La chancelière allemande, Angela Merkel, a reçu hier à Berlin le Premier ministre grec, Antonis Samaras. Tobias Schwarz/Reuters
La chancelière a ajouté qu’elle partageait avec le président français, qu’elle a reçu jeudi soir à Berlin, le souhait de voir la Grèce rester dans la zone euro, mais à condition que celle-ci tienne ses engagements de réformes. « Nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro », a-t-elle assuré.
Si Mme Merkel s’en tient à cette posture de principe, le chef du groupe parlementaire de son parti chrétien-démocrate (CDU), Volker Kauder, a pris moins de pincettes en déclarant, juste avant l’arrivée d’Antonis Samaras à Berlin, que l’aide à la Grèce « ne peut pas être renégociée » et qu’un abandon de la monnaie unique par Athènes « ne serait pas un problème ».
Cacophonie médiatique
Pour ajouter aux interrogations sur l’avenir de la Grèce, l’agence Market News International a écrit hier, en citant des sources européennes, que le ministère allemand des Finances se penchait sérieusement sur un plan visant à exiger de la Grèce qu’elle sorte temporairement de l’euro, le temps de remettre de l’ordre dans ses finances publiques. Le journal populaire Bild a, lui, invité Antonis Samaras à s’engager personnellement à rembourser les contribuables allemands : « Signez ici, Herr Samaras », exigeait le tabloïd, de plus en plus dur envers Athènes, à l’image d’une large partie de la presse allemande.
Le Premier ministre grec a déploré au cours de la conférence de presse cette « cacophonie » médiatique, faisant valoir que les spéculations sur la sortie de la Grèce de l’euro risquent de se transformer en prophétie autoréalisatrice en empêchant Athènes de relancer son programme de privatisations. « Connaissez-vous une entreprise qui voudrait investir en euro dans quelque chose dont elle pense qu’elle va revenir à la drachme ? » a-t-il demandé.
Antonis Samaras, qui s’entretiendra avec François Hollande samedi à Paris, s’est surtout efforcé de plaider sa cause en répétant qu’il ne demande pas davantage d’aide, mais du temps pour mener des réformes difficiles et douloureuses, alors que la Grèce est en récession depuis cinq ans. « La Grèce va tenir ses engagements et remplir ses obligations. En réalité, c’est déjà ce qui se produit », a assuré le Premier ministre, nommé en juin à l’issue de deux élections législatives. « Je veux envoyer trois messages. Un, nous allons obtenir des résultats. Deux, nous sommes en train de combler deux déficits en même temps : un déficit budgétaire et un déficit de confiance dans le pays. Trois, la croissance économique est d’une importance cruciale pour nous permettre de remplir nos obligations. »
Antonis Samaras s’est dit certain que le rapport de la troïka illustrerait le fait que le nouveau gouvernement de coalition grec était déterminé à mener les réformes exigées par ses créanciers en contrepartie du deuxième plan de sauvetage octroyé en mars. « Nous ne demandons pas plus d’argent. Nous demandons des temps de respiration dans cette plongée que nous entreprenons », a-t-il insisté.
Le rapport de la troïka – Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international – est attendu mi-septembre. Les créanciers d’Athènes devront ensuite décider s’ils débloquent la nouvelle tranche d’aide prévue en octobre et s’ils accordent davantage de temps à la Grèce pour mener les réformes.
(Source : Reuters)


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