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À La Une - Ecole

France : Trois enseignants agressés en moins d'une semaine

"Il ne m'a pas cassé la gueule, mais il m'a brisé le coeur".

"Amer", "trahi"... Christophe, l'enseignant agressé par un élève mardi 11 septembre 2012 à Bordeaux affirme calmement ne "pas se laisser abattre" et vouloir "aller au contact" avec le ministre de l'Education, provoquer un débat sur l'école, et ses "problématiques complexes", d'autorité, de laïcité, de mission. AFP / NICOLAS TUCAT

Une prof de sport a été giflée vendredi par un élève à Buxerolles, près de Poitiers, dans le même collège où une autre enseignante avait déjà été victime de violences mercredi, portant à trois les agressions d'enseignants en moins d'une semaine en France.

 

Vendredi matin les cours avaient repris au collège Jules-Verne de Buxerolles, après une suspension liée à l'agression mercredi d'une enseignante par la mère d'un élève qui lui a asséné une gifle et un coup de pied à cause d'une remarque dans le cahier de correspondance.

 

Mais cette tentative de retour à la normalité a été troublée par un nouvel incident, provenant cette fois d'un élève de 4e qui, selon une déclaration du rectorat à l'AFP, a donné une gifle à son professeur de sport après avoir mal interprété une remontrance ou un geste de l'enseignante.

 

La direction a procédé à l'audition des autres élèves puis réuni les professeurs de la classe. Elle a convoqué le conseil de discipline la semaine prochaine pour statuer sur le sort de l'élève dont les enseignants n'ont pas demandé l'exclusion.

Ni l'enseignante ni l'établissement n'ont déposé plainte.

 

Magali Espinasse, déléguée syndicale du SNES pour le second degré a souligné qu'"on n'est pas du tout dans la même situation" que mercredi. "Apparemment les parents de cet élève (de vendredi) ont très bien réagi, ont été convoqués dans l'établissement et ont immédiatement fait un rappel à l'ordre à l'élève", a-t-elle ajouté sur France Bleu Poitou.

 

L'incident est néanmoins "très préoccupant car il montre que certains élèves n'ont absolument pas compris ce qui s'est passé mercredi, et au contraire ont une attitude agressive envers les enseignants", a-t-elle ajouté.

 

Pendant ce temps, la femme qui avait agressé l'enseignante, mère de deux enfants de 9 et 13, a brièvement comparu devant le tribunal correctionnel de Poitiers, où, cherchant à s'excuser, elle a raconté qu'elle-même, durant sa scolarité en Martinique, avait été "victime de violences par un instituteur, un Blanc" et assuré qu'elle était aussi victime de racisme depuis son installation à Poitiers.

 

L'avocate de l'enseignante frappée a rejeté le racisme comme argument. "On ne se laissera pas entraîner sur ce terrain-là. Quand on enseigne au collège Jules-Verne comme (l'enseignante) depuis 17 ans, on ne peut pas être raciste", a dit Me Helène Mérade.

A la demande de la défense, le procès a été renvoyé au 19 octobre.

 

La mère, qui était en garde à vue prolongée, a été remise en liberté sous contrôle judiciaire : elle ne doit pas venir à Buxerolles, et doit éviter tout contact avec l'enseignante.

 

Une autre agression d'enseignant avait vu mardi un professeur de lettres et d'histoire d'un lycée professionnel de Bordeaux frappé de plusieurs claques et coups de poings par un élève de 18 ans, à la suite de sa convocation à la direction, après une altercation pour un désaccord en cours.

 

Le désaccord est intervenu lors d'une réference au système politique du Maroc, dont la famille de l'élève est originaire, pendant un cours sur le "fait religieux en France depuis 1880", a expliqué à l'AFP l'enseignant, Christophe Varagnac, qui a déposé plainte. Son agresseur, remis en liberté au terme de sa garde à vue, devra comparaître en février devant le tribunal correctionnel.

 

Agé 36 ans, M. Varagnac se remettait difficilement jeudi des coups assénés par un élève qu'il "appréciait particulièrement". "C'étaient des coups davantage pour faire peur que pour faire mal. J'ai déjà connu des situations chaudes, je sais la différence. Physiquement je suis très bien, totalement indemne, mais mentalement je suis effondré", dit-il à l'AFP.

"Il ne m'a pas cassé la gueule, mais il m'a brisé le coeur", ajoute l'enseignant, conscient que "la limite a été franchie sur le plan pénal". Et de préciser que le jeune de 18 ans est "devenu un autre depuis la rentrée, avec des problèmes familiaux et personnels accentués pendant l'été". 

 

L'enseignant, conscient de l'écho national de l'incident, veut par ailleurs absolument "éviter toute récupération politique".

Il avance ainsi prudemment sur le terrain très délicat du cours où est survenu le geste, "le fait religieux en France depuis 1880", et encore plus prudemment sur le motif du contentieux, la situation sociale, politique, le degré de démocratie au Maroc.

"Cela a éclaté sur cela, cela aurait pu éclater sur n'importe quoi d'autre", tant il avait senti son élève "plus tendu, plus susceptible, plus agressif" ce jour-là.

 

"Mais ne tournons pas autour du pot", convient cet enseignant d'un lycée professionnel dans un quartier a forte mixité sociale: "Il est très difficile, voire impossible dans certains établissements et avec certains élèves d'aborder certains sujets sereinement. En particulier ce qui touche à certains thèmes politiques ou religieux ou philosophiques".

Face à certaines catégories d'élèves, il cite ainsi "le simple fait d'arriver à faire comprendre la différence entre ce qui relève de la croyance et ce qui relève du savoir est extrêmement compliqué". Le problème n'est pas seulement financier, précise-t-il, mais relève également "d'outils intellectuels, philosophiques".

 

"Par rapport à cela, ce ne sont pas les profs ou les élèves qui sont responsables, mais l'école qui doit réfléchir, notamment au fait que la composition ethnique ou culturelle de ce pays a beaucoup changé depuis 40 ans, et qu'il faut envisager l'enseignement de ces matières-là différemment". 

 

Les agressions de mardi et mercredi avaient été condamnées "fermement" par le ministre de l'Education Vincent Peillon. "Nous ne pouvons pas accepter que ceux qui s'occupent de nos enfants puissent être agressés (...). Nous ne le tolérerons pas. Nous mettrons en oeuvre les moyens matériels. Et en même temps nous serons aux côtés des enseignants d'un point de vue judiciaire chaque fois que cela sera nécessaire", avait-il dit.

 

M. Varagnac a demandé à avoir un entretien "constructif et courtois" sur les problématiques de l'école avec M. Peillon, à la lumière de son agression.

Une prof de sport a été giflée vendredi par un élève à Buxerolles, près de Poitiers, dans le même collège où une autre enseignante avait déjà été victime de violences mercredi, portant à trois les agressions d'enseignants en moins d'une semaine en France.
 
Vendredi matin les cours avaient repris au collège Jules-Verne de Buxerolles, après une suspension liée à l'agression mercredi d'une enseignante par la mère d'un élève qui lui a asséné une gifle et un coup de pied à cause d'une remarque dans le cahier de correspondance.
 
Mais cette tentative de retour à la normalité a été troublée par un nouvel incident, provenant cette fois d'un élève de 4e qui, selon une déclaration du rectorat à l'AFP, a donné une gifle à son professeur de sport après avoir mal interprété une remontrance ou un geste de...
commentaires (3)

Bienheureux le "bon temps" du Maréchal.

Antoine-Serge KARAMAOUN

05 h 33, le 16 septembre 2012

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Commentaires (3)

  • Bienheureux le "bon temps" du Maréchal.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    05 h 33, le 16 septembre 2012

  • Quelle rigolade...les enseignants se plaignent d'une situation qu'ils ont eux-même crée...à force de "pédagogie"(c'est à dire de trouver toutes les raisons pour en faire le moins possible),d'apprendre aux enfants à apprendre(c'est à dire de trouver toutes les raisons pour en foutre le moins possible),d'allongement des vacances sous des prétextes divers et variés,ils sont tout le temsp épuisééééés,les pôvres(c'est à dire etc...) de promotion de l'incivilité par les enseignants eux-même qui arrivent à l'école débraillés,sans aucun respect pour leur fonction(c'est à dire etc...),,d'ignorance de la France et du patriotisme...eh bien,on en arrive là...ils prennent des baffes???quelle surprise...ils les ont bien cherchées,ces baffes!Vous avez chanté???eh bien dansez maintenant!

    GEDEON Christian

    18 h 47, le 15 septembre 2012

  • L'autorité doit être impérativement rétablie dans tous les lieux où l'enseignement est dispensé. Jusqu'ici, tout s'est toujours passé comme si le soutien des Etablissements et des Pouvoirs Publics allait d'abord à l'élève coupable et/ou à ses parents ! Dorénavant il faudra revenir aux bons vieux principes qui ont fait leurs preuves et sanctionner sévèrement et sans complaisance les voyous qui se rendent coupables d'agression, qu'elles soient verbales ou physique. De plus, les Etablissement et les Pouvoirs Publics devront déclarer qu'ils se tiennent d'abord et résolument aux côtés de leurs enseignants. Les voyous n'ont pas leur place à l'école mais en centre de rééducation.

    Paul-René Safa

    05 h 06, le 15 septembre 2012

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