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Nos lecteurs ont la parole

II.- Situation et destin du Grand Liban

Salim F. DAHDAH
Au-delà de ce tumultueux mélange d’armes, de bottes, de sang et d’incertitudes qui a marqué la vie du Grand Liban depuis son indépendance, qu’avons-nous réussi à construire ? (voir L’Orient-Le Jour du mardi 11 septembre 2012).
Pour l’exprimer, une réponse bien sibylline vient à l’esprit :
– En politique, beaucoup et peu de choses ont été réalisées, dont principalement le respect des libertés et de la démocratie et le maintien, contre vents et marées, de la formule constitutionnelle libanaise de cohabitation multicommunautaire et pluriculturelle.
– En économie, un important développement commercial, mais malheureusement contrebalancé par une instabilité quasi permanente, remettant régulièrement en cause un développement économique national équilibré et constant.
– En administration, une gestion moderne et de grande qualité sur une période de stabilité politique malheureusement très courte de l’État et de ses institutions (à l’époque du chéhabisme), le reste du temps, un panorama inquiétant de déliquescence et de décomposition permanente.
– En géographie, c’est le retour au point de départ, telle qu’était la situation en 1920, et pis encore avec des risques potentiels de démantèlement du territoire national du fait de la dégradation de la situation régionale et de ses conséquences sur la scène intérieure... !
Les raisons de ce « flop » s’expliquent précisément par la gestion internationale de cette région du monde ci-haut mentionnée, l’exacerbation des contradictions structurelles internes et l’élargissement des espaces conflictuels qui en résultent. Mais n’y aurait-il pas une issue qui pourrait sortir ce Liban atypique du traquenard dans lequel il se débat ?
Le Liban représente en effet une nécessité socioculturelle mondiale, car sa Constitution a institué un modèle original qui répond aujourd’hui aux besoins et aux inquiétudes de l’Occident dans ces mêmes domaines, et représente un exemple de tolérance religieuse et d’interactivité pluriculturelle capables d’éviter des conflits communautaires éventuels. Il a pu de ce fait résister à tous les plans de dilution et de désintégration. Il pourrait même, au sein d’un monde confronté à l’extension de troubles communautaires, devenir un îlot de rencontre et de dialogue, un laboratoire pour consolider la paix et protéger la santé des citoyens du globe, et devenir un observatoire indispensable pour parer à des violences et des ségrégations de tous genres qui pourraient sévir et empoisonner la vie des citoyens du monde.
Il est donc urgent d’arrêter les gesticulations primaires et irresponsables de certains leaders politiques qui ont souvent agi comme des intermédiaires véreux et corrompus plutôt que comme des représentants de la nation. Ces derniers devraient faire fi de toutes leurs allégeances extérieures et porter avec leurs autres collègues une vision nationale unanime et commune dont l’objectif essentiel sera de donner à une jeunesse affamée de savoir et de changement l’espoir d’un renouveau et d’une stabilité. En d’autres termes, transformer ce Grand Liban qui était le fruit d’une décision internationale en une entité pérenne et stable au travers d’une nouvelle proposition à savoir :
Introduire, maintenant que l’Orient est en pleine recomposition et que l’Occident est à la recherche du meilleur équilibre possible pour asseoir ses intérêts stratégiques, une requête auprès des Nations unies et de la Ligue arabe avec le soutien occidental pour bénéficier d’un statut de reconnaissance internationale de sa « neutralité ».
Ce statut souhaité qui s’applique en droit international à la définition de la : « Neutralité/destin » aura trois objectifs nationaux essentiels et incontournables qui seront : « Pérennité, stabilité et prospérité ».
À cette date anniversaire, le Grand Liban ne saurait avoir de meilleures perspectives et de plus grande satisfaction que si ses leaders se retrouvaient à la prochaine réunion de la table de dialogue, et qu’ils déclaraient avoir décidé exclusivement et à l’unanimité de toutes les composantes de la nation d’introduire la requête susmentionnée auprès des instances internationales et régionales pour obtenir la consécration de ce nouveau statut et jeter aux oubliettes tous leurs désaccords passés.
Ce n’est qu’alors qu’une page dramatique de l’histoire de ce pays sera tournée et que le Grand Liban naîtra pour de bon.

Salim F. DAHDAH
Au-delà de ce tumultueux mélange d’armes, de bottes, de sang et d’incertitudes qui a marqué la vie du Grand Liban depuis son indépendance, qu’avons-nous réussi à construire ? (voir L’Orient-Le Jour du mardi 11 septembre 2012). Pour l’exprimer, une réponse bien sibylline vient à l’esprit :– En politique, beaucoup et peu de choses ont été réalisées, dont principalement le respect des libertés et de la démocratie et le maintien, contre vents et marées, de la formule constitutionnelle libanaise de cohabitation multicommunautaire et pluriculturelle. – En économie, un important développement commercial, mais malheureusement contrebalancé par une instabilité quasi permanente, remettant régulièrement en cause un développement économique national équilibré et constant.– En administration, une gestion...
commentaires (1)

Excellent M. Dahdah mais c'est malheureusement utopique que le Liban devienne un pays neutre. Votre analyse est tres bonne mais les solutions que vous proposez ne sont pas compatibles avec la realite sur le terrain. Il est tres difficile que les diverses communautes libanaises puissent s'entendre. Il nous faut un autre Ataturk...

Michele Aoun

05 h 24, le 12 septembre 2012

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Commentaires (1)

  • Excellent M. Dahdah mais c'est malheureusement utopique que le Liban devienne un pays neutre. Votre analyse est tres bonne mais les solutions que vous proposez ne sont pas compatibles avec la realite sur le terrain. Il est tres difficile que les diverses communautes libanaises puissent s'entendre. Il nous faut un autre Ataturk...

    Michele Aoun

    05 h 24, le 12 septembre 2012

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