ont été projetés du 14 au 17 juin au TIFF Bell Lightbox, à Toronto.

 

(Pour mémoire : Le cinéma libanais à l'honneur, de Toronto à Marseille)

 

 

 

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