Hier, comme tous les vendredis depuis le début de la révolte, des manifestations antirégime ont été organisées, malgré la répression, un peu partout en Syrie. Ici, dans la localité de Marea au nord d’Alep. Bulent Kilic/AFP
Entre-temps à Alep, insurgés et forces armées se livraient toujours bataille pour le contrôle de cette ville stratégique. Plusieurs quartiers où les rebelles sont retranchés étaient bombardés tandis que des combats se déroulaient dans d’autres secteurs de la métropole, forçant les civils à se réfugier dans des abris ou à fuir, selon l’OSDH. Ces combats font également courir des risques aux travailleurs humanitaires qui, pour cette raison, peinent à octroyer une aide médicale aux civils, selon la Croix-Rouge britannique.
Ces violences ont fait au moins 157 morts, ont rapporté différentes sources.
Parallèlement, comme tous les vendredis depuis le début de la révolte, des manifestations ont été organisées, malgré la répression, un peu partout en Syrie sous le slogan « Avec une Armée syrienne libre (ASL) unie, la victoire est assurée », en référence aux insurgés qui combattent les troupes du régime. Dans la ville d’Idleb, les forces de l’ordre ont encerclé les mosquées pour empêcher les fidèles de défiler dans la rue, a indiqué l’OSDH. Et dans les provinces d’Alep, en grande partie sous contrôle rebelle, et de Deraa, foyer de la révolte, des « manifestations massives » ont eu lieu pour réclamer le départ du président Bachar el-Assad. En outre, le premier astronaute de l’histoire de la Syrie, qui avait participé à un vol soviétique en 1987, a pressé hier les insurgés de continuer leur combat. Le général Mohammad Ahmad Faris, âgé de 61 ans, avait fui en Turquie il y a 10 jours, grossissant la liste de défections symboliques. Il a reproché au monde d’observer un « silence criminel » face à la répression menée par le régime Assad.
Sur le plan diplomatique, une réunion des grandes puissances sur la Syrie, qui devait se tenir hier aux Nations unies à l’initiative de la Russie, a été boudée par les Occidentaux et annulée par Moscou, a-t-on appris auprès de diplomates. D’après ces diplomates, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont fait savoir aux Russes qu’ils n’assisteraient pas à cette rencontre. Seuls la Chine et un représentant de l’ONU avaient confirmé leur présence, selon un autre diplomate qui a refusé de parler de « boycottage ». « À ce stade, on ne voit pas bien l’intérêt d’une telle réunion : les divisions sont si fortes qu’il n’y a aucune chance pour que ce groupe d’action international trouve un accord politique sur la Syrie », a-t-il expliqué.
Brahimi, émissaire international en Syrie
À l’ONU toujours, un porte-parole a confirmé hier que le diplomate algérien Lakhdar Brahimi va succéder à Kofi Annan au poste de médiateur international pour la Syrie. La Maison-Blanche a aussitôt souhaité obtenir « davantage de détails » sur le mandat du nouvel émissaire. Par ailleurs, les États-Unis et la Russie ont eu des entretiens « directs et complets » sur la Syrie et sur l’Iran, lors d’une visite jeudi à Moscou de la n° 3 trois du département d’État US, a indiqué hier la diplomatie américaine. Pour sa part, Téhéran a annoncé avoir accepté une proposition du président égyptien, Mohammad Morsi, pour la création d’un groupe de contact sur la Syrie avec l’Égypte, l’Iran, l’Arabie saoudite et la Turquie.
Concernant le dossier des réfugiés, de plus en plus de Syriens fuient leur pays, ont rapporté hier des agences humanitaires des Nations unies. Hier encore, plus de 2 000 Syriens, dont un général, ont fui la Syrie pour la Turquie, a déclaré un diplomate turc. Et à mesure que les combats s’intensifient, la situation humanitaire se détériore. Des civils se retrouvent privés de tout ravitaillement en vivres, de soins ou de tout autre secours. L’Organisation mondiale de la santé a fait état d’une épidémie de diarrhée dans les zones rurales autour de Damas, où l’eau courante a été contaminée par des eaux usées. De son côté, le Programme alimentaire mondial s’est fixé comme objectif de nourrir environ un million de personnes d’ici à la fin septembre.
(Sources : agences et rédaction)

