La visite de Benoît XVI au Liban

Syrie : le Pape doit aller au delà de l'appel à la réconciliation (Père jésuite)

OLJ/AFP
11/09/2012
Le Père jésuite italien Paolo Dall'Oglio, expulsé de Syrie au printemps, a souhaité mardi que le Pape ne se limite pas à "un message de réconciliation facile" adressé aux communautés lors de son voyage au Liban prévu en fin de semaine.

"La visite du Pape est une bouffée d'oxygène pour la communauté chrétienne", mais "il ne faut pas que les symboles chrétiens soient utilisés pour un message de réconciliation facile au prix du droit à la démocratie, à la liberté et à la dignité des Syriens", a déclaré le Père Dall'Oglio à l'issue d'un entretien avec le chef de la diplomatie Laurent Fabius.

L'ex-médiateur international Kofi Annan et son successeur Lakhdar Brahimi "donnent l'impression, avec les grands fonctionnaires de l'ONU, d'être surtout préoccupés qu'on arrête le carnage, la guerre. Mais nous, nous avons une autre préoccupation: de ne pas être mort inutilement, de sauver notre révolution", a martelé le Père jésuite.

"Tout cela doit être pris en considération dans le discours du Pape, parce qu'il vient dans une région profondément blessée mais aussi dans une région en révolution pour obtenir un changement et qui ne veut pas revenir en arrière", a-t-il déclaré.

Benoît XVI se rend de vendredi à dimanche au Liban, un voyage aux enjeux élevés et non sans risque dans ce pays adossé à la Syrie, et où chacun de ses mots sur les équilibres politiques et le pluralisme religieux au Moyen-Orient sera observé et soupesé.

Le Père Paolo n'a pas non plus ménagé ses critiques à l'égard de la communauté internationale. "Le monde nous a abandonnés à notre destin, nous avons été condamnés à une guerre civile", a-t-il dit.

"Notre révolution démocratique a été étouffée dans le sang, et la diplomatie n'a pas trouvé une voie", a-t-il ajouté, estimant que les Syriens étaient "otages" d'intérêts géostratégiques complexes russe, iranien, turc, occidentaux, israélien...

"Les Syriens sont fatigués de cela", a-t-il dit.

Reconnaissant que la minorité chrétienne était en majorité "sous le contrôle du régime" de Bachar, il a également fustigé "40 ans de dictature dans laquelle on nous a habitués à croire que la seule alternative serait la dictature islamiste des frères musulmans".

"Les Frères musulmans ont beaucoup évolué", a-t-il assuré, tout en n'écartant pas une "tempête communautariste" à venir en Syrie.

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