Rechercher
Rechercher

Liban - L’Éclairage

Des signaux d’apaisement au plan sécuritaire, le cabinet se réjouit...

Des sources ministérielles ont exprimé hier leur réconfort à la suite de la libération de l’un des onze otages libanais retenus en Syrie, saluant le rôle joué par le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, qui a déployé tous ses efforts dans ce sens. Des contacts ont d’ailleurs été établis entre des cheikhs salafistes de Tripoli et des cheikhs turcs pour obtenir le retour de Hussein Omar, comme gage de bonne volonté de la part des ravisseurs syriens.
Un ministre estime ainsi que la libération de Omar a apporté une bouffée d’oxygène inespérée au gouvernement Mikati qui, impuissant à trouver une solution aux problèmes sécuritaires, ballottait entre les enlèvements et les affrontements de Tripoli... d’autant que c’est sous le slogan de la préservation de la stabilité que le cabinet avait vu le jour en 2011. Le Premier ministre a ainsi félicité Charbel et l’a incité à poursuivre ses efforts pour assurer la libération des autres personnes enlevées et pour réaliser une réconciliation à Tripoli entre les belligérants de Jabal Mohsen et de Bab el-Tebbaneh.
Des observateurs politiques soulignent par ailleurs que les réactions favorables au peuple syrien de certains dignitaires religieux, après la libération de l’otage, pourraient constituer une sorte de signal positif à même de hâter le retour des dix autres encore en captivité. Ces observateurs s’étonnent toutefois du refus des parents des personnes enlevées de se rendre auprès des cheikhs salafistes de Tripoli pour leur demander de contribuer, en coordination avec les cheikhs turcs, à la libération des pèlerins. D’autant, ajoutent ces observateurs, que la relation du ministre de l’Intérieur avec ces cheikhs a énormément servi à garantir la libération de Hussein Omar et incité la partie turque à bouger. Ces observateurs soulignent en outre que le geste de bonne intention obtenu grâce aux cheikhs turcs devrait pousser ledit « clan Moqdad » à libérer, en contrepartie, l’otage turc qui se trouve en captivité chez eux, et qui avait été kidnappé après l’enlèvement en Syrie de Hassan Moqdad. Lequel ne se trouve pas aux mains de l’Armée syrienne libre, selon le porte-parole de cette dernière, mais aurait été kidnappé par le régime syrien pour semer des troubles confessionnels au Liban.
Il reste l’essentiel, à savoir que le langage des enlèvements nuit à la réputation et l’image du Liban, pays incapable de protéger ses habitants, affirme un ministre. Et ce quel que soit le motif du rapt : échange, ce qui est honteux, recherche de compensation financière, ce qui est inadmissible, ou motifs politiques. Le Liban devrait redevenir un espace de sécurité et de paix où la loi est respectée par tous, souligne ce ministre. L’enlèvement des deux ressortissants koweïtiens dans la Békaa n’a en effet pas été sans laisser des répercussions massives sur les relations avec le Koweït, où vivent énormément de Libanais. Si bien que le Hezbollah et le mouvement Amal ont ôté toute couverture aux auteurs du rapt.
Mais les enlèvements se succèdent, avec leur cortège de raisons diverses. Certaines tribus ont saboté les liens du Liban avec des pays étrangers, en menaçant des ressortissants arabes et autres. D’autres tentent de s’arroger le droit de définir la politique étrangère du pays en voulant s’en prendre à des missions diplomatiques. Sans compter les conséquences désastreuses sur les secteurs économique et touristique. C’est pourquoi un groupe de députés est déterminé à lancer un appel à l’État pour qu’il mette fin à ces phénomènes et sanctionne durement tous ceux qui s’avéreraient être impliqués dans ces actes, en imposant une peine qui pourrait aller jusqu’à la prison à perpétuité. Le ministre de la Justice, Chakib Cortbaoui, a d’ailleurs annoncé que la justice se mobiliserait et que des mandats d’arrêt seraient bientôt émis contre tous les fauteurs de troubles, des kidnappeurs aux miliciens, en passant par les coupeurs de routes...
De son côté, le ministre de l’Intérieur – qui suit de près et loin du feu des projecteurs le dossier des kidnappés conformément aux desiderata des Turcs, qui gèrent les négociations – insiste sur le fait que la libération de Hussein Omar est un geste d’une symbolique toute particulière, qui mérite un geste similaire de la part de la partie libanaise qui détient les otages. Le ministre affirme attendre un signal d’Ankara pour reprendre son bâton de pèlerin et rentrer d’Istanbul avec le plus grand nombre de personnes libérées, si ce n’est pas les dix d’un seul coup. Marwan Charbel aurait en effet reçu tout récemment un message du directeur des services de renseignements turcs par le biais d’un officier de liaison chargé de suivre le dossier des enlevés. Les autorités turques seraient en effet plus que jamais convaincues de la nécessité de clore ce dossier le plus rapidement pour éviter une détérioration plus importante de la situation et avant qu’il n’arrive un malheur aux otages. Ankara réclame juste une discrétion absolue sur le sujet, d’autant que les médias pourraient contribuer à envenimer le climat et semer le chaos en provoquant des réactions instinctives des différentes parties. La Turquie est aussi convaincue que la résolution de ce problème peut contribuer à enlever un prétexte à ceux qui cherchent à semer la discorde entre sunnites et chiites dans la région et permettrait, le cas échéant, d’ouvrir une nouvelle page dans les relations entre la Turquie et certaines parties locales, tendues en raison de la position d’Ankara au sujet de la crise syrienne.
Des milieux ministériels s’emploient à respecter la politique de dissociation à l’égard des événements en Syrie, menée par le Premier ministre Nagib Mikati, pour éviter des répercussions négatives au Liban. Le pays du Cèdre a d’ailleurs déjà eu un avant-goût de ces répercussions aux frontières. C’est pourquoi la partie libanaise devrait unifier ses positions sur cette question et adopter cette politique qui immunise relativement le pays. Les affrontements de Tripoli constituent un exemple frappant de ce que pourraient être les répercussions au Liban des développements en Syrie, en l’occurrence une confrontation militaire télécommandée. Si bien que les notabilités de la région se sont entendues sur le niveau de danger de la situation et ont appelé l’armée à faire respecter la loi et répondre aux sources des tirs. Ce serait là l’entrée en matière d’une initiative entreprise par le ministre de l’Intérieur avec les notabilités de Tripoli après l’accord intervenu entre toutes les parties pour s’orienter vers une réconciliation. M. Charbel s’est donc entretenu avec Rifaat Eid pour le persuader d’accélérer la solution et d’éviter de nouvelles victimes, avant que la situation n’atteigne un point de non-retour. D’autant que des parties de Bab el-Tebbaneh ont clairement menacé d’investir et de nettoyer Jabal Mohsen pour en finir avec la « situation syrienne » qui y prévaut actuellement.
Quant au Premier ministre, qui suit minutieusement la situation au Nord, il ne cache pas son réconfort face à l’accord de Tripoli qui laisse les coudées franches à l’armée. En espérant que le pays avance à pas lents sur la voie de la normalisation sécuritaire, qui permettra enfin au gouvernement de prendre ses responsabilités en main.
Des sources ministérielles ont exprimé hier leur réconfort à la suite de la libération de l’un des onze otages libanais retenus en Syrie, saluant le rôle joué par le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, qui a déployé tous ses efforts dans ce sens. Des contacts ont d’ailleurs été établis entre des cheikhs salafistes de Tripoli et des cheikhs turcs pour obtenir le retour de Hussein Omar, comme gage de bonne volonté de la part des ravisseurs syriens. Un ministre estime ainsi que la libération de Omar a apporté une bouffée d’oxygène inespérée au gouvernement Mikati qui, impuissant à trouver une solution aux problèmes sécuritaires, ballottait entre les enlèvements et les affrontements de Tripoli... d’autant que c’est sous le slogan de la préservation de la stabilité que le cabinet avait vu le jour en...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut