Nabih Berry en conversation avec l’ambassadeur de Grande-Bretagne. Photo Hassan Ibrahim
À l’issue de l’entrevue, l’ambassadeur britannique a rendu hommage aux propos tenus il y a 48 heures par M. Berry concernant notamment l’importance de « la primauté de l’État et la nécessité de maintenir ouverte la route de l’aéroport ». « Le Liban vit aujourd’hui dans une situation d’inquiétude et d’incertitude en raison de la situation dans la région, a notamment déclaré M. Fletcher. Il est par conséquent particulièrement important, aujourd’hui plus que jamais, que tous les leaders et toutes les parties coopèrent ensemble afin de renforcer l’unité. Je pense qu’il est nécessaire que les leaders libanais soutiennent la souveraineté, la stabilité et l’indépendance du Liban. »
Et l’ambassadeur de Grande-Bretagne d’ajouter : « Il est important également que nous discutions du moyen de contribuer à préserver cette stabilité. Il est de la responsabilité de la communauté internationale de faire en sorte d’éviter que les développements et les conflits dans la région aient des retombées sur le Liban. Nous pouvons aider l’armée libanaise aux frontières, de même que nous pouvons apporter une aide au niveau des réfugiés syriens et un soutien sur le plan du processus politique. Nous espérons en outre que les médias contribuent à favoriser les réactions calmes aux événements et qu’ils évitent tout ce qui peut contribuer aux dissensions, aux divergences et à l’incompréhension. »
Et M. Fletcher de conclure : « Je pense que pour faire face à la situation régionale, il est extrêmement important de mettre l’accent sur le rôle de l’État libanais. Ce dont nous avons besoin au Liban, c’est le règne de la loi et non pas celui des armes. »
M. Berry a ensuite reçu l’ambassadeur de Cuba venu lui faire une visite d’adieux à l’occasion de son prochain départ du Liban.
Daouk et le CNA
Signalons, par ailleurs, que le président de la Chambre a conféré avec le ministre de l’Information, Walid Daouk, avec qui il a évoqué l’ordre du jour de la réunion que le Conseil national de l’audiovisuel doit tenir aujourd’hui, vendredi, en présence des responsables et des directeurs des chaînes audiovisuelles. Cette réunion sera axée sur les reproches qui sont faits à certaines chaînes de télévision concernant la couverture des débordements miliciens du clan Moqdad, et des enlèvements de ressortissants syriens et turcs par des membres de ce clan.
À l’issue de l’entretien, M. Daouk a indiqué qu’il avait examiné avec M. Berry les préparatifs de la réunion du CNA aujourd’hui. « Nous sommes tous témoins de ce qui s’est produit il y a une dizaine de jours et de ce qui s’est dit ici et là, a déclaré le ministre de l’Information. Nous avons rassemblé des documents sur ce plan et nous en discuterons demain (aujourd’hui) avec les présidents des conseils d’administration et les responsables des médias. Nous voulons écouter le point de vue de certains médias qui se sont peut-être quelque peu écartés de l’information objective, équilibrée et non passionnée. Nous avons préparé un dossier sur ce que les médias ont dit et les réactions sur ce plan. Nous écouterons leur point de vue et nous verrons par la suite quelle est la décision ou quelles sont les propositions avancées par le Conseil national de l’audiovisuel et qui seront transmises au Conseil des ministres. »
En réponse à une question, M. Daouk a souligné que « la couverture politique est assurée » pour ce qui a trait aux mesures qui pourraient être prises à l’encontre de certains médias en raison de la couverture qu’ils ont faite des derniers événements. « L’opinion publique dans son ensemble est consciente que certains médias ont dévié de la ligne objective, plus particulièrement à la lumière de la conjoncture présente. Nous ne devons pas oublier que nous vivons sur un volcan et qu’un rien peut faire exploser ce volcan. »
Interrogé sur une possible relance de Télé-Liban, M. Daouk a émis l’espoir qu’un tel objectif pourrait être atteint, soulignant toutefois que cette opération nécessite un important budget et beaucoup de moyens.

