De 700 000 en 1975, Chypre a vu ses touristes augmenter au rythme de quelque 75 000 par an, pour atteindre en moins de trois décennies un chiffre record de trois millions de visiteurs par an. Ces résultats n’ont pas été obtenus facilement. L’état de guerre latente avec la partie turque de l’île et le fait que les plus beaux sites touristiques et les plus belles plages sont toujours occupés par les Turcs n’a pas mis un frein à l’expansion de ce secteur. Croyez-moi, ils ont su « travailler » leur tourisme, contrairement à nous autres Libanais. Le tourisme chez eux est minutieusement préparé et le gouvernement fournit à tous ceux qui en font la demande un éventail de statistiques impressionnant. Ils ont même mis au point un système de « comptabilité touristique » ultramoderne.
Du point de vue industriel, et là j’en sais quelque chose, les industriels chypriotes continuent de se réunir chaque année avec les syndicats pour s’entendre avec eux sur la révision des salaires. C’est la raison pour laquelle il y a eu très peu de conflits entre les deux groupes durant toute la période de mon séjour, et l’économie de l’île ne cesse de croître.
Est-il nécessaire de mentionner que toutes ces performances ont permis a Chypre d’accéder à l’Union européenne ?
Mais comment se fait-il que tous ces résultats aient été atteints en quelques années ? Pourquoi le Liban, durant la même période, est passé par des hauts et des bas pour en arriver, à présent, à un état d’anarchie indescriptible, une dette publique démesurée et très peu de perspectives encourageantes ?
La réponse est bien simple, pourtant. Elle se résume en trois termes : sens civique, patriotisme et planification.
Ces trois qualités, communes à tous nos frères chypriotes, sont pratiquement inconnues chez nous.
Si donc nous voulons réussir à notre tour, il faudrait que tous les Libanais, chrétiens et musulmans, décident, d’un commun accord, de prendre exemple sur Chypre et de se mettre au travail.
Ah! J’allais presque oublier. Depuis plus de sept ans, les Chypriotes ont su « travailler » leurs ressources gazières et pétrolières. Nous autres, Libanais, nous étions bien trop occupés pour nous intéresser à un sujet aussi superficiel...
Nous n’avons jamais pensé à relancer nos dirigeants. Peut-on espérer que nous avons enfin retenu la leçon ?
Inch’Allah !

